Reportage à Toulouse - Victoire surprise pour Moudenc, revers amer pour Archipel Citoyen

La quatrième ville de France allait se jouer dans un mouchoir de poche, c'était écrit. Si les derniers sondages donnaient Antoine Maurice gagnant, l'écart rétrécissait, à tel point qu'une forte participation pouvait laisser de l'espoir au maire sortant. Cet élan dans les urnes n'a pas eu lieu mais le résultat est là : Jean-Luc Moudenc est réélu maire de Toulouse avec 51,98 % des voix. De quoi faire pester son adversaire qui lui reproche une "campagne de dénigrement".

Le maire LR de Toulouse a su inverser la vapeur, après avoir été dominé d'un petit point dans notre dernier sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio. (Photo de Lionel BONAVENTURE / AFP)
Un reportage de notre journaliste à Toulouse, Christine Bouillot.
Comme tous les sondages le donnaient perdant, Jean-Luc Moudenc ne pouvait que savourer sa réussite, hier soir.
"Je n'ai pas douté car je me suis mis dans la tête dès le début que le match serait serré. Cela fait un an que j'ai réuni mes amis et que je leur ai dit de ne pas se fier aux sondages, que ça allait être serré, et que nous aurions Archipel Citoyen en face. Ces trois points d'analyse, il n'y a pas grand-monde qui les partageait et je me suis trouvé ces dernières semaines, exactement dans la situation  que j'avais prévue, un an auparavant. Toulouse est une ville de passions mais pas d'extrêmes."

Une défaite en travers de la gorge pour Antoine Maurice

Pour conserver le Capitole, le maire étiqueté Républicains a su remboliser son électorat, ce qu'étrangement n'a pas su faire le candidat écologiste, Antoine Maurice, et sa liste "Archipel Citoyen".
Comment l'explique le principal intéressé, Antoine Maurice, donné pourtant vainqueur avec 50,5 % dans notre dernier sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio ? "Une démobilisation d'une part de l'électorat qui a peut-être pensé que c'était joué, peut-être aussi la réussite de la campagne de dénigrement de Jean-Luc Moudenc et de ses équipes qui a pu partiellement réussir".
Déception également chez ces citoyens comme Julien, restaurateur, engagé pour la première fois dans cette campagne de la Ville rose.
"C'est la grande déception parce qu'au final, on va se retrouver à être les seuls à ne pas avoir la vague verte. On avait construit un beau mouvement, c'est dur".
Toulouse, une des seules grandes villes à ne pas avoir élu de maire écologiste ? C'est notamment vrai lorsqu'on observe les victoires des Verts à Lyon, Marseille, indirectement Paris, Grenoble, Strasbourg, Bordeaux, et bien d'autres encore. En attendant, les Toulousains ont choisi d'offrir au maire sortant, un troisième mandat.