Renaud Muselier : Thierry Mariani est "le faux-nez de Madame Le Pen, le Cheval de Troie"

Renaud Muselier, président LR de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur et candidat à sa réélection aux Régionales, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 11 juin 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Renaud Muselier, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 11 juin 2021 à 7h40.

Renaud Muselier - Gifle à Emmanuel Macron : "On vit dans une société qui ne respecte plus l'autorité"

Damien Tarel, qui a giflé Emmanuel Macron, a écopé de 18 mois de prison dont 4 fermes avec mandat de dépôt. "C’est bien le minimum", juge Bruno Muselier qui avance que dans la société aujourd’hui "on ne respecte plus aucune autorité". "Cette démarche anti-autorité doit être fermement condamnée", estime-t-il tout en rappelant que le président de la République "ne doit pas être touché, jamais". "Je pense que c’est une sanction qui est à la hauteur des faits."


La rapidité du jugement pourrait laisser penser à une justice à deux vitesses, alors que des affaires durent plusieurs années malgré l’identification des auteurs et leur arrestation. "D’un côté, il y a la lourdeur de la peine", souligne le président sortant de la Région Sud-PACA. "Et après il y a la lenteur de la justice".

"La justice, plus elle est rapide, efficace et juste et équilibrée, plus nous sommes respectés et la République est respectée. Donc, une justice qui traîne est une justice qui laisse la main aux délinquants, puisqu'ils ont l'impression de n'être jamais pénalisés." De plus, il y a un sentiment d’abandon des victimes dont les affaires traînent car "la justice est trop lente" : "la peine doit être ferme, et la justice doit être rapide".

 

"Thierry Mariani est le faux-nez de Madame Le Pen, le Cheval de Troie"

Selon certains observateurs, il y a une augmentation de la violence, notamment liée aux anti-systèmes de tous bords, l’agresseur d’Emmanuel Macron ayant confirmé être d’extrême-droite. "Dans cette affaire, l’ensemble de la classe politique a condamné la personne qui a giflé", rappelle Renaud Muselier. "Madame Le Pen en premier", souligne-t-il alors que la personne en question est proche de son bord politique : "elle a senti le piège et elle a immédiatement condamné cette situation".

Une "situation paradoxale", analyse Renaud Muselier qui rappelle que son adversaire RN aux élections régionales Sud-PACA est "lui-même membre du bloc identitaire, bloc qui avait participé, je dirais, à l’époque à la tentative d’assassinat de Jacques Chirac". Il parle là de Thierry Mariani dont Renaud Muselier tient à préciser qu’il est "aujourd’hui le faux-nez de Madame Le Pen, le cheval de Troie. Et derrière lui, vous avez son directeur de campagne et son directeur adjoint qui sont deux extrémistes de droite". L’un d’entre eux, selon Renaud Muselier, "à 15 ans, faisait des saluts nazis et appartenait à l’Armée Zyklon".


Derrière Thierry Mariani, il y aurait donc une extrême-droite radicale. "C’est exact", confirme Renaud Muselier qui rappelle que certains membres du cabinet de son rival ont été condamnés "et incarcérés même" pour "violences en réunion" ou encore "injures racistes" et "détention d’armes".

 

"Il n'y a pas eu d'accord d'appareil avec LREM"

La campagne tourne beaucoup autour de la sécurité, alors qu'il n'y a pas de compétence particulière de la région à ce niveau-là. Renaud Muselier propose de créer avec le ministère de la Défense un centre républicain d'éloignement et d'éducation. "Il y a trois volets dans l'aide à l'application des peines, explique-t-il : il manque des places de prison, je demande donc un contrat d'avenant État-région pour construire 1.500 places de prison, il manque des places de TIG (travaux d'intérêt général), j'en propose 500 à la Justice, il y aussi un problème entre l'absence de service militaire, de formation et de peines de prison. Le centre républicain d'éloignement et d'enseignement qui fait en sorte que pour le premier récidiviste, 18 mois de formation pour avoir un métier à la fin, en le ramenant dans un internat, en rappelant les règles républicaines et en ayant une formation à la clef".

À J-9 des élections régionales, Renaud Muselier est distancé dans les sondages par Thierry Mariani. "Depuis le début de la campagne, Monsieur Mariani ne parle que de sécurité, souligne Renaud Muselier, alors que ce n'est pas dans le cadre de la compétence des régions. J'essaie depuis le départ de parler de notre région, pendant que lui nous explique qu'il va ramener la sécurité partout et éradiquer l'islamisme !"

Sur l'alliance avec la République En Marche que certains ont déplorée, Renaud Muselier se défend : "Monsieur Castex a annoncé des ministres et des députés sur ma liste et bien entendu, la totalité de la droite à mordu à l'hameçon ! Il n'y a pas eu d'accord d'appareil, assure-t-il, il y a des gens compétents sur ma liste. Pour lui, il y a des erreurs collectives : Jean Castex a annoncé des ministres, ma formation politique a condamné immédiatement et on aurait dû se téléphoner avec Christian Jacob, pour qu'on règle ça à l'amiable, reconnaît-il. C'est peut-être l'énorme erreur du dimanche quand c'est sorti dans le JDD. Le manque de communication entre nous a entraîné un délabrement majeur de nos relations".

Mais pour Renaud Muselier, le match est loin d'être fini !". Sur une alliance avec la gauche au second tour face au Rassemblement National, "il n'y a pas d'accord technique", affirme-t-il.

 

"Monsieur Raoult est un ami personnel, un grand médecin, un grand chercheur"

Renaud Muselier a été très actif sur le Covid. Faut-il enlever définitivement le masque début juillet ?, s'interroge Patrick Roger. "On va l'enlever petit à petit et vous allez voir que les distanciations vont tomber les unes derrière les autres et les masques vont tomber tout de suite... La vie va reprendre, mais j'invite à continuer à vacciner pour arriver au seuil qui nous permettra d'avoir cette défense immunitaire collective".

Par ailleurs, Renaud Muselier explique que "Monsieur Raoult est un ami personnel, un grand médecin, un grand chercheur. Il y a toute une série de polémiques, on a oublié de faire de la médecine dans cette affaire, que ce soit pour lui ou pour les autres ! Il avait raison de proposer ce qu'il a proposé et il est incontestable qu'il a fait avancer une partie de la médecine."

 

 

 

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