Stanislas Guérini : "la France, toute seule, ne pèse pas suffisamment", "elle a besoin de l'Europe"

Stanislas Guérini, délégué général d'En Marche était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 23 septembre 2021 sur Sud Radio.

Stanislas Guérini, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 23 septembre 2021 à 8h15.

Stanislas Guérini sur la Une de Paris Match sur Zemmour : "ça ne m'intéresse absolument pas"

Paris Match publie une Une laissant croire à une liaison entre Eric Zemmour et sa jeune conseillère, Sarah Knafo. Les concernés ont annoncé porter plainte bien que des doutes subsistent sur les conditions de la photo. "Je ne juge absolument pas, ça m’intéresse absolument pas et donc je n’ai rien à vous dire sur ce sujet", déclare Stanislas Guérini. "On nous parle toute la journée d’Eric Zemmour, maintenant on va nous parler de la vie sentimentale d’Eric Zemmour. Moi, je ne suis pas là pour ça", ajoute-t-il.

"Il y a plein de sujets pour le pays : la croissance, la reprise, est-ce que les gens vont retrouver un emploi, est-ce qu’on va se sortir de cette crise...", détaille le député de Paris. "Et donc je n’ai rien à vous dire sur Eric Zemmour et sur la Une de Paris Match." Il souligne également qu’il n’avait "pas commenté" les Unes faites par Emmanuel Macron sur les magazines durant sa campagne en 2016-2017.

 

"Ce qu’il y a dans la tête d’Eric Zemmour", c'est "revenir des décennies en arrière"

Le délégué général d’En Marche souligne qu’il est possible de "décider de quoi on a envie de parler". "Soit on peut parler de ce qu’il y a dans la tête d’Eric Zemmour, c’est-à-dire revenir des décennies en arrière" avec des sujets comme la peine de mort ou les prénoms musulmans, "soit on peut décider de parler des sujets qui vont être réellement structurants pour le pays". "Et il s’avère qu’on est à un tournant de notre Histoire", juge Stanislas Guérini. Notamment avec les Talibans "qui ont repris le pouvoir en Afghanistan" ou encore "des mouvements géostratégiques" majeurs et des "affrontements" entre Chine et Etats-Unis. Quant à l’Europe, "elle va devoir décider ce qu’elle va faire de son avenir".

Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour vont débattre en direct jeudi 23 septembre 2021 sur BFMTV. "Je ne critique pas les débats", explique le député LREM de Paris, "mais je n’en attends pas particulièrement des sorties qui vont rehausser le débat".
"Ce que je vois dans cette rentrée politique, c’est qu’il y a un président de la République et un gouvernement qui est concentré sur les affaires du monde, sur les affaires du pays, qui agit pour l’intérêt des Français, et ça, ça fait le débat."

Il explique que dans sa circonscription, les citoyens lui parlent des sous-marins ou encore d’emploi ou de vaccin. "Ce qui me frappe, c’est qu’il y a d’un côté une ligne politique" avec le président de la République pour lequel Stanislas Guérini se dit "prêt à faire campagne pour lui", "et puis de l’autre, les affaires de personnes, les affaires de partis qui, au fond, ne traitent pas des affaires du pays".

 

"La France, toute seule, il faut se le dire, elle ne pèse pas suffisamment pour jouer sa carte dans les grands conflits"

L’affaire des sous-marins pose la question de la place de la France sur la scène internationale, et c’est "la vraie question" pour le délégué général d’En Marche. "Comment est-ce qu’on est maîtres de notre destin ?" Cette question est, pour lui, "centrale" dans la présidentielle à venir. "Moi, la réponse que j’apporte, et on peut en débattre, c’est qu’on le fera si on arrive à agir en Européens : la France, toute seule, il faut se le dire, elle ne pèse pas suffisamment pour jouer sa carte dans les grands conflits." Pour le député de Paris, "la France a besoin de l’Europe".

