Au micro de Sud Radio, le maire (RBM) de Béziers Robert Ménard a analysé ce mardi l’échec du Front national au second tour de la présidentielle. L’élu biterrois appelle à de profonds changements au FN.

Si le Front national a réalisé dimanche dernier son record absolu lors d’une élection présidentielle, que ce soit en pourcentage ou en nombre de voix absolu, cette élection laisse un goût d’inachevé dans la bouche des militants frontistes, qui ont vu la victoire leur passer sous le nez. Interrogé sur les raisons de cette défaite lors du Grand Matin Sud Radio ce mardi, Robert Ménard, maire de Béziers soutenu par le FN, a tout d’abord pointé la faillite de Marine Le Pen lors du débat d’entre-deux tours, "un très mauvais débat, on en est sortis tous un peu sonnés, on ne s’attendait pas à cette agressivité, c’était une mauvaise stratégie".

"Emmanuel Macron a donné un coup de vieux à tous les partis"

Il a ensuite expliqué plus en profondeur les limites actuelles du parti de Marine Le Pen. "Le Front national n’a pas compris que d’une certaine façon, Emmanuel Macron a donné un coup de vieux à tous les partis. Le FN a cru qu’il pouvait faire l’économie de ça parce que dans un premier temps c’est la droite et la gauche classiques qui étaient hors-jeu. Il faut donc imaginer d’autres façons de faire de la politique, ce que l’on fait à Béziers. À Béziers, dans la majorité municipale il y a des élus LR, des élus FN et tout un tas d’élus comme moi qui ne sont dans aucun parti. (…) On est dans une ville qui a réussi cette union de la droite. C’est ce que j’essaie d’expliquer aux gens de droite et du Front national : ici, on arrive à gouverner ensemble, on est d’accord sur 90% des dossiers, essayons de faire la même chose au niveau national ! Je l’explique à Marine Le Pen depuis des mois, peut-être est-ce plus audible aujourd’hui que ces derniers temps…", a-t-il détaillé.

"Il faut arrêter avec ces critiques sans arrêt de l’Union européenne"

Et le maire de Béziers de poursuivre. "Il y a eu deux erreurs colossales de la part du Front national. Il faut savoir tisser des alliances, pas simplement avec Nicolas Dupont-Aignan que je salue et qui a été courageux, ce que ne fait pas le Front national. Et d’autre part, il faut arrêter de dire des bêtises sur l’euro. Il ne faut pas sortir de l’euro, cela fait deux ans que je l’explique aux dirigeants du FN. Ce n’est pas seulement anxiogène, c’est une énorme bêtise. Il faut aussi arrêter avec ces critiques sans arrêt de l’Union européenne. L’Union européenne est un peu kafkaïenne, c’est sûr, mais elle sert aujourd’hui de bouc-émissaire. Quand vous entendez les responsables du Front national, dès qu’il y a un problème cela vient de Bruxelles. Ce n’est pas vrai ! S’il y a des problèmes pour nos gosses à l’école, si la famille est mal défendue, s’il y a des questions d’immigration, si l’autorité ne fonctionne pas, honnêtement cela n’a rien à voir avec Bruxelles. La France est assez grande toute seule pour faire des bêtises", s’est-il insurgé.


Retrouvez ici l’intégralité de l’interview de Robert Ménard lors du Grand Matin Sud Radio

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