Michel Aubouin : "la moindre précaution, c’est de vérifier l’identité des réfugiés qui viennent"

Michel Aubouin, haut fonctionnaire, préfet honoraire est essayiste, était l'invité de Philippe Rossi dans "Les vraies voix" le 24 août 2021 sur Sud Radio.

Michel Aubouin, invité de Philippe Rossi dans "Les vraies voix" sur Sud Radio.

Un Afghan placé sous surveillance à son arrivée en France a finalement été placé en garde à vue. Il est soupçonné d’avoir des liens avec les Talibans. Doit-on s’inquiéter d’avoir d’autres loups dans la bergerie ?

"Se dit-on qu’on est sur le terrain du droit ou sur le terrain de l’opération"

"Je pense que c’est raisonnable de s’inquiéter. L’Afghanistan est un pays qui peut être plein de surprises. On rapatrie des gens qui ne sont pas connus suffisamment des services français. Car on rapatrie qui actuellement ? On rapatrie des Français, ça va de soi, et puis des Afghans qui ont travaillé pour la France. En plus, se sont insérés dans ce groupe de rapatriés cinq individus dont on ne connaît pas suffisamment le pedigree et qui représentent potentiellement un danger", a répondu Michel Aubouin.

 


"En droit, dès lors qu’il est sorti de la zone internationale de Roissy, il est en France. Si on veut l’expulser, on doit passer par la procédure classique. Après, se dit-on qu’on est sur le terrain du droit ou sur le terrain de l’opération ? Ce n’est pas la même chose. C’est une question opérationnelle : vous avez un individu qui ne doit pas se trouver là. Je pense que concrètement, il aurait très bien pu être renvoyé là d’où il venait, c’est-à-dire à l’aéroport de Kaboul. Soit on annonce qu’il est en France, on rend l’affaire publique, et dans ce cas-là on est sur le terrain du droit. Soit on ne revendique pas l’avoir rapatrié et on le renvoie en Afghanistan", a expliqué Michel Aubouin.

"Notre capacité à surveiller tous les gens qui sont fichés est relative"

"J’ai passé 45 ans au ministère de l’Intérieur. Et le principe de base, c’est quand même le principe de précaution. Dès lors que la menace existe, on est obligés de prendre plus de précautions que si la menace n’existait pas. L’Afghanistan représente une menace pour notre pays, du point de vue de l’islam rigoriste d’une part et de l’exportation d’opium d’autre part.

 


Au cours des précédentes années, on a accueilli à peu près 50.000 Afghans à travers des demandes d’asile. Aujourd’hui, on va en accueillir quelques milliers de plus. La moindre précaution, c’est de vérifier l’identité des gens qui viennent. Rappelons-nous que cet individu était placé dans un hôtel sous surveillance. Pourquoi est-il placé en garde à vue ? Parce qu’il s’est échappé de l’hôtel. Il ne faut pas être naïfs. Notre capacité à surveiller tous les gens qui sont fichés est relative. On ne peut pas mettre un policier derrière chaque individu fiché", a déclaré Michel Aubouin.


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