Sarah El Haïry : "Est-ce que M. Jadot est le tremplin de Mme Hidalgo ?"

Sarah El Haïry était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 20 septembre 2021.

Sarah El Haïry, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 20 septembre 2021 à 8h15.

Sarah El Haïry : "Il y a eu un petit peu moins de 3.000 classes qui ont fermé" en France à cause de la Covid-19

L’amélioration de la situation sanitaire en France commence à poser la question d’un allègement du protocole sanitaire dans les établissements scolaires, notamment la fermeture des classes chez les plus petits. "Je pense qu’il faut tenir le cap, notre objectif a toujours été le même : garder des classes ouvertes", explique Sarah El Haïry. Le protocole actuel "marche" selon la secrétaire d’État : "le résultat est plutôt bon". "On a un peu moins de 16 structures dans le pays qui sont fermées", précise-t-elle. "Un petit peu moins de 3.000 classes qui ont fermé sur plus de 526.000 classes", au total. En termes d’établissements, il n’y a en France que "15 écoles", "un collège" et aucun lycée de fermés.

L’idée de ne plus fermer les classes mais de simplement isoler les enfants positifs a été émise par le Conseil scientifique. Mais pour Sarah El Haïry, il n’est pas encore question de changer le protocole qui est au niveau 2 sur les quatre prévus. "Ça tient, c’est la rentrée… allez ! L’objectif, c’est que les enfants continuent à avoir cours" et ce "même quand la classe est fermée" puisque l’enseignement passe alors en distanciel. "On tient bon et on protège."

Yannick Jadot et Sandrine Rousseau "ont des positions absolument opposées"

Dimanche 19 septembre 2021 s’est tenu le premier tour de la primaire écologiste qui a vu la qualification de Yannick Jadot et Sandrine Rousseau pour le second tour. "Les deux ont des positions absolument opposées l’un à l’autre, mais ce qui est certain, c’est qu’ils ont le même dogmatisme", analyse la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement. Elle rappelle que le parti EELV a eu, historiquement, des primaires très particulières. "Ce que je veux savoir, ce n’est pas qui va gagner cette primaire : c’est qui va se présenter réellement à l’élection présidentielle pour les Verts."

Les deux candidats à la primaire EELV ont "une vision absolument opposée de la société, de l’économie, d’absolument tout", répète Sarah El Haïry qui juge que cela "pose un besoin de clarification quand même". "Est-ce que M. Jadot est le tremplin de Mme Hidalgo ? Est-ce que Mme Rousseau, est-ce que c’est pas finalement le stimulateur, est-ce qu’elle ne va pas se rallier à M. Mélenchon ?" "C’est quoi la réalité de leurs positions ?", demande la secrétaire d’État. "Je les invite à clarifier parce que ça fait aussi partie de la défiance et des petits arrangements qui détachent les gens de la politique."

 

Sarah El Haïry : "l’universalisme français, ce n’est pas un slogan, ce n’est pas un mot qui est vieux ou qui ne fonctionne pas"

Sandrine Rousseau a déclaré que la société "prend, utilise et jette le corps des femmes" précaires ou encore racisées. "Les propos de Mme Rousseau s’ancrent dans une pensée beaucoup plus profonde, ça s’appelle la woke", juge Sarah El Haïry qui décrit le mouvement woke comme aller chercher "la différence, la blessure pour aller opposer les gens et les mettre en exergue". Une vision qui est opposée à la sienne, explique-t-elle, et même "l’opposé de l’Histoire de France".

"Moi, ce que je crois, ce que je vois, c’est qu’on n’est jamais plus fort que quand on va chercher ce qu’on a en commun". Elle souligne que "l’universalisme français, ce n’est pas un slogan, ce n’est pas un mot qui est vieux ou qui ne fonctionne pas". Selon la secrétaire d’État, "ce mouvement victimaire, il fragilise, il enlève de l’énergie, de l’essence-même de rêve, de capacité à construire à tous ces jeunes qui ont envie d’y croire".

