Nadia Remadna : "J'ai vu des élus aller négocier des voix avec des intégristes islamistes"

Nadia Remadna, fondatrice de l'association "Brigade des mères", qui lutte contre la montée de l'intégrisme islamique dans les banlieues, était l’invitée d’André Bercoff, mardi 22 octobre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Nadia Remadna invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Nadia Remadna est travailleuse sociale dans les quartiers ZUP-ZEP depuis plusieurs années. Elle est donc en première ligne des problématiques qui touchent les quartiers et a décidé de fonder l'association "Brigade des mères". "Seules les mères peuvent faire face à ce qui se passe dans les quartiers actuellement", précise-t-elle, dénonçant des "politiques qui ont fermé les yeux".

 

De la victimisation électoraliste

"Il n'y a que l'amour d'une mère pour protéger ses enfants", d'après Nadia Remadna. Et il ne faut pas compter sur les politiques, quelle que soit leur tendance, pour régler les problèmes. Alors que la droite a gagné quelques quartiers lors des dernières élections municipales de 2014, Nadia Remadna a remarqué que "c'était la même politique, la même démarche que lorsqu'il s'agissait de la gauche bien-pensante". "Pour garder le pouvoir, ils ont dit exactement ce que disaient les gens de gauche", rapporte-t-elle, se souvenant des discours tenus auprès des jeunes. "Ils leur disent que la France est raciste, qu'ils sont les victimes de la société, qu'il n'y a pas de travail car ils s'appellent Mohammed ou Bachir...", raconte la jeune femme. "Pendant toutes les élections, il y a ce discours, il n'y a pas de discours positif pour la jeunesse", déplore-t-elle.

De la complaisance avec les intégristes islamistes

Un discours qui alimente "l'emprise des islamistes". "Les intégristes islamistes se sont politisés, ils sont rentrés dans la France insoumise, le Parti socialiste ou l'UDI", prévient Nadia Remadna. "J'ai vu des élus aller négocier des voix avec des intégristes islamistes. Les élus leur donnent raison et les embauchent ensuite dans les quartiers", raconte-t-elle. "Ce sont eux qui encadrent nos enfants", lance-t-elle, qui redoute "un discours qui les emmène vers le bas".

Et l'emprise sur les enfants est bien réel. "On a des jeunes qui nous disent, 'ce n'est pas moi qui le dit c'est un tel', en donnant systématiquement sa fonction", relate l'invitée. Elle dénonce un "enfermement dans les traditions, dans la victimisation" et rappelle qu'elle en veut "à ces politiques qui, à cause d'eux, une jeunesse perd ses repères". Nadia Remadna prévient, "on a des habitants entiers qui sont dans ce discours de victimisation et ça n'avance pas, ce n'est que le début".

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