Sébastien Chenu : "le Président dévisse, déboulonne" le modèle social français

Sébastien Chenu, député du Nord et porte-parole du Rassemblement national, était l'invité politique du grand matin Sud Radio le 9 septembre.

Sébastien Chenu, député du Nord et porte-parole du Rassemblement national, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 9 septembre à 7h40.

Marine Le Pen a été aperçue dimanche 8 septembre à Hénin-Beaumont. La rentrée du bureau politique a lieu ce lundi 9 septembre. Pourquoi ce long silence pendant l'été de la présidente du Rassemblement national ? "Marine Le Pen a une tradition, elle fait toujours son retour politique en réservant la primeur à ses électeurs d'Hénin-Beaumont, explique Sébastien Chenu, député du Nord et porte-parole du Rassemblement national. Elle est là pour proposer une alternative politique aux Français, et non être dans le commentaire estival permanent. Il est nécessaire d'avoir une hauteur de vue, avoir un certain détachement pour proposer un chemin alternatif. C'est aussi ça le rôle d'un leader politique".

 

Sébastien Chenu : "Nous avons dans notre pays un problème migratoire, ne pas le voir serait coupable"

Marine Le Pen a affirmé que "la France n'est pas un asile psychiatrique". Est-ce un retour aux fondamentaux, sécurité, immigration, discours anti-Macron ? "Ce ne sont pas les fondements du Rassemblement national, ce sont les problématiques françaises fondamentales. Nous avons dans notre pays un problème migratoire, ne pas le voir serait coupable".

"On refuse de lier immigration et sécurité".

Certains refusent de s'insérer dans notre pays, qui contestent nos valeurs et font la guerre à nos enfants. On nous dit que ce sont des déséquilibrés, mais ce sont surtout des gens qui n'ont rien à faire dans notre pays".

"Le Président appelle réforme ce qui est de la déconstruction"

Quand on regarde les enquêtes d'opinion, c'est plutôt le pouvoir d'achat et l'environnement qui préoccupent les Français. "En parlant du pouvoir d'achat, Marine Le Pen a condamné la 'déconstruction systématique' de l'édifice social construit par les Français depuis le Conseil national de la Résistance. Le président de la République dévisse, déboulonne, attaque systématiquement tout ce que les Français ont construit depuis des années. Le Président appelle réforme ce qui est de la déconstruction, un changement de modèle. On se réveillera à la fin de son quinquennat en se disant que notre modèle social ne ressemble plus à celui qu'on a connu, qu'il sera moins protecteur, que les Français seront plus exposés.

Il y a 0,6% de Français de plus qui sont au RSA depuis le premier trimestre de cette année. C'est le signe de la précarisation où tout est interchangeable, où tout s'achète, où tout se jette et où on demande à tout le monde d'être en permanence flexible.

Le fossé se creuse entre les métropoles gavées d'argent public où l'on a accès à tout (transports, culture), et puis vous faites 40 kilomètres, avec des villes où on demande aux Français de se serrer la ceinture : disparition des services publics, immigration, communautarisme, insécurité. Et eux, doivent toujours faire des efforts".

"Madame Buzyn a un vrai mépris pour le petit peuple des hôpitaux"

Quelle est la priorité du Rassemblement national dans le conflit des urgences ? "C'est une crise historique. Madame Buzyn a un vrai mépris pour le petit peuple des hôpitaux. Les aide-soignants, urgentistes, brancardiers, les ambulanciers qui voient leur boulot dérégulé, les infirmiers libéraux qui n'ont pas eu de révision de leur nomenclature... Mais les professeurs d'Université trouvent en Madame Buzyn une interlocutrice de choix.

On n'échappera pas à la réorganisation de l'hôpital. Re-médicaliser les directions d'hôpitaux. Moins de pouvoir aux autorités régionales de santé, plus de pouvoir aux directeurs d'hôpitaux, qui doivent être issus davantage du monde médical. Moratoire sur les fermetures de lit. Recrutement, formation, meilleure rémunération. Pour financer tout ça, il y a des leviers : la vente du médicaments à l'unité, la fraude sociale, la fin de l'aide médicale d'État..."

"Une fois qu'on aura fait la PMA pour les couples de femmes, les couples de garçons voudront la GPA"

C'est le début de l'examen de la loi bioéthique à l'Assemblée nationale : quelle sera la position du Rassemblement national ? "Aujourd'hui, nous ne sommes pas en capacité de pouvoir voter pour. J'entends le désir pour certains d'avoir des enfants, mais c'est un changement du droit. Une fois qu'on aura fait la PMA pour les couples de femmes, les couples de garçons voudront la GPA. On arrive vers un autre modèle de société. Je trouve que c'est un débat hypocrite, le gouvernement divise les Français. La PMA et la GPA existent déjà en France, certains vont à l'étranger puis reviennent et on ne les pourchasse pas. Tout cela est hypocrite. Ce débat n'était pas opportun, il y a d'autres urgences".

Municipales : "il y a une attente des Français d'une autre gestion dans les villes"

Le Rassemblement national prépare les municipales. "Je serai acteur de l'élection municipale, à quel niveau et dans quelle ville de ma circonscription, je n'ai pas tranché. Il y a une attente des Français d'une autre gestion dans les villes. Tous les partis ont pour objectif de conquérir des villes, si j'en crois le bordel du week-end à la République en Marche. On n'a pas d'objectif chiffré. Carpentras fait partie des villes qui pourraient basculer [au RN]".

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