Sophie Cluzel - Retard de livraison des vaccins : "Tout le monde est un peu inquiet"

Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 18 janvier 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Sophie Cluzel interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 18 janvier 2021 à 7h40.

Sophie Cluzel : "Il y a une adhésion aujourd’hui de la population française à la vaccination"

Les personnes de plus de 75 ans et les personnes atteintes de pathologies très graves peuvent s’inscrire à la campagne de vaccination et verront les premières doses leur être injectées lundi 18 janvier 2021. Toutefois, cette campagne continue d’être vivement critiquée par les élus locaux qui disent n’avoir aucune indication ou consigne claire. Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, explique qu’au contraire "ils en reçoivent des consignes". "On voit bien leur impatience, et c’est tout à fait normal d’être impatient. Je trouve que c’est plutôt un bon signe parce qu’il y a une adhésion aujourd’hui de la population française à la vaccination."

Cette adhésion entraîne "forcément de l’impatience sur les territoires", souligne la secrétaire d’État. Elle pense néanmoins que, contrairement à ce que disent les élus locaux, ils "ne sont pas mal reçus" par l’administration. "Les administrations, localement, territorialement, sont très à l’écoute des édiles et des élus. Tout le monde essaye de faire le maximum". Elle tient toutefois à rappeler que "c’est une logistique colossale" que cette campagne de vaccination, alors que "ce vaccin n’existait même pas il y a trois mois".

 

"Tout le monde est un peu inquiet, quand on nous annonce un ralentissement de production"

La France est toujours en retard par rapport aux autres pays. "On sait que ça a démarré un peu plus vite", concède Sophie Cluzel, mais "on est en train de rattraper notre retard". Elle appelle à travailler "ensemble". "Il y a une coopération territoriale. Maintenant, que ça n’aille pas assez vite, on l’entend bien."

Le laboratoire Pfizer a annoncé, vendredi 15 janvier 2021, qu’un retard de livraison de doses sera à prendre en compte du fait de travaux sur les chaînes de production visant à augmenter la cadence de production du vaccin. "Tout le monde est un peu inquiet, quand on nous annonce un ralentissement de production." Elle reste toutefois confiante : "ça va arriver, ça arrive petit à petit". "J’entends bien que c’est long pour prendre un rendez-vous, mais on vient juste d’ouvrir aujourd’hui, lundi 18, les vaccinations pour les plus de 75 ans", explique la secrétaire d’État qui appelle à la patience. "Et encore une fois, je trouve salutaire qu'il y ait une vraie volonté d'aller vers le vaccin" insiste-t-elle.

 

Poly-handicap : "Si elles sont touchées par le Covid, certaines personnes peuvent développer une forme grave"

Les personnes handicapées font partie des personnes pour lesquelles la vaccination a été ouverte, car jugées à risque. La secrétaire d’État en charge des personnes handicapées assure avoir demandé que "les personnes handicapées dans les foyers d’accueil médicalisés et dans les foyers d’accueil spécialisés soient dans la première vague de vaccination". Elle explique que "c’est très important" car "ce sont des personnes qui présentent des fragilités". Certaines, qui sont malheureusement atteintes de poly-handicap, "si elles sont touchées par le Covid, elles peuvent développer une forme grave".

Concernant les victimes au sein de cette population fragile, Sophie Cluzel explique que "sur le premier confinement, elles ont été très protégées", ce qui n’a pas causé de surmortalité majeure. "Sur le deuxième confinement, où il y a eu plus de circulation, où on a repris les visites, forcément il y en a eu un peu plus. Et c’est ce que nous voulons éviter et c'est pour ça que nous avons voulu les incorporer dans la première vague de vaccination".

Les personnes handicapées qui sont concernées par cette première vague de vaccination sont "à peu près 60.000 dans les établissements médicaux-sociaux", précise Sophie Cluzel. Puis, "selon les pathologies, nous avons 30.000 personnes, 40.000 personnes", explique la secrétaire d’État qui souligne que le nombre n’est pas "très important".

