Mounir Mahjoubi : "Les gens deviennent fous" à Paris

Mounir Majhoubi était l’invité politique de Patrick Roger le 24 juin sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

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Mounir Majhoubi, candidat LREM à l’investiture pour la mairie de Paris, député de Paris, ancien ministre, était l'invité du petit déjeuner politique. Pourquoi est-il candidat pour les municipales 2020 à Paris ? Que reproche-t-il à Anne Hidalgo ? "On n’est pas candidat parce que l’on reproche des choses. Je suis déçu par la façon dont la ville est gérée depuis cinq ans. On aurait pu gérer différemmen. J'habite le 19e arrondissement, je travaille dans le 7e et aujourd’hui, les gens n’en peuvent plus, sont parfois dégoûtés, déçus sur la propreté, la sécurité, la circulation…"

Décider que c’est inacceptable

Quid de la sécurité ? "La ville doit protéger ses habitants, avec la police nationale. Le 18e, le 19e, le 20e ont vu l'insécurité exploser. Dans certains quartiers, les gens se barrent. Dans le 18e, les gens n'en peuvent plus. Il y a certains quartiers où l’on ne peut plus habiter. Quand l’insécurité est structurelle, quand les rues sont sombres, que tous les commerces sont fermés, on rajoute de l'insécurité à l'insécurité. La municipalité peut décider que c’est inacceptable".

Se pose également la question des travaux. "J’étais à Montréal, qui refait son plan de route avec des travaux partout. Mais là-bas, c’est géré de façon efficace. Aujourd’hui, à Paris, le plus gros problème que nous rencontrons est que l’on a des zones de travaux non exploités, avec personne qui travaille. On punit les gens pour rien. Les gens deviennent fous sur la route. Trottinettes, voitures, vélos… Tout le monde s’en veut, il faut ramener de la civilité. Cela dépend des gens, mais aussi de la ville elle-même ». Au-delà de cela, y a-t-il trop de touristes à Paris ? "Jamais il n’y a trop de touristes, mais a-t-on les bonnes infrastructures pour les accueillir ? Aujourd'hui, les touristes à Paris vont dans les mêmes endroits. L'offre hôtelière étant insuffisante, ils se sont tournés vers AirBnB. Résultat : des logements ont disparu. C’est inacceptable.  Il faudra construire plus d'accueils touristiques".

France et Europe pas prêts pour la GPA

Selon les premiers sondages, la liste LREM battrait Anne Hidalgo, mais Mounir Mahjoubi serait derrière Benjamin Griveaux. "Deux points d’écart, ce n’est pas cela qui permet de choisir un candidat". Pour autant,  Benjamin Griveaux fait comme s’il était déjà choisi. "Dans quelques semaines, vous saurez. La commission dira si elle décide le 10, ou si elle se donne plus de temps. J’ai proposé que la décision ne soit prise que quand on a les conditions pour réunir autour de nous. Agir avec Gaspard Gantzer… Tout cela mériterait qu’on parte ensemble. Début septembre, ce sera un bon moment". Est-il en contact avec Emmanuel Macron, que pense-t-il de sa décision ? "Le président de la République n’a jamais rien exprimé sur Paris. À aucun moment, il ne m'a demandé de m'arrêter, de m’écarter de cette course".

Que pense le candidat de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes ? La société est-elle prête ? "J’en suis convaincu, estime l’ancien ministre. Autour de moi, le 19e est l'arrondissement le plus populaire de Paris. Je vois des gens très ouverts, qui sont prêts. Et c’est déjà le cas, je le vois autour de moi : je suis entouré d'enfants nés de la procréation médicalement assistée, pas nés dans la légalité. Ce sont des milliers d'enfants à venir. La GPA, ce n'est pas pareil : il y a le corps d'une femme qui ne peut pas être simplement une matrice, un élément neutre dans l’histoire. Sur la GPA, il a fallu de nombreuses années de discussion. Je pense que l’on n’est pas prêt en Europe, que ce n’est pas du tout le moment. Sur les enfants nés de GPA à l’étranger, je veux qu’ils soient Français, qu’on les protège et qu’on ne les laisse pas sans parents quand ils sont en France".

 

 

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