Valérie Boyer : "Pourquoi mettre en scène un Grenelle des violences pour ressortir des propositions anciennes?"

Valérie Boyer, députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 26 novembre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40. Elle revient notamment sur le Grenelle des violences conjugales et la réforme des retraites.

Valérie Boyer, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 26 novembre à 7h40.

Valérie Boyer : "pourquoi mettre en scène un Grenelle des violences pour ressortir des propositions anciennes, que nous demandions depuis longtemps ?"

Lors du Grenelle des violences conjugales, 360 millions d'euros ont été annoncés, alors que les associations féministes réclamaient un milliard d'euros. "J'étais à la manifestation samedi [23 novembre] confie Valérie Boyer au micro de Patrick Roger, parce que c'est une cause transpartisane qui mérite qu'on s'y attache. Je suis assez surprise et même choquée de l'attitude du gouvernement. Le 10 octobre, nous avions fait, Les Républicains, un certain nombre de propositions rejetées avec énormément de mépris, pour les voir aujourd'hui mises sur la table. Je me réjouis puisque depuis 2015, je plaide pour qu'on change de paradigme, avec la suspension de l'autorité parentale en cas de crime ou délit. C'est aussi la description de l'emprise que nous demandions et que malheureusement le gouvernement avait rejetée, mais aussi faire de l'enfant une victime ou co-victime quand il y a des violences au sein d'un foyer.

 

Ces mesures me semblent importantes, donc non-seulement nous avons perdu du temps, mais un gouvernement qui dit tout le temps qu'il est ouvert, a rejeté les propositions mais les ressort d'une autre façon. J'applaudirais si ces mesures étaient effectivement mises en place et si nous n'avions pas perdu de temps, parce-que ça fait des années que nous le disions. Pourquoi mettre en scène un Grenelle des violences pour ressortir des propositions anciennes, que nous demandions depuis longtemps ? Nous aurions apprécié travailler en concertation, et pas de façon partisane".

 

"C'est le terme "conjuguicide" qu'il faudrait mettre dans la loi"

Le terme "féminicide" ne figure pas dans le projet de loi porté par La République en Marche. "C'est le terme "conjuguicide" qu'il faudrait mettre dans la loi estime Valérie Boyer, parce qu'il ne s'agit pas de tuer une femme parce qu'elle est une femme, mais il s'agit d'une violence qui a lieu dans le foyer, où on devrait être protégé. Ces violences concernent un conjoint, que ce soit un homme ou une femme, mais aussi des enfants. Conjuguicide est un vieux terme, que je n'ai pas inventé, il existait au 19ème siècle et qui reprend bien les violences au sein d'un foyer. Je voudrais aussi qu'on mette la notion d'emprise dans le droit et qu'on rajoute la notion de violence économique".

Concernant le bracelet, "c'est une mesure qui est ancienne explique Valérie Boyer. C'est une question d'application. Il y a un mois, Madame Belloubet [ministre de la Justice, ndlr] nous disait que c'est inconstitutionnel parce que c'est une atteinte au corps, aujourd'hui, c'est très important qu'on mette en place cette mesure, que nous appelons de nos voeux depuis 2010".

 

"On ne peut pas régler à la retraite des problèmes qui ne sont pas réglés pendant l'activité professionnelle"

Quelle est la position des Républicains sur la réforme des retraites et le 5 décembre prochain? interroge Patrick Roger. "On voudrait la vérité ! répond Valérie Boyer, et pas un gouvernement particulièrement anxiogène. Emmanuel Macron s'est approprié le débat, en voulant refaire avec le débat sur les retraites un Grand débat, c'est-à-dire enjamber les municipales, pour escamoter le débat des municipales. Aujourd'hui, on a une inquiétude extrême de la part de la population, qui ne comprend pas où on va. Aujourd'hui, je serais incapable de vous dire quelle est la position du gouvernement, qui promet une réforme des retraites avec des points mystérieux, égaux pour tous, sans régimes spéciaux.

Personne ne sait de quoi il s'agit aujourd'hui. Monsieur Macron est enfermé dans la proposition de ne pas toucher à l'âge du départ à la retraite". Pour Valérie Boyer, "il n'y a pas 50.000 solutions pour les retraites : soit on baisse les pensions, soit on touche l'âge de départ à la retraite. Et il y a la question des régimes spéciaux. Nous disons déjà de travailler sur l'emploi des seniors, et si l'on veut des retraites qui soient maintenues, il faut que l'âge de départ à la retraite soit reculé, mais progressivementPar ailleurs, on nous parle beaucoup de la retraite des femmes poursuit-elle. Je n'ai rien vu venir de concret, notamment pour les femmes qui ont des enfants. Les mères de famille risquent d'être pénalisées. Je voudrais savoir quelles sont les mesures concrètes que propose le gouvernement".

Faut-il renoncer comme on en prend le chemin à la clause du grand-père, qui consiste à reporter sur les générations futures l'entrée en vigueur de la réforme des retraites ? "On ne peut pas régler à la retraite des problèmes qui ne sont pas réglés pendant l'activité professionnelle précise Valérie Boyer. Pour la réforme des retraites, il faut du courage politique, de la clarté, mais aussi une économie qui fonctionne, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui".

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