• Panique au sommet de l'État ?

    Soumis par Lorraine Rdd le Vendredi 7 décembre 2018 à 10:36
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    C’est ça qui est extrêmement frappant dans ce moment politique que nous vivons, c’est cette espèce de "vacance" du pouvoir. L’exécutif a un train de retard sur chaque décision, Édouard Philippe hier sur TF1 n’a rien dit ! Il a été désavoué dans la semaine par le président lorsqu’il a annoncé un moratoire qui au final est devenu une annulation juste derrière lui. Pire, on a l’impression que l'Élysée passe son temps annoncer qu’il y aura des morts demain pour tendre le climat, pour créer de la peur et empêcher les gens d’aller manifester.

    Cette violence elle est palpable, comme une impression que le peuple se transforme en foule de sans-culottes mais pourquoi ? Il y a d’abord eu ce silence, ce retard à l’allumage, les lieutenants d’Emmanuel Macron qui dénonçait "la peste brune" avec cette idée que le mouvement allait se radicaliser et qu’il perdrait le soutien des Français. Ce pouvoir a jouer le pourrissement et continue à le faire, mais c’est une très mauvaise tactique. Le gouvernement n’a pas compris la demande de démocratie des citoyens, le besoin de reconnaissance. Le mépris du président les a rendus dingues ces Français de classe moyenne qui ne s’étaient jamais engagés, avec cette impression qu’il prenait les gens pour des imbéciles, incapables de savoir ce qui était bon pour eux, incapable de reconnaître le souci noble qu’est l’écologie.

    Pour l’instant, il y a une concession puis une autre, chaque fois un peu trop tard donc un peu plus loin. Emmanuel Macron peut aller au bout de cette logique et changer de premier ministre mais ça ne changera rien. Pourquoi ? Car il n’a pas de marge des manœuvre politique, il peut juste faire croire qu’il comprend le gens, refaire un peu de cette vieille politique. Mais cette colère hélas ne s’éteindra pas de sitôt, maintenant il faut espérer que la violence ne gagnera pas.

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  • Pourquoi le mouvement des gilets jaunes échappe aux syndicats

    Soumis par Lorraine Rdd le Vendredi 7 décembre 2018 à 10:16
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    Pour la première fois en France, un gigantesque mouvement social échappe aux syndicats. Que faut-il en conclure ?

    Tout simplement que les Gilets jaunes n’accordent pas plus de crédit aux syndicats qu’aux dirigeants politiques. Et pour cause ils ne les ont pas vu monter au créneau sur cette question du ras-le-bol fiscal. Car les syndicats français, quels qu’ils soient, fonctionnent toujours avec un vieux logiciel qui vise à protéger les seuls salariés. Or parmi les gilets jaunes, il y a beaucoup de retraités, de chômeurs, de travailleurs précaires et d’agriculteurs. Autant d’individus qui ne sont jamais défendus par les syndicats.    Malgré tout ils essayent de voler au secours de la victoire. C’est pour cela que certains syndicats se joignent directement au mouvement, notamment à la SNCF, chez les routiers, et même dans la police. Mais ils ont vraiment perdu ce rôle de corps intermédiaire qui faisait d’eux un rouage essentiel dans la cohésion sociale du Pays.

    Mais hier les syndicats ont à l’unisson – sauf Sud bien sûr, condamné à l’avance toute violence qui pourrait intervenir demain. C’est tout à fait louable. Et cette déclaration était nécessaire. Mais c’est paradoxal avec l’attitude de certains syndicats qui invitent à participer à des défilés. Or on sait que n’importe quel défilé peut se terminer dans la violence. Les plus dangereux sont les syndicats de lycéens ou d’étudiants qui font en sorte qu’il y ait le plus grand nombre de jeunes dans des défilés qui feront peut-être, hélas, des dizaines de victimes voire des morts. C’est tout le problème de ces syndicats qui veulent à tout prix prendre le train de la colère en marche et donc appellent à défiler. Mais en même temps condamnent toute violence, car ils sont responsables. Tout en sachant bien que le seul fait de faire descendre des gens dans la rue, demain, c’est les exposer à des dangers. Et c’est exposer le pays tout entier à un risque d’insurrection généralisée.

