éditorial

L'édito de Natacha Polony

Natacha Polony ©Anthony Ghnassia

C’est ça qui est extrêmement frappant dans ce moment politique que nous vivons, c’est cette espèce de "vacance" du pouvoir. L’exécutif a un train de retard sur chaque décision, Édouard Philippe hier sur TF1 n’a rien dit ! Il a été désavoué dans la semaine par le président lorsqu’il a annoncé un moratoire qui au final est devenu une annulation juste derrière lui. Pire, on a l’impression que l'Élysée passe son temps annoncer qu’il y aura des morts demain pour tendre le climat, pour créer de la peur et empêcher les gens d’aller manifester.

Cette violence elle est palpable, comme une impression que le peuple se transforme en foule de sans-culottes mais pourquoi ? Il y a d’abord eu ce silence, ce retard à l’allumage, les lieutenants d’Emmanuel Macron qui dénonçait "la peste brune" avec cette idée que le mouvement allait se radicaliser et qu’il perdrait le soutien des Français. Ce pouvoir a jouer le pourrissement et continue à le faire, mais c’est une très mauvaise tactique. Le gouvernement n’a pas compris la demande de démocratie des citoyens, le besoin de reconnaissance. Le mépris du président les a rendus dingues ces Français de classe moyenne qui ne s’étaient jamais engagés, avec cette impression qu’il prenait les gens pour des imbéciles, incapables de savoir ce qui était bon pour eux, incapable de reconnaître le souci noble qu’est l’écologie.

Pour l’instant, il y a une concession puis une autre, chaque fois un peu trop tard donc un peu plus loin. Emmanuel Macron peut aller au bout de cette logique et changer de premier ministre mais ça ne changera rien. Pourquoi ? Car il n’a pas de marge des manœuvre politique, il peut juste faire croire qu’il comprend le gens, refaire un peu de cette vieille politique. Mais cette colère hélas ne s’éteindra pas de sitôt, maintenant il faut espérer que la violence ne gagnera pas.

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