"Vol", "dindons de la farce", "ras-le-bol"… Les retraités très critiques envers Macron

Reportage Sud Radio. Alors qu’Emmanuel Macron achève ce mois-ci sa première année à la tête de l’État, son bilan est aujourd’hui fortement critiqué par une catégorie sociale bien précise : les retraités.

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Si plusieurs indicateurs économiques sont aujourd’hui passés au vert en France, il est au moins une catégorie de Français qui ne s’estime pas franchement gagnante depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir : les retraités. Dans le viseur de ces derniers, la hausse de la CSG, dont 56% des Français pensent que c’est une mauvaise décision selon la dernière enquête Ifop/Fiducial pour Sud Radio, CNews et Paris-Match. Depuis le 1er janvier dernier, le taux de la CSG a en effet augmenté de 1,7 point pour 60% des retraités, sans aucune compensation. Forcément, cette mesure a du mal à passer…

"En dix ans de retraite, j’ai dû gagner 50 euros"

"C’est un vol, quelque part. Quand on a travaillé plus de 40 ans sans s’arrêter, zut ! Quand on était un peu malades, on ne s’arrêtait pas hein, on allait travailler ! Donc à un moment donné, il y a un ras-le-bol", s’agace Annie, décoratrice à la retraite, au micro de Sud Radio. Ancien fonctionnaire, Jacques (74 ans) dénonce, lui, la hausse du coût de la vie pour les seniors. "Il suffit de faire son marché, d’aller dans un magasin quelconque, faire quelques kilomètres en voiture, payer un péage, n’importe quoi… Tout augmente, sauf les retraites ! Ça fait dix ans que je suis à la retraite, et en dix ans j’ai dû gagner 50 euros...", indique-t-il.

Pour Colette, bénéficiaire d’une retraite de 1400 euros, les politiques manquent d’honnêteté envers les retraités. "On ne voit jamais le bout des hausses d’impôts. On nous dit toujours qu’il n’y en aura pas, et il y en a toujours à un moment donné d’une manière directe ou détournée. Ça devient un peu désagréable d’être pris pour les dindons de la farce…", s’emporte-t-elle. Un ras-le-bol général qui aura toutefois du mal à produire des effets selon Alain, qui est pourtant descendu plusieurs fois dans la rue. "C’est rare que les retraités se mettent en grève, donc il n’y a pas trop de problèmes avec eux… C’est moins dangereux que les camionneurs, les conducteurs de train, les pilotes d’avion ou les zadistes !", rappelle-t-il, désabusé.

Un reportage de Clément Bargain