Sur Macron, les retraités ne sont pas dupes

Près de 300 000 retraités vont bénéficier d'un geste fiscal pour compenser la hausse de la CSG entrée en vigueur au 1er janvier 2018, annonce ce jeudi le Premier ministre, Edouard Philippe. Emmanuel Macron va t-il reconquérir les retraités ? Pour en débattre, Christian Bourreau, vice-président de la confédération des retraités est l’invité des Vraies Voix sur Sud Radio

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"Nous avions identifié une question technique qui faisait qu'environ 100.000 retraités, alors qu'individuellement, ils étaient en-dessous du seuil mais, en couple, passaient au-dessus du seuil, voyaient une augmentation de leur CSG. Nous allons le corriger. Nous allons indiquer qu'il faudra être passé pendant deux ans en continu au-dessus du seuil arrêté l’année passée pour être frappé par l'augmentation de cette CSG. Ça veut dire qu'il y a 300.000 personnes qui n'auront pas à payer cette augmentation de la CSG dans les années qui viennent parce que justement leurs revenus sont un tout petit peu variables", a fait savoir le Premier ministre, ce jeudi matin.

Alors Emmanuel Macron va t-il, grâce à cela, reconquérir les retraités ? Ce geste est-il une bonne nouvelle, demande Christophe Bordet à son invité Christian Bourreau : "C’est une nouvelle qui en elle même n’est pas mauvaise mais cela permet surtout d’évoquer les bévues de nos pouvoirs publics et le fait qu’ils envisagent de récupérer en catastrophe les sottises qui ont été faites, comme augmenter la CSG".

Pour rappel, la hausse de 1,7 point de CSG avait été votée dans le cadre du projet de loi de finances 2018. L’objectif était de compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé. Elle s’applique aux retraités dont le revenu fiscal de référence se situe au-dessus de 14 404 euros pour une personne seule, et 22 051 euros pour un couple.

"C’est de la politique ni plus ni moins, car Emmanuel Macron a été élu grâce aux retraités et il se les est mis à dos. Il a besoin de les récupérer pour les élections européennes", insiste Christophe Bordet. "Il a fait un geste positif, mais il ne faut pas imaginer que les retraités vont se mettre en rangs serrés. La baisse du pouvoir d’achat des retraités est importante. Tant mieux pour les 300 000 retraités concernés mais ce n’est pas avec cela que Emmanuel Macron va se réconcilier avec les retraités." explique le vice-président de la confédération des retraités.

Et Philippe Bilger de continuer : "Emmanuel Macron a sermonné Christophe Castaner en déclarant que les retraités ont fait beaucoup d’efforts, maintenant qu’on cesse de les emmerder, sur le même registre que Pompidou. Mais les retraités ne sont pas dupes. Ce qui frappe, c’est une volonté totalement démagogique de rattraper les retraités alors qu’il les a mis au plus bas".

Geneviève de Fontenay : "C’est un traquenard ! Emmanuel Macron, je le suis de très près. Je corresponds avec lui par SMS. Je lui dis ce que je pense. Je n’ai pas encore parlé des retraités mais c’est Jupiter. C’est le nouveau Roi Soleil à Versailles (…) Il a arrêté les emplois aidés et les Restos du cœurs par exemple, sont très mal. Ils ne savent plus comment distribuér les repas."

Alors que Christophe Bordet résume cette mesure à de l’amateurisme, Philippe David insiste : "C’est la politique du tango, un pas en avant, deux pas en arrière et puis, finalement, comme le Tango est une danse très sensuelle, on se couche l’un sur l’autre. Et, c’est la politique du tango qui est faite : 'Taxer les gens au 1er janvier puis se dire en septembre c’est catastrophique, on va trouver un truc. Mais comment on va les rembourser ?' C’est de l’amateurisme."

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