Raphaël Glucksmann : "Macron craque des allumettes au-dessus d'un baril de poudre"

Raphael Glucksmann, tête de liste Place Publique / Parti socialiste aux élections européennes, était l’invité politique de Philippe David et Christophe Bordet le 24 Avril sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

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La France devient-elle un état policier ? "Je ne pense pas, estime Raphael Glucksmann. On est encore un état de droit, mais il y a un mais."

Les journalistes ont "le droit de travailler"

Selon le candidat aux élections européennes, "il y a une dérive de plus en plus inquiétante, quand on interdit à un journaliste de faire son travail, quand les Préfets et non des décisions de juges peuvent interdire à des manifestants de manifester. Nous assistons à un mouvement social depuis six mois. Bien sûr, il faut interpeller les casseurs, mais on ne va pas changer notre état de droit pour 200 casseurs ou Black Blocks."

Soutient-il Gaspard Glantz, plutôt marqué à gauche, et condamné à plusieurs reprises ? "Je n’ai pas à partager l’ensemble de ses écrits pour soutenir son droit à travailler. Il a le droit de travailler, il serait de droite et non de gauche, cela ne changerait rien. On est en état de droit." Mais avec des journalistes de l’AFP et de RFI arrêtés, la police va-t-elle trop loin ? Devient-elle le bras armé de la Macronie au pouvoir ? "Je reste nuancé dans mon jugement, confie la tête de liste tête de liste Place Publique / Parti socialiste aux élections européennes. Il y a trop de blessés, de tirs de flashballs dans les yeux. Il y a un problème de relation avec la presse. Ce n’est pas possible, quand on est journaliste, d’avoir peur de se faire arrêter en couvrant une manifestation."

Une France jamais aussi fracturée que sous Macron

Raphael Glucksmann revient également sur la phrase honteuse "suicidez-vous". "C’est un scandale absolu, quand on sait que 29 policiers se sont suicidés depuis le début de l’année." Nombre de Français semblent avoir une dent contre la police. On est loin de l’unanimité de 2015 au lendemain des attentats. La faute à qui ? "À ceux qui donnent des ordres aux policiers. Cela fait six mois d'une crise sociale sans précédent, et quelle est la réponse politique et sociale ? Six mois que la France est sur les dents ! On attend les réponses du président Macron."

Pour lui, "le président a été élu pour réconcilier les Français. Il disait je suis là pour vouloir réconcilier une nation fracturée. Mais elle n'a jamais été aussi fracturée que sous son règne. Il y a un moment où l’on a l'impression d'être gouverné par quelqu'un qui craque des allumettes au dessus d'un baril de poudre. C’est l’inverse de ce qui a été promis au peuple français. Macron met le feu avec ses petites phrases, il met le feu en commençant son quinquennat avec des cadeaux aux plus riches qui n'avaient pas besoin de ça. On est dans un moment d'explosion des inégalités" .

"C'est à contre-temps de travailler plus"

Raphaël Glucksmann a aussi réagi au retour des débats sur le temps de travail: "le "travailler plus", "c'était Sarkozy en 2007 ! On fait croire aux Français qu'ils ne travaillent pas assez mais c'est faux ! L'Allemagne n'est pas un pays bolchévique", or, "on travaille moins en Allemagne. En Hollande, ce n'est pas un pays arriéré, les gens travaillent moins ! "

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