• Gilets Jaunes : le tournant de l'opinion

    Soumis par Lorraine Rdd le Jeudi 14 février 2019 à 10:25
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    Peut être un tournant dans la crise des gilets jaunes ? 

    Pour la première fois, l’opinion change de camp. Selon un sondage Elabe pour Atlantico, 56 % des français souhaitent désormais que le mouvement s’arrête et 64% ne comprennent plus les revendications des gilets jaunes. Il y a d’abord un phénomène d’usure : 3 mois de conflit, des manifestations qui marquent le pas, jamais un conflit social n’a été soutenu aussi longtemps par l’opinion qui aujourd’hui semble se lasser. Pourquoi ? Parce que l’opinion demande une pause en quelque sorte. Elle attend. Elle participe au grand débat, dans ses villes, ses villages. Elle ne sait pas ce qui en sortira mais les français ont décidé de jouer le jeu, sans pour autant donner quitus, les yeux fermés au gouvernement. 

    Ensuite, il y cette radicalisation, ou ce sentiment de radicalisation. L’attaque de l’assemblée nationale samedi dernier, les tags antisémites et ce véritable bashing mené par le le gouvernement et les élus de La République en Marche pour discréditer ce mouvement sur un mode très simple : les gilets jaunes sont des casseurs, suggérant même qu’ils sont des antisémites, cette stratégie du pourrissement alliée aux casseurs qui s’en donnent à cœur joie samedi après samedi, tout cela déstabilise l’opinion qui ne sait plus qui croire mais a soif d’ordre, autant que de justice sociale. 

    Et puis il y a le grand débat, et surtout il y a Emmanuel Macron qui s’est installé au centre de ce grand débat, en théâtralisant une scène déjà jouée pour la présidentielle : moi face aux français, marginalisant ainsi les gilets jaunes et les oppositions qui ont disparu, même Marine Le Pen. Cette pièce du Président ou du chaos est entrain de porter ses fruits à court terme. 

    À court terme parce qu'Emmanuel Macron peut bien gagner quelques points dans sondages, les gilets jaunes sont peut être entrain d’être lâchés par l’opinion, il n’en reste pas moins vrai que la maladie est là, et bien là. Certes anesthésié par ce grand barnum de communication gouvernementale, cette stratégie du durcissement, et dans la loi anti-casseurs, et dans les mots prononcés à l’égard des manifestants : factieux, séditieux, anti-républicain, antisémites etc. Elle est donc anesthésiée mais pas guérie. Et je pense même que le chemin choisi est mortifère. Car le feu peut bien être étouffé, il continue de couver sous la cendre. Les samedi gilets jaunes se poursuivent. Et gare à celui qui oublie que nous ne sommes pas dans une pièce de théâtre et qu’il faudra sortir de ce grand débat avec de l’audace, de l’humilité, et de la justice. Sinon l’incendie repartira.

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  • Quel bilan l’Élysée tire-t-il du Grand Débat ?

    Soumis par Lorraine Rdd le Mardi 12 février 2019 à 10:42
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    Dans un mois, ce sera la fin du grand débat national voulu par Emmanuel Macron. Quel premier bilan en tire-t-on du côté de l’Élysée ?

    Tout d’abord, on se félicite de ce grand débat même si on reconnaît aujourd’hui, que face aux maires, on est passé un peu à côté de l’objectif premier qui était de faire remonter les souhaits exprimés dans les cahiers de doléance. En fait, les maires ont plutôt eu tendance à exposer leurs propres difficultés. Alors, pour corriger tout ça, le président a par exemple dialogué avec des jeunes en Bourgogne, la semaine dernière, afin d’être réellement au contact. D’ailleurs au palais, on estime que cette crise des gilets jaunes, ça oblige, le président à reprendre le fil de l’élection et c’est vrai que ce grand débat a tout d’abord des airs de campagne pour le président et qu’ensuite ça lui permet de renouer avec cette idée du changement qu’il a incarné en 2017 et que les gilets jaunes continuent d’appeler de leurs vœux.

    Quant aux cahiers de doléance, il en ressort trois sujets essentiel, un mois après leur lancement. Le pouvoir d’achat, l’exaspération liée au train de vie des élus (leurs indemnités, leurs enveloppes, leurs chauffeurs et leurs voitures),… Tout y passe. Et puis, troisième sujet, les questions d’immigration et d’identité qui inquiètent les Français. Troisième sujet, tiens… Il y a encore quelques semaines, on nous disait que ça n’apparaissait pas ou très peu dans les cahiers de doléances...

    Mais alors comment l’Élysée imagine la réponse à apporter au mouvement des gilets jaunes ? Eh bien là, c’est le grand flou. On sent bien que l’Elysée n’a toujours pas les réponses à cette crise. Sur le pouvoir d’achat par exemple. La doctrine du président Macron, c’est : il faut que le travail paye. Mais ensuite on rappelle que si les impôts sont aussi élevés en France, c’est parce que nous sommes un pays qui redistribue beaucoup. Si, il y avait moins de matelas social, il y aurait sans doute des mécontents qui auraient des raisons d’enfiler à leur tour un gilet jaune. À la présidence, on estime qu’il faut plus associer des Français à la fabrication des lois en les faisant entrer dans la cuisine… En leur montrant que tout n’est pas si simple. Une fois qu’on a dit ça, il faut encore trouver le moyen d’y parvenir.  

    Quant à un éventuel référendum, on nous avait parlé de la date du 26 Mai, jour des élections Européennes, mais finalement, il est urgent d’attendre, dit-on au palais présidentiel, car selon la question, ça engage le président… Bref, ça peut être dangereux, ça peut se transformer en camouflet, surtout quand on sait que les Français ont quelque soit le sujet tendance à répondre : Non.

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