éditorial

L'édito de Michaël Darmon

A propos...

Journaliste au service économie et politique de TF1 de 1990 à 1993, il est le correspondant de la RTBF à Jérusalem de 1992 à 1993. En 1994, il entre à France 2, au sein du service politique. Il suit l...
Michaël Darmon
Politique

Une dangereuse semaine

Emmanuel Macron  Confédération des petites et moyennes entreprises - 6 mars 2017
Emmanuel Macron Confédération des petites et moyennes entreprises

La semaine qui débute est celle de tous les dangers pour deux candidats, François Fillon et Emmanuel Macron.

 

On commence par le candidat de la droite, dont les ennuis ont commencé dimanche avec l'affaire des costumes. On le sait, c'est l'apanage des campagnes, chausse-trapes et dossiers sensibles mettent la pression pour brouiller les messages des candidats. Dans cette nouvelle affaire François Fillon se serait fait offrir un certain nombre de costumes taillés sur-mesure par une enseigne haut de gamme à Paris, qui habille chefs d'états et hautes personnalités. Selon le JDD,  depuis 2012 ces dépenses représenteraient 42 000 euros et viendrait d'un généreux donateur. Une information qui s'est répandu comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux, on a beaucoup parlé de François Fillon hier, pas de son programme et de ses propositions, mais plutôt de sa garde-robe. Sentant le danger, le candidat a tout de suite réagi en éteignant l'incendie, « on m'offre des costumes. Et alors ? », dit-il. Un argument reprit par l'équipe de François Fillon, mais qui omet de répondre à la question : « Qui offre des costumes aussi chers à François Fillon ? Et pour quelle raison ? » Même si c'est tout sauf un délit, il est candidat à l'élection présidentielle. Alors  Il  est contraint de contre-attaquer tout azimut, notamment avec un entretien dans les Échos où il réplique qu'Emmanuel Macron n'a pas de majorité, ni de programme.

Jean-Yves Le Drian, l'un des premiers collaborateur de François Hollande, qui va rejoindre le candidat d'En marche, devrait officialiser son soutien en milieu de semaine. Il en profitera pour prononcer un discours sur les questions de défense lors d'une journée spéciale organisée par le mouvement de Macron. Mais la puissance du symbole peut avoir un effet boomerang. Car, si le collaborateur de François Hollande est modestement populaire à droite, cela démontre aussi que les ralliements sont uniquement en provenance de la gauche. Avec Bayrou, Delanoë et surtout Le Drian, les électeurs de droite pointent une candidature Hollande par procuration. Et ils n'ont pas totalement tort à ce stade. On attendra avec attention les effets de la victimisation de François Fillon, plus le fait que Macron engrange des ralliements venant de la gauche, qui pourraient permettre de souder à nouveau l'électorat de la droite autour de son candidat. On l'a compris, cette semaine de campagne repart sur les chapeaux de roue, d'autant plus que mercredi François Fillon devrait se retrouver face aux juges. Sera-t-il mis en examen ? Nous verrons. Bref, c'est la plus grande fiction politique de l'année et c'est une réalité politique.

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