Olivier Faure : "Comme sa piscine à Brégançon, la politique de Macron est hors-sol"

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et député de Seine-et-Marne

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et député de Seine-et-Marne, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

L'hypothèse d'une réforme de la pension de réversion est sur la table du gouvernement. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a elle-même confirmé que "tout est sur la table" des discussions. De quoi inquiéter les 4,4 millions de bénéficiaires qui touchent une partie de la pension de retraite du conjoint décédé.

Invité politique du Grand Matin Sud Radio, Olivier Faure a évoqué "une idée scandaleuse".

"Nous sommes entrés dans une forme de République de l'indécence, a poursuivi le premier secrétaire du Parti socialiste et député de Seine-et-Marne. On a un président de la République qui ne cesse de pratiquer les cadeaux les plus importants aux plus fortunés et, au même moment, que ce soit pour les veuves ou pour les locataires avec les APL, on est dans une situation où on leur rabote tout ce qui est possible de raboter. On fait des économies sur les plus pauvres pour pouvoir nourrir les plus riches."

À force de vouloir être disruptif, comme ils disent, on finit surtout par être injuste

Cette "indécence", Olivier Faure la voit aussi dans les décisions du chef de l'État de "changer la vaisselle de l'Élysée" ou, plus récemment, le projet de "faire une piscine au fort de Brégançon". "Une piscine qui sera hors-sol, comme sa politique", a ironisé Olivier Faure.

 

Le premier secrétaire du Parti socialiste dénonce là une politique dénuée de justice : "À force de vouloir être disruptif, comme ils disent, on finit surtout par être injuste (...) On pourrait voir une logique s'il y avait une forme d'équité, mais il n'y a ni logique, ni équité (...) Il faut que tout le monde se réveille et dise que ce n'est pas possible."

Plus que les mouvements sociaux qui ont cours actuellement, c'est surtout par les urnes qu'Olivier Faure appelle à un sursaut : "Il y aura des rendez-vous, notamment électoraux, dès l'année prochaine. Il faut s'en servir pour dire à ce pouvoir que tout n'est pas autorisé, qu'il n'a pas été élu pour détruire le modèle social, mais qu'il a bénéficié de la conjonction de nombreuses forces justement pour éviter que ce modèle social ne soit détruit par Marine Le Pen. Il est aujourd'hui dans un contre-pied total (...) On s'aperçoit que ce qu'il avait vendu est faux. Il n'est au-delà de rien. Il est à droite, il est ce président que la droite n'avait pas vu venir. Il mène une politique libérale, qui n'est pas une politique nouveau monde, mais une politique ancien régime."

François Hollande veut réhabiliter une partie de ce qui a été réalisé pendant cinq ans. Sur ce plan, je peux le suivre.

Dans les urnes, donc, Olivier Faure espère que le Parti socialiste saura s'affirmer comme une opposition crédible et ainsi rebondir après la douloureux échec de la dernière élection présidentielle. Et pour l'échéance des élections européennes, l'an prochain, il veut s'affirmer comme un rassembleur : "La porte est ouverte à toutes celles et ceux qui veulent reconstruire une gauche réaliste et vraiment de gauche. Ça suppose que les deux conditions soient réunies. Maintenant, ceux qui pensent que la fragmentation est la meilleure solution pour revenir au pouvoir continueront de fragmenter..."

 

 

Sur le retour de François Hollande, le chef de file des socialistes assure qu'il "n'empêche personne d'exister". "Il y a une forme de retour de François Hollande, je vous le confirme, a-t-il tout de même concédé. Il cherche à faire entendre ce qu'il n'a pas pu dire pendant la présidentielle, parce qu'il n'était pas candidat. Il y a une volonté de sa part de réhabiliter une partie de ce qui a été réalisé pendant cinq ans. Sur ce plan, je peux le suivre (...) Mais quand on est passé de quasiment toutes les régions à plus que cinq, quand on est passé de l'Assemblée et du Sénat majoritaires à gauche à une place réduite à l'Assemblée nationale et au Sénat, on a des questions à se poser. On ne peut pas être dans le déni. Nous devons tirer les leçons de ce que nous avons réalisé au pouvoir et de cette défaite qui a été plus que sévère."

Écoutez l'interview d'Olivier Faure, invité politique du Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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