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  • La rupture entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe

    Soumis par Lorraine Rdd le Jeudi 6 décembre 2018 à 10:12
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    Ce matin, c’est une confusion qui règne depuis hier soir au sommet de l’état entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe.

    C’est le foutoir, si vous me permettez cette expression. Imaginez un peu un premier ministre qui hier après midi, à l’assemblée nationale, annonce un moratoire qui sera évalué au terme des 6 mois. Toute la journée des ministres comme Benjamin Grivaux ou Marlène Schiappa, laissent entendre que peut être il y aura une évaluation de l'ISF. Hier soir, patatras ! L’Élysée communique : la taxe est annulée, purement et simplement. Et Emmanuel Macron l’a redit : on ne détricotera pas l’ISF. Et en fin de soirée,hier, vers 22h45, L’Élysée se sent obligé de préciser que l’annulation s’est faite d’un commun accord avec Édouard Philippe. Généralement, quand on précise, c’est que ça s’est mal passé ... Et pour tout dire, ça se passe de plus en plus mal. 

    Et Edouard Philippe devient le bouc émissaire des macronistes. Tous ceux qui murmurent à l’oreille du Président que Edouard Philippe est trop raide, que son mantra budgétaire nuit à son image, etc etc ... La charge est un peu facile mais c’est un grand classique de la 5ème République, le 1er fusible... Mais le problème, c’est que quand on grille un fusible, on en a forcément un de remplacement. Là, on ne voit pas vraiment qui... 

    C’est probablement cela, le plus complexe pour le président. Remplacer Edouard Philippe oui mais par qui ? Certains macronistes évoquent Le Drian pour aller à Matignon. François Bayrou en rêve malgré sa mise en examen, on murmure aussi le nom de Xavier Bertrand, un profil plus social ou Jean Michel Blanquer. Mais en réalité, on se demande bien qui et surtout pourquoi ? Changer de premier ministre sans changer de politique ne mène à rien. En réalité, ça coince vraiment de plus en plus entre le président et son premier ministre. On sait que la tension est grande entre les deux hommes, que deux lignes s’affrontent clairement : la ligne des rigoureux du budget, du il faut tenir, ça c’est Edouard Philippe et puis l’aile plus politique, qui veut lâcher pour négocier. Cette aile a gagné et a l’évidence, quelle que soit les semaines à venir, on a du mal à voir comment ce couple pourrait continuer ensemble encore longtemps. 

    Beaucoup dépendra en fait de la journée de samedi. On a 2 options : soit la manifestation ne se passe pas si mal, et on peut imaginer de nouveaux pas dès la semaine prochaine. Une forme d’assouplissement et une petite ouverture dans le dialogue, soit la manifestions dégénère vraiment et la, nous rentrons dans une zone totalement inconnue. Comment réagira l’opinion face à de nouvelles violences ? Comment reprendre la main politique alors qu’on n’est plus du tout audible ?

    Hier l’Élysée a alerté, a parlé de morts possibles lors de cette manifestation, une manière aussi de dissuader les gilets jaunes raisonnables de venir manifester à Paris. Si la manifestation dégénère, on sera en véritable crise de régime. Tout peut arriver : un remaniement, une dissolution. Le pouvoir est tellement faible aujourd’hui que tout peut arriver. Nous n’en savons rien mais une chose est certaine : cette semaine devait être une semaine dans l’art de l’exécution claire, précise, efficace. Elle a été une semaine foutoir, ambiguë, cafouilleuse. La caractéristique d’un pouvoir en état de sidération

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  • Quadruple peine pour le gouvernement

    Soumis par Lorraine Rdd le Mercredi 5 décembre 2018 à 10:31
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    Après les annonces hier d’Édouard Philippe qualifiée de « mesurettes » par les gilets jaunes, peut-on imaginer une sortie de crise ?