Éric Zemmour a "tous les attributs" du candidat présidentiel

Les discours radicaux, comme celui de Sandrine Rousseau ou d’Éric Zemmour, canalisent les opinions. "Éric Zemmour, ce qui est certain, c’est qu’il a gagné la bataille de l’attention", juge Sarah El Haïry, car "il n’y a pas une matinale" dans laquelle le polémiste n’est pas mentionné. Et ce "alors qu’Éric Zemmour n’est toujours pas candidat à l’élection présidentielle" tout en ayant "tous les attributs" avec une "association de financement", des colleurs d’affiches ou encore des meetings déguisés en dédicaces de livre.

Son temps de parole est désormais décompté par le CSA, à cause, justement, de tous ces attributs. "S’il ne voulait plus être décompté par le CSA, il suffit d’une chose : qu’il clarifie lui-même sa situation, qu’il dise s’il est candidat ou pas."
Ainsi, la secrétaire d’État à la Jeunesse semble appeler Éric Zemmour à clarifier sa position : "moi, j’aime les gens clairs, transparents, qui assument leurs idées, qui assument leur envie". "Moi, ce que je vois, c’est franchement Éric Zemmour c’est une parole, une polémique."


Un débat a été annoncé ce week-end entre Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, jeudi 23 septembre sur BFMTV. "J'adore ce débat", réagit Sarah El Haïry qui attend un échange "idées contre idées". Rappelant qu'un président de la République est quelqu'un qui "défend la France, sa souveraineté, qui va rassembler les Français, accompagner son économie, qui donne du rêve à ses enfants", la secrétaire d'État déplore qu'Éric Zemmour ne parle "que du prénom des Français". "On aura peut-être les tripes qui ressortiront", espère-t-elle.

 

Sarah El Haïry : "Il faut leur dire que chacun a sa place"

La secrétaire d'État chargée de la Jeunesse souhaite "aider" les jeunes en difficulté d'intégration. "Il faut leur dire que chacun a sa place", insiste-t-elle, "par l'école, la formation, l'engagement, la fierté de porter un uniforme, le travail". À l'approche des élections présidentielles, Sarah El Haïry déplore que la jeunesse qui se mobilise pourtant sur des sujets politiques, "ne croient plus au vote", au vu de l'abstention aux dernières régionales. "Notre job, c'est de réconcilier, remettre de la confiance", appelle-t-elle, notamment en "modernisant la démocratie".

Alors que Xavier Bertrand a alerté sur le risque de "guerre civile", Sarah El Haïry déplore que "chaque dimanche, c'est une petite punchline" de la part du candidat ex-LR. "Quand on voit ça, c'est le roi des publicitaires", souligne la secrétaire d'État pour qui, "la sécurité est beaucoup trop importante pour la prendre par le petit bout de la lorgnette". Elle rappelle le bilan d'Emmanuel Macron et des 10.000 forces de l'ordre recrutées, "alors qu'il y avait 12.000 suppressions de postes à l'époque de monsieur Bertrand", le renforcement des moyens et de la formation, même si tout cela "ne suffira pas". "On ne peut pas mettre sur le dos des forces de l'ordre tous les sujets de sécurité", estime Sarah El Haïry.

 

"Ce qui nous lie entre LREM et le Modem, c'est une majorité de pensée"

Originaire du Modem et proche de François Bayrou, Sarah El Haïry appelle à la création d'une "maison commune" entre son parti et celui de la République en marche. "C'est la construction d'un courant du centre dans notre pays", explique-t-elle. "Ce qui nous lie entre LREM et le Modem, c'est une majorité de pensée", malgré des histoires différentes. "Poser ce grand parti central, c'est permettre aux prochaines générations d'être héritières de cette pensée centriste" que la secrétaire d'État définit comme "chercher le plus juste, s'occuper des hommes et des femmes, ne pas chercher la petite polémique à deux sous, être Européen, chercher ce qui rassemble le pays".

 

 

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