"Si tout le monde se met à la rue, j’y vais !" : la classe moyenne déçue par Macron

Manifestation contre la réforme du Code du travail à Bordeaux (©GEORGES GOBET - AFP)

Reportage Sud Radio. Après un an au pouvoir, Emmanuel Macron n’est aujourd’hui pas très populaire au sein des classes moyennes, inquiètes de voir leur pouvoir d’achat reculer.

C’est l’heure des premiers bilans pour Emmanuel Macron, après un an au pouvoir et déjà plusieurs réformes achevées ou encore dans les tuyaux. Or, la volonté du président de la République de rebooster le pouvoir d’achat des Français se heurte aujourd’hui à la réalité pour de très nombreux ménages des classes moyennes, pour qui le compte n’y est pas du tout. Ces derniers ne comprennent pas notamment la volonté gouvernementale d’augmenter la taxe foncière pour compenser la suppression de la taxe d’habitation.

"Un jour, on n’arrivera plus à payer. Ceux qui sortiront les cuisses propres, ce seront ceux qui auront vendu les premiers. Si ma taxe foncière augmente à tel point que je ne puisse plus vivre, eh bien on verra bien... À l’impossible, nul n’est tenu !", indique Georges au micro de Sud Radio. Même son de cloche du côté de Manuela, dont l’agacement est palpable. "Si demain tout le monde se met à la rue, j’y vais aussi ! Mon porte-monnaie est usé, de toutes façons on a l’habitude en France d’être des vaches à lait ! Macron a été élu pour les riches, pas pour les gens normaux", lance-t-elle.

"Forcément, il y a moins de restos et on s’habille un peu moins"

Pour Christian, gérant d’une boutique de décoration, la première année du quinquennat d’Emmanuel Macron est clairement synonyme de perte de pouvoir d’achat. "La baisse de ma rente d’invalidité, puisqu’avec la hausse de la CSG, c’est une amputation d’à peu près 30 euros par moi ! Forcément, il y a un peu moins de petits restos et on s’habille un peu moins", déclare-t-il. Pourtant, selon Pierre Madec, économiste à l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques), les classes moyennes vont bel et bien gagner en pouvoir d’achat d’ici un an... sauf les retraités. "Certaines mesures vont rentrer en vigueur un peu plus tard dans l’année. On devrait enregistrer des gains de pouvoir d’achat à la fin de l’année 2018 et en 2019. Il est certain que l’arbitrage qui a été fait sur le calendrier n’est pas en faveur du pouvoir d’achat à très court terme. On a plutôt mis le paquet en début d’année sur la réforme de la fiscalité du capital. Les ménages les plus riches devraient donc enregistrer très rapidement des gains de pouvoir d’achat très importants, pour les autres il faudra attendre un petit peu. Ça devrait venir d’ici la fin de l’année, sauf pour les retraités qui, eux, continueront à payer la CSG sans compensation", rappelle-t-il.

Selon lui, voir les classes moyennes mises à contribution n’est pas étonnant. "Par définition, les classes moyennes représentent la majorité des Français. Quand on veut mobiliser massivement de l’argent sans trop faire peser au niveau individuel, on "s’attaque" aux classes majoritaires. Après, ceux qui ne profitent pas de la suppression de la taxe d’habitation et les retraités vont plutôt payer la réforme de la fiscalité du capital qui a été décidée (fin de l’ISF et mise en place du prélèvement forfaitaire unique)", ajoute-t-il.

Un reportage de Quentin Vaslin

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