Pierre Dumazeau : "Il y a un énorme essoufflement manifeste de nos institutions"

Pierre Dumazeau est journaliste politique, directeur de la rédaction de la Lettre de l'Expansion
Pierre Dumazeau était l'invité de Cécile de Ménibus sur Sud Radio le 17 octobre 2018.

Pour Pierre Dumazeau, journaliste politique et auteur de La République en panne : On aurait (presque) voulu y croire..., les députés d’En Marche, sont dépourvus d’ancrage territorial, le débat parlementaire n’est plus ce qu’il était, et les institutions sont de moins en moins adaptées au monde dans lequel on vit. Pierre Dumazeau était l’invité de Cécile de Ménibus le 17 octobre 2018 sur Sud Radio dans la matinale, à retrouver du lundi au vendredi à 9h45.

Le monde ancien, l’expérience en moins

"Il y a un énorme essoufflement manifeste de nos institutions. On dit toujours qu’on est dans la Ve République avec la Constitution de 1958, mais elle a été modifiée de nombreuses fois. Est-ce qu’on est vraiment encore dans la Ve telle que la pensait de Gaulle ? Je ne pense pas. On vit dans une Ve hybride, et on voit que nos institutions sont de moins en moins adaptées au monde dans lequel on vit, ni au macronisme", a déclaré Pierre Dumazeau à Cécile de Ménibus.

À la question de Cécile de Ménibus de savoir si la politique était à son avis ce "nouveau monde" que nous laissait miroiter Emmanuel Macron, Pierre Dumazeau a répondu : "Le nouveau monde, je ne sais pas. Certaines méthodes rappellent furieusement le monde ancien, avec l’expérience en moins". Pierre Dumazeau a notamment évoqué la pratique d’écrire à l’avance les questions qui seront posées en commission, afin d’éviter des débats. Selon lui, face à ces situations, certains députés issus de mandatures précédentes éprouvent un sentiment d’amateurisme, d’autres sont consternés, d’autres encore ont des blessures d’égo.

Pierre Dumazeau : "On peut aller vite, mais on ne doit pas oublier le débat parlementaire"

S’agissant de la "boulimie législative" dont parlent certains, Pierre Dumazeau a expliqué : "Cela permet de faire passer des lois rapidement et de dire "On a un Président qui réforme, on a un Président qui avance". Mais qui avance à quel prix ? Peut-être au prix d’une Assemblée nationale qui est très fatiguée. On peut aller vite, mais on ne doit pas oublier le débat parlementaire, le débat républicain. C’est le rôle aussi des députés", a-t-il rappelé.

Au cours de cet entretien avec Cécile de Ménibus, Pierre Dumazeau est également revenu sur la rupture de certains députés avec leur territoire. "On a eu des députés En Marche élus sans ancrage sur le terrain, des gens qui ont fait campagne trois mois avant le premier tour. On se retrouve avec une Assemblée qui a moins d’ancrage local que par le passé. Cela peut provoquer une certaine rupture, et le gouvernement l’a bien compris : la nomination de Jacqueline Goureau en tant que ministre de la Cohésion des territoires est révélatrice de la prise de conscience de l’exécutif au sujet de cette rupture consommée avec les territoires", a-t-il expliqué.

 

Cliquez ici pour écouter le podcast de "Cinq questions pour tout savoir" avec Cécile de Ménibus.

Retrouvez "Cinq questions pour tout savoir" du lundi au vendredi à 9h45 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
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