À Villeneuve-sur-Lot, Jérôme Cahuzac toujours soutenu par les habitants

Jérôme Cahuzac à Villeneuve-sur-Lot, en 2013 (©JOELLE FAURE -  LA DEPECHE DU MIDI - AFP)

Alors que s’ouvre ce lundi à Paris le procès en appel pour fraude fiscale de Jérôme Cahuzac, l’ancien ministre du Budget bénéficie encore d’une belle cote de popularité dans son fief de Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne.

C’est un scandale politico-judiciaire qui a profondément marqué le quinquennat de François Hollande. Alors ministre du Budget, Jérôme Cahuzac s’est retrouvé embourbé dès 2013 dans une affaire de fraude fiscale, lui qui a par la suite admis avoir menti à la tribune de l’Assemblée nationale en assurant qu’il n’avait pas de compte bancaire établi en Suisse. Condamné en première instance fin 2016 à trois ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité, l’ancien député du Lot-et-Garonne a fait appel devant la Cour d’appel de Paris. Un procès qui débute ce lundi et qui devrait durer deux semaines.

Si cette affaire avait choqué de nombreux français, les habitants de Villeneuve-sur-Lot, ville dont il fut le maire de 2001 à 2012, continuent, eux, de soutenir globalement leur ancien élu. "Il n'a volé personne, il s’est volé lui-même ! Il nous a volé un sou, à nous ? Il a mis la main dans sa poche, il s’est foutu dans la merde tout seul, comme on dit. Et il nous manque !", déplore Tahar au micro de Sud Radio. "On le voyait en ville tous les samedis sur le marché, il discutait avec les gens", se rappelle un autre habitant. "C'était bien mieux quand il était là qu’aujourd’hui avec le maire actuel", souligne cette Villeneuvoise, alors qu’un autre l’assure : "Bien sûr qu’il nous manque ! C’est grâce à lui qu’il y a un hôpital, quand même…".

Un détachement et une prise de recul par rapport aux accusations portées contre Jérôme Cahuzac qui ne surprennent pas la journaliste Anne Carpentier, éditrice de La Feuille, hebdomadaire satirique indépendant sur le Villeneuvois. "Il y a hélas une grande tradition française de fraude fiscale. C’est un péché véniel, ils en veulent aux hommes politiques quand il y a des détournements de fonds publics. Maintenant, ce qu’il a fait avec son propre pognon, je crois que ça passe un peu au-dessus de la tête des gens", déclare-t-elle.

Un reportage de Christophe Bernard

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La Boetie
- Mardi 13 février 2018 à 17:41
Asinum asinus fricat... Ah, ces béotiens!

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