Ugo Bernalicis : "Belloubet doit céder sur une partie des revendications des gardiens de prison"

Ugo Bernalicis (Député La France Insoumise du Nord) était ce jeudi l'invité du petit-déjeuner politique de Sud Radio.

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Invité de Patrick Roger ce jeudi dans le Grand Matin Sud Radio, le jeune député LFI du Nord, Ugo Bernalicis, est d'abord revenu sur l'affaire Fillon, qui avait éclaboussé la droite il y a tout juste un an, influant de manière considérable sur la campagne présidentielle tout en précipitant la chute de l'ex-Premier ministre.

"L'affaire Fillon a renforcé le 'dégagisme', ce qui nous a, en partie, servis par ricochet"

Refusant d'attribuer sa victoire lors des législatives à ce "Penelope gate", l'intéressé reconnaît tout de même à demi-mots que son parti en a tiré profit d'une certaine façon. "On a surtout bénéficié d'une campagne acharnée de la France insoumise qui s'y est pris tôt et qui a fait un gros boulot de fond, notamment sur les réseaux sociaux. Ces affaires là, en général, desservent tout ceux qui font de la politique mais ceci a renforcé le 'dégagisme', ce qui nous a en partie servis par ricochet", indique-t-il ainsi.

Invité ensuite à se prononcer sur la nouvelle attractivité de la France et la relance économique qui pourrait en découler, l'insoumis se montre prudent et craint que seuls les mieux lotis en profitent. "C'est une bonne nouvelle si la masse des gens peut en profiter, mais j'ai l'impression que ce sont les mêmes super-riches qui vont encore se gaver et que les inégalités vont encore augmenter", affirme-t-il. "On pourra afficher des chiffres économiques dans le vert mais si c'est pour qu'il y ait, à la fin, une augmentation des dividendes et pas des salaires, ça me semble problématique", insiste-t-il encore. Et l'intéressé de rappeler "les 2 400 suppressions de postes chez Carrefour" pour étayer son propos, citant également les exemples de Pimkie et PSA. Autant de suppressions d'emplois rendues possible par la loi Travail et ses effets, selon lui. Le député fustige également "l'optimisation fiscale" qui "se fait, en grande partie en Europe", dénonçant au passage "une vaste hypocrisie" car malgré "des tas de discours par le passé", notamment de la part de Nicolas Sarkozy, "rien n'a été mis en œuvre".

"Si les gardiens de prison en arrivent là, c'est que le malaise est profond"

Ugo Bernalicis a par ailleurs évoqué la problématique du mouvement de protestation des gardiens de prison, critiquant la fermeté du gouvernement, lequel n'exclut pas de sanctionner les grévistes arguant du fait que ces derniers n'ont, de facto, pas le droit de faire grève. Comprenant la position gouvernementale, l'élu du Nord insiste toutefois sur le ras-le-bol de la profession qui n'a pas d'autres choix, selon lui, pour faire entendre ses revendications. "Je comprend l'idée de dire que le droit de grève n'est pas autorisé pour les surveillants pénitentiaires mais, à un moment donné, si les surveillants en arrivent là, c'est qu'il y a quand même un malaise profond", déplore-t-il ainsi, avant de prévenir : "C'est la dernière cartouche pour le gouvernement, parce que si les gens ne retournent pas travailler, que vont-ils faire après ? Vont-ils les licencier ?", interroge-t-il. C'est la raison pour laquelle il exhorte la ministre de la Justice à négocier et céder sur certaines demandes des gardiens. "À un moment donné, il faut être responsable, il faut aller à la table des négociations et Nicole Belloubet doit lâcher sur une partie des revendications des gardiens de prison", déclare-t-il.

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Ugo Bernalicis, invité du petit-déjeuner politique