"Notre souveraineté, elle passe par une défense européenne ; notre souveraineté, elle passe par l’affirmation de l’Europe", déclare Stanislas Guérini qui estime qu’il "est temps pour l’Europe de se réveiller". S’il concède qu’on "a besoin de l’Europe", il juge nécessaire de "changer l’Europe". "Et c’est ce qu’on est en train de faire", se félicite-t-il.

 

Le discours des oppositions "chaque jour, tire la France vers le bas"

Durant la campagne présidentielle, la France sera à la tête de l’Europe, et donc Emmanuel Macron avec elle. Stanislas Guérini précise que le Président français sera "à la fois" le Président "de la France et celui de l’Europe", notamment car c’est "un honneur" que d’être à la présidence de l’Union européenne qui "n’arrive pas tous les quatre matins". Lors de cette présidence française, "on va apporter des thèmes de façon extrêmement offensive", prévient le député LREM de Paris, notamment sur l’immigration ou encore "l’environnement" et "la transition écologique". "Tous ces sujets-là, on va les prendre à bras le corps", promet-il.

Le député de Paris juge qu’actuellement, il y a "deux visions de société qui s’affirment : celle d’un déclin, d’un repli sur soi, au fond d’un abandon ; ou celle des progressistes. Et moi, c’est celle-là que je porte, où on peut dire que l’avenir peut être meilleur". Pour l’élu, "les oppositions font du déclin français, ou du soi-disant déclin français, leur fond de commerce. Et ils ne font que ça dans un discours qui, chaque jour, tire la France vers le bas". Il juge qu’il y a une différence fondamentale avec LREM : "nous, nous disons que nous avons la possibilité de construire un avenir meilleur fondé sur le progrès, fondé sur l’innovation, fondé sur la science".

 

"Il y avait un choix à faire pendant la crise"

Plusieurs organismes pointent les dépenses "sans compter" de l'Etat, ces derniers mois. "Il y avait un choix à faire pendant la crise", rappelle Stanislas Guérini qui évoque deux choix : "soit on ne faisait pas les investissements nécessaires pour protéger les Français et l'économie, soit le 'quoi qu'il en coûte'". Pour le député, "il fallait absolument faire ça", rappelant que lors de la crise de 2008, "où on avait fermé les vannes", les résultats étaient "0% de croissance, un taux de chômage qui avait doublé et une dette publique qui augmentait de 10 points".

"C'était une bonne stratégie, tout le monde le reconnaît", affirme le parlementaire pour qui l'alerte du Haut conseil des finances publiques n'est qu'une "demande de précisions sur des investissements". "On a maintenant un autre choix : est-ce qu'on arrête d'investir ou est-ce qu'on continue ce travail-là ?", observe Stanislas Guérini qui recommande à la fois "d'investir sur des sujets qui feront la différence demain", comme la transition écologique, et "continuer de réformer pour faire des économies sur des dépenses structurelles".

 

Stanislas Guérini souhaite "faire la méthode de 2017"

Un tract à destination des jeunes, vantant le bilan d'Emmanuel Macron, a été distribué à 400.000 exemplaires, à l'initiative de Stanislas Guérini. "Je suis en campagne pour promouvoir notre bilan", assume le député qui prévient que "ce n'est que le début". L'élu ne souhaite pas dire que tout était parfait et assure vouloir également "écouter nos concitoyens". "On a pu faire des erreurs, il faut parfois rectifier le tir", admet-il.

Le 2 et 3 octobre, LREM organise un campus à Avignon. "L'objectif est de montrer et dire qu'on va agir jusqu'au dernier quart d'heure, montrer que le bilan sera défendu et promu et montrer que la majorité présidentielle est rassemblée", dévoile le député de Paris qui y voit "une immense différence" avec le reste du champs politique français. Le patron du parti milite pour "faire la méthode de 2017", c'est-à-dire "mettre sur la table notre projet, ce dont on croit, ce qu'on pense".

 

 

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