    À priori on ne voit pas effectivement pas le chemin de la sortie et pour le gouvernement hier c’était une journée noire. Car au fond ces mesures annoncées sont une quadruple peine. L’exécutif a reculé, ce n’est pas le premier à faire : Mitterrand, Balladur, Chirac, Villepin, Hollande… Tout le monde a reculé un jour ou l’autre, mais justement c’était le marqueur d’Emmanuel Macron : "on ne recule pas, on ne fait pas comme les autres". Et finalement il a dû faire volte-face comme tous ses prédécesseurs, c’est une autre marque de la banalisation du quinquennat de Macron. Deuxième élément : quitte à reculer autant le faire clairement. Une suspension des taxes aurait sans doute été suffisant il y a 3 semaines lors de la première manifestation, aujourd’hui les gilets jaunes veulent plus : du concret et de l’immédiat sur le pouvoir d’achat. Et d’ailleurs pourquoi le gouvernement n’a pas pu prononcer le mot "annulation" ? Car personne n’imagine une seconde que dans six mois ces taxes puissent à nouveau être appliquées. Troisième peine, cette fois elle est économique. Cette suspension c’est 2 milliards, une suppression pour l’année ça sera 4 milliards. Autant d’argent qu’il faudra trouver sans bien sûr renoncer à l’objectif de réduction du déficit en dessous des 3 % et pour compenser la perte évidemment on ne va pas créer un nouvel impôt ! Enfin la quatrième peine est politique, l’ambition écologique est compromise, les écologistes ne sont pas contents et espèrent récupérer les voix des mécontents aux Européennes.

    Le gouvernement peut donc espérer comme il le fait depuis le début que l’opinion va se lasser, choqué par les violences. La journée de samedi sera donc déterminante. Il peut aussi miser sur une division des gilets jaunes même si pour l’instant cela n’a pas marché. Le gouvernement a-t-il une autre cartouche dans sa manche ? Pour l’instant si cela continue, la suite est prédictible : le départ du premier ministre pour désamorcer la crise et la dissolution que certains réclament.

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  • Et Macron commença à reculer…

    Soumis par Lorraine Rdd le Mercredi 5 décembre 2018 à 10:09
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    Même si les Gilets Jaunes ne l’entendent pas ainsi, hier l’exécutif a cédé à la pression de la rue, alors qu’Emmanuel Macron s’était engagé à ne jamais céder. Est-ce que ça peut avoir des conséquences ?

     Bien sûr. Et que des conséquences négatives. Pour lui. Et pour le pays. Vous vous souvenez de sa phrase à Athènes : je ne céderai jamais rien…Hier, même s’il s’est caché derrière Edouard Philippe, et s’il est question de suspension plutôt que d’annulation, il a donné le sentiment de céder à la rue. D’un côté qui pourrait lui en faire le reproche, car il fallait évidemment apporter quelque chose sur la table pour pouvoir négocier ? Mais en même temps, il a tellement reproché à Chirac d’avoir cédé en 1995 à la rue, ou à Hollande d’avoir cédé aux Bonnets Rouges comme à Nuit Debout qu’il se retrouve aujourd’hui dans la même situation, et le pire c’est que pour paraphraser Churchill : il voulait éviter la violence au prix du déshonneur. Et il risque d’avoir à la fois la violence et le déshonneur. 

    La manière dont il a géré cette crise va laisser des traces. D’abord ce n’est pas parce qu’un geste a été fait que l’on est sorti de la crise. En tout ça les Gilets jaunes ne l’entendent pas ainsi. Mais dans les conditions actuelles est-ce que vous pensez vraiment qu’il peut mettre sur la table une réforme des retraites au début de l’année comme c’était prévu ? Vous croyez qu’il peut continuer à baisser l’impôt sur les sociétés ? Vous pensez qu’il est en mesure de réduire la dépense publique et donc de s’attaquer au nombre de fonctionnaires ? Non, désormais à chaque tentative de réforme, il devra affronter la Rue, puisque celle-ci a prouvé qu’elle pouvait le faire céder. Cela peut vouloir dire que le quinquennat de Macron s’est arrêté hier et que pendant les 42 mois à venir, il va inaugurer des chrysanthèmes et assister à des sommets internationaux.

    Encore une fois c’est dramatique pour lui. Mais c’est pire encore pour le Pays.

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