Olivier Faure : "On est dans un moment de cristallisation des colères (...) ce président crée de la tension"

Olivier Faure, le député PS de la 11e circonscription de Seine-et-Marne et premier secrétaire du Parti socialiste, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 14 novembre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Olivier Faure, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 14 novembre à 7h40.

Olivier Faure : "non à ce gouvernement qui continue à laisser dépérir l'hôpital"

Les hôpitaux publics sont en crise : Olivier Faure, le député PS de la 11e circonscription de Seine-et-Marne et premier secrétaire du Parti socialiste, sera dans la rue jeudi 14 novembre, aux côtés des manifestants. "Je serai avec les hospitaliers confirme-t-il au micro de Patrick Roger. Je veux dire avec eux 'non' à ce gouvernement qui continue à laisser dépérir l'hôpital, où les pédiatres expliquent qu'à l'hôpital on ne peut plus soigner correctement les enfants, où les médecins expliquent qu'ils n'ont que quelques secondes pour pouvoir effectuer un diagnostic tellement les queues sont longues aux urgences. Cette situation ne peut plus durer".

 

Olivier Faure propose la reprise des 30 milliards de la dette des hôpitaux. "Les hôpitaux aujourd'hui ne peuvent plus investir, ils sont exsangues. On a une situation impossible, on est tout proche du burn-out général, avec des hospitaliers qui nous disent ne plus pouvoir exercer dans de bonnes conditions. partout c'est le même constat : des gens qui font le plus beau métier du monde, celui de soigner, de sauver la vie, disent tous ne plus être heureux de ce qu'ils font. On pourrait, dans la loi de finances de la Sécurité sociale, retrouver des marges de manoeuvres qui permettent à l'hôpital de respirer. Le gouvernement a une vision purement comptable et très étriquée. Ils font payer les mesures prises après les Gilets Jaunes à l'hôpital, à la Sécurité sociale : ils ne compensent pas les cotisations qui ne sont plus versées. On va se retrouver avec un déficit artificiel, volontaire : ce sont des choix politiques".

 

Colère des étudiants : le gouvernement "a-t-il encore le sens du réel ?"

Une autre colère monte, celle des étudiants, contre la précarité. Le drame de ce jeune étudiant qui s'est immolé "rappelle que dans notre pays, 7ème puissance mondiale, il y a 20% de jeunes qui vivent sous le seuil de pauvreté estime Olivier Faure. Ça devrait nous faire réfléchir. Au même moment, dans la loi de finances rectificative, le gouvernement annule 300 millions de crédit pour l'enseignement supérieur. Le gouvernement a-t-il encore le sens du réel ? Ces 300 millions ne devraient-ils pas être placés pour lutter contre la précarité des jeunes ?

Plus largement, c'est la pauvreté en France qui à nouveau s'accroupit. Depuis 2 ans et demi, on a une politique qui ne produit pas ses fruits. Quand ça ne marche pas, il faut se poser des questions et changer de cap".

 

"On est dans un moment de cristallisation des colères"

Le mouvement des Gilets Jaunes aura un an ce week-end, une manifestation est prévue. Selon un récent sondage Ifop Fiducial pour Sud radio et CNews, 52% des Français soutiennent encore ce mouvement. "Les Gilets Jaunes ont toujours souhaité garder une indépendance totale par rapport aux partis rappelle Olivier Faure et je ne partage pas l'ensemble de leurs revendications. Mais non seulement il y a toujours des gens sur les ronds-points, mais c'est un concert de klaxons de gens qui salue leur présence et continue à exprimer à travers eux une colère qui n'est pas éteinte. Ils disent au fond qu'ils n'ont pas été entendus. On a eu un grand débat qui s'est traduit par un grand monologue, avec des décisions qui ne touchent pas les gens qui manifestaient".

Y aura-t-il une convergence des colères ? interroge Patrick Roger. "On est dans un moment de cristallisation des colères, c'est une situation préoccupante parce qu'on voit bien que deux ans et demi après, là où ce président était censé apaiser, on a un pays qui est en tension comme jamais. Tout le monde manifeste dans tous les endroits. Ce président crée de la tension.

Le 5 décembre aura lieu une manifestation sur les retraites, il faut que tout le monde comprenne ce qu'il se passe : le gouvernement ne joue pas cartes sur table : il propose de discuter, de mettre sur une feuille tout ce qu'on veut et dira ensuite ce qu'il fait réellement, après les municipales. La mobilisation du 5 décembre sert à ce que le président ne se sente pas les mains libres. Je ne peux pas dire à ce jour si je serai dans la rue, ce sera une décision collective, mais nous soutenons le mouvement et comprenons les revendications qui sont portées".

 

Concernant la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), "nous sommes tout près du million de signatures qui déclencherait le référendum explique Olivier Faure, nous pouvons le passer dans les prochaines semaines. Les Français doivent faire l'effort de s'inscrire sur le site, qui est tout sauf ergonomique. Le gouvernement a tout fait pour que ce soit impossible, il faut maintenant tout faire pour rendre ce référendum obligatoire et faire en sorte que nous puissions nous-mêmes choisir l'avenir que nous voulons pour ce service public".


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