Vers un abandon du référendum à l'issue du grand débat?

La présidence de la république commence à faire le bilan des cahiers de doléances: le pouvoir d'achat y apparaît en premier sujet abordé, devant le train de vie des élus puis l'immigration et l'identité. L'hypothèse d'un référendum s'éloigne compte-tenu du risque politique que représenterait un tel scrutin.

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Du côté de l'Elysée, on se félicite du grand débat national, tout en admettant un regret au sujet des maires: être passé à côté de l’objectif premier, qui était de faire remonter les souhaits exprimés dans les cahiers de doléance. Au lieu de cela, les maires ont eu tendance à exposer plutôt leurs propres difficultés. Au palais, la crise des gilets jaunes est vécue comme l'occasion de reprendre le fil de l’élection: sur des airs de campagne électorale, ce grand débat ravive cette idée de changement mise en avant en 2017, et que les gilets jaunes continuent d’appeler de leurs vœux .

Pouvoir d'achat, train de vie des élus, immigration et identité

Trois sujets majeurs sont remontés à l'Elysée, un mois après le lancement des cahiers de doléance. 
-Le pouvoir d’achat, à l'origine du mouvement.
-L’exaspération liée au train de vie des élus (leurs indemnités, leurs enveloppes, leurs chauffeurs et leurs voitures...) 
-Les questions d’immigration et d’identité: un sujet d'inquiétude, pourtant présenté comme étant peu mentionné au début des cahiers de doléances.

Pas de référendum ?

L'Elysée cherche encore une réponse à cette crise: sur le pouvoir d’achat par-exemple, la doctrine du président Macron tourne autour de l'idée que le travail doit payer. Avec en toile de fond des impôts élevés, tirés notamment par le système redistributif. Mais s'en prendre au matelas social, c'est risquer de créer des mécontents qui auraient des raisons d’enfiler à leur tour un gilet jaune. L'équipe élyséenne estime qu'il faut associer davantage des Français à la fabrication des lois, en les faisant entrer dans la cuisine, pour leur montrer que tout n’est pas si simple. Reste à savoir comment réaliser une telle intention.
Quant à un éventuel référendum, la date du 26 mai avait été évoquée, soit le jour des élections européennes. Mais finalement, il est urgent d’attendre, dit-on désormais au palais présidentiel. Selon son entourage, la question engagerait le président et pourrait le mettre en danger: un référendum peut se transformer en camouflet, surtout vu la tendance naturelle des Français à répondre non.