Sacha Houlié : l’interdiction des listes communautaires, "une erreur par rapport à ce que protège la constitution"

Sacha Houlié, député LREM de la Vienne, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 22 Octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Sacha Houlié interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 22 octobre à 7h40.

Invité du "petit déjeuner politique", le député LREM de la Vienne réagissait notamment à la proposition de loi du patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui souhaite interdire les listes communautaires aux élections.

 

Une interdiction contraire à la liberté d'expression

Faut-il interdire les listes communautaristes pour les élections municipales, interroge Patrick Roger. "La meilleure façon de s'assurer qu'il n'y ait pas de liste anti-républicaine - au delà de communautariste -, c'est de faire battre ces gens-là, estime Sacha Houlié. Si, avant même de jouer l'élection municipale ou locale sur ces sujets, nous ne sommes pas capables de nous dire que l'on peut les battre dans les urnes, on se tire une balle dans le pied." Le député LREM de la Vienne est-il pour autant favorable à ce que ces listes se présentent ? "J’y suis favorable pour des questions de liberté d'expression, car elles sont protégées constitutionnellement. Tous ceux qui vont venir vous dire que ces listes peuvent être interdites, c'est une erreur par rapport à ce que protège la constitution:  la liberté d'expression."

"En revanche, précise le député, ce à quoi s'est engagé le ministre de la Cohésion des territoires, ce qu'a confirmé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, c'est que ces listes seront examinées par les préfets et les autorités. Tout débordement sera strictement sanctionné. Il y aura un contrôle de légalité des préfets, des procureurs qui seront saisis en cas d'incitation à la haine, de trouble à l'ordre public. Tout sera étudié, sanctionné, et aucun territoire de la République ne sera ouvert à une incitation à la haine ou à une communautarisation."

Le message du grand débat et des gilets jaunes entendu

Comment répondre par ailleurs à la colère des agriculteurs ? "Il y a une évolution progressive du métier, comme le montre le film d’Édouard Berjon, malheureusement fidèle à la situation vécue par les agriculteurs."  Alors qu'ils sont stigmatisés par le discours les traitant de pollueurs et de bourreaux, que leur répondre ? "Nous avons essayé de répondre en leur proposant des débouchés, des revenus. En disant que les normes sont aussi exportées à nos concurrents, comme au Canada. Pour les exigences environnementales, comme le glyphosate, on s'est donné du temps, on a fixé un calendrier et demandé aux chercheurs une solution alternative sans que ce soit une contrainte." Quid des distances d'épandage ? "Face aux arrêtés un peu démagogiques de certains édiles locaux, si le produit est dangereux, il faut l’interdire, regarder comment cela a été utilisé, quand on a traité des sols pendant des années."

La loi Engagement et proximité, que va-t-elle changer ? "Cela vient du grand débat. Il y a plein de choses à revoir, tel le fonctionnement entre le maire et l’intercommunalité. Quelle intercommunalité veut-on, mutualisée oui un agrégat de communes ? Il faut que le maire ait des pouvoirs, quand il prend un arrêté, qu’il puisse l’exécuter , sans qu’il y ait forcément des abus. Le Préfet contrôle, et peut toujours saisir le Tribunal Administratif s'il juge que le maire est allé trop loin. Ensuite, il faut simplifier les procédures dans la mise en commun de compétences et de services . Dernière chose : comment faciliter l’engagement, avec les frais de garde, les indemnités, la formation des élus, ou encore la protection fonctionnelle, quand vous êtes un élu contesté ou menacé."  Emmanuel Macron serait-il devenu le président des petits maires ? "En tout cas, le message a été 100% reçu depuis le grand débat et les gilets jaunes."

 

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