Nadia Hai - Violences dans les quartiers : "la réponse ne peut pas être tout sécuritaire"

Nadia Hai, ministre déléguée chargée de la Ville, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 19 mars 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Nadia Hai interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 19 mars 2021 à 7h40.

Nadia Hai : "Un confinement pragmatique"

Le troisième confinement, annoncé jeudi 18 mars dans seize départements de France, est un peu particulier, notamment du fait de l’autorisation de sortie illimitée dans un rayon de 10 kilomètres autour du domicile. "On parle effectivement d’un confinement, mais avec un confinement qui est pragmatique", explique Nadia Hai, ministre déléguée en charge de la Ville. L’attestation de sortie est obligatoire et "dès lors qu’il y a attestation de sortie, il y a effectivement confinement".

Toutefois, le gouvernement a autorisé "un certain nombre d’activités", notamment en plein air, car le virus se propage plus dans les milieux clos. "C’est toujours cet équilibre à trouver entre le besoin de protéger les Français et celui de permettre aussi une certaine liberté de sortie", assure-t-elle. 

 

 

"On n’autorise pas les attroupements dehors"

Le confinement s’accompagne également de la fermeture de tous les commerces dits non-essentiels, ce qui ne manque pas de créer l’incompréhension chez les petits commerçants et les petites entreprises. "On n’autorise pas les attroupements dehors", souligne la ministre déléguée. Le Premier ministre, selon elle, a dit "qu’on n’allait pas déplacer les attroupements qui avaient lieu à la maison ou dans un centre commercial à l’extérieur". Ce que fait le gouvernement, c’est "de permettre de se dépenser à l’extérieur".

Le gouvernement en appelle aussi à la responsabilité des Français : "aujourd’hui, plus personne ne peut dire ‘je ne sais pas’ ou ‘je ne sais pas ce qu’il faut mettre en place’", estime Nadia Hai. "Le gouvernement, aujourd’hui, ne peut pas dicter les comportements des uns et des autres", ajoute la ministre.

 

 

"Un appel à la responsabilité de chacun"

Le taux d’incidence n’est pas également réparti en Île-de-France, certains départements ou quartiers défavorisés étant plus touchés. Pour la ministre déléguée, c’est logique : "quand vous avez une concentration de population, évidemment que le taux va être plus important". "Les habitants des quartiers sont tout autant responsables que le reste de la population", estime néanmoins Nadia Hai qui souligne que des comportements qui ne respectent pas les gestes barrière sont visibles même "dans le 7e arrondissement de Paris", devant les cafés qui font de la vente à emporter.

"C’est vraiment un appel à la responsabilité de chacun, quel que soit son territoire", lance la ministre déléguée qui concède que la situation est "difficile" mais souligne que "ce n’est pas qu’en France, elle est partout dans le monde". "Je pense très sincèrement que la gestion de la crise, avec les paramètres et les informations dont on dispose, n’est vraiment pas si mauvaise que ça", assure Nadia Hai.

Les trains en partance de l’Île-de-France sont complets, et tous les jours les transports en commun le sont également, sans qu’aucune jauge ne soit fixée. "On appelle à la responsabilité, encore une fois, des uns et des autres, et notamment des chefs d’entreprise", souligne la ministre de la Ville.

 

"Une violence qui est nouvelle"

Dans les quartiers, de nombreux affrontements ont eu lieu depuis le début de l’année, entre bandes rivales ou contre les forces de l’ordre. Nadia Hai a, de son côté, annoncé le recrutement de 600 médiateurs pour tenter de trouver une solution. "Il faut rappeler que nous assistons là à une augmentation des actes, des niveaux de violences en tout cas", concède la ministre déléguée. Des problèmes liés "à différents groupes", mais également à "une violence qui est nouvelle" avec les réseaux sociaux et à une "féminisation, aussi, de ces actes de violence".

"Il y a un véritable phénomène d’isolement des jeunes qui se rabattent sur les réseaux sociaux, sur des jeux vidéo, aussi, de plus en plus violents", déplore Nadia Hai. Cette situation implique que "la réponse ne peut pas être simple" et surtout pas exclusivement "sécuritaire". Toutefois, "nous mettons plus de forces de police sur le terrain", précise la ministre déléguée à la Ville. "Mais il faut aussi avoir cette démarche de prévention de la délinquance juvénile". Il faut "la prévention d’un côté, la sanction de l’autre".

 

 

 

 

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