 

Seuls les adultes seront vaccinés, "parce que les enfants ne présentent pas, justement, ce risque accru"

Les personnes fragiles ont parfois pu retourner en entreprise, mais "ça dépend", explique la secrétaire d’État, car certaines "avaient la possibilité d’être en télétravail si elles le souhaitaient". La décision de retourner, ou non, au travail était, comme partout, prise en fonction du risque et de la "vulnérabilité au Covid".

Toujours concernant l’ouverture de la vaccination, Sophie Cluzel tient à préciser que les mineurs handicapés ne sont pas concernés : "c’est que les adultes". "Parce que les enfants ne présentent pas, justement, ce risque accru."

Sophie Cluzel rappelle également qu’il y a deux numéros verts pour accompagner ces personnes : le numéro de vaccination, bien évidemment, mais également "le numéro que l’on a créé lors du confinement, le 0 800 360 360, pour toutes les questions sur les besoins de répit, les besoins d’accompagnement pour l’accès aux soins". "C’est territorial, c’est une réponse très locale, et c’est que que l’on a voulu faire pour accompagner les personnes."

 

"Les femmes handicapées subissent beaucoup plus des violences conjugales"

Sur les réseaux sociaux, depuis plusieurs semaines, une demande majeure pour que soit réformé le versement de l’Allocation adulte handicapé (AAH) est fortement relayée. Certains allocataires, en couple, en sont exclus à cause de leur situation familiale. "On en est toujours au même point, c’est-à-dire qu’aujourd’hui en France, la solidarité nationale est couplée avec la solidarité familiale et conjugale."

Sophie Cluzel souligne que c’est ainsi que sont données "les allocations aux Français, comme le RSA, comme l’Allocation adulte handicapé". "J’entends les demandes de plus d’individualisation, moi je travaille très très rapidement, là, pour qu’il y ait une individualisation, par exemple, pour que ça ne freine pas les femmes handicapées qui subissent des violences conjugales, pour qu'elles puissent sortir de leur foyer et toucher immédiatement leur allocation de façon complète, pour éviter la double peine handicap et violence conjugale. C'est un vrai problème reconnaît-elle ; les femmes handicapées subissent beaucoup plus des violences conjugales."

 

Covid-19 : "Le variant est identifié en France dans certains points, mais il est pour l'instant contrôlé"

Face au variant du virus, certains pays se calfeutrent et la France semble hésitante. "On est dans l'adhésion de la population à toutes les mesures que l'on prend, estime Sophie Cluzel. On a mis en place un confinement très strict pour les DOM-TOM car ça reflambe à nouveau. Il faut aller pas à pas : ce variant est identifié en France dans certains points, mais il est pour l'instant contrôlé, assure-t-elle. Il y a un contrôle dans les aéroports très net" selon elle.

Sur le passeport vaccinal, "il faut d'abord aujourd'hui qu'on puisse généraliser la vaccination. On verra plus tard l'histoire du passeport, les derniers sondages montrent que les Français n'y sont pas hostiles, rappelle-t-elle. Mais ce n'est vraiment pas le sujet d'aujourd'hui !"

 

L'examen en commission du projet de loi contre le séparatisme démarre à l'Assemblée. L'amendement d'Aurore Bergé qui visait à interdire le port du voile aux petites filles a été jugé irrecevable par la commission spéciale. Sophie Cluzel ne le regrette pas : "il nous faut apaiser les Français, estime-t-elle. J'entends les arguments d'Aurore Bergé mais je pense qu'aujourd'hui ce n'est pas ce que les Français attendent, ils veulent un signal fort du gouvernement de pouvoir apaiser les relations et c'est ce que présente ce projet. Ce n'était pas utile de le mettre en dur dans un projet aujourd'hui".


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