Une députée LREM appelle à utiliser le traitement du professeur Raoult - "On ne peut pas rester les bras croisés !"

Députée du Bas-Rhin, Martine Wonner est convoquée ce mercredi par Gilles Le Gendre pour avoir été la seule à voter contre le plan de déconfinement proposé par l'exécutif. Dans le Grand Matin Sud Radio, le médecin de formation maintient sa position : il faut que les médecins puissent prescrire le traitement du professeur Raoult plutôt que d'adopter une attitude passive. Et ce n'est pas tout.

La députée du Bas-Rhin, médecin de formation, se met à dos certains membres de la majorité à l'Assemblée. Peu lui en importe, son expérience du terrain et les témoignages de médecins lui exigent de se prononcer. (Photo de Stéphane de Sakutin / AFP)

Cette interview aura donc été l'occasion de maintenir ses positions : Martine Wonner ne faiblira pas devant la convocation de son groupe parlementaire prévue demain, après qu'"elle n'a pas voté la confiance dans le gouvernement" sur le plan de déconfinement. Il faut dire que son vote dénotait de l'ensemble des députés LREM. Elle était la seule de son groupe à se prononcer ouvertement contre la solution proposée par l'exécutif, tandis que six autres membres de la majorité se sont abstenus. Aussi médecin-psychiatre, la députée élue sous l'étiquette LREM n'arrive toujours pas à se faire à l'idée qu'une possible traitement est peut-être sous nos yeux et que ses pairs ne puissent le prescrire. Assez indignant pour qu'elle dénonce le décret du 26 mars qui interdit la prescription du Professeur Raoult. Depuis, "les médecins sont totalement démunis vis-à-vis de leurs patients", d'autant que "jusqu'au 15 janvier, le Plaquénil était disponible en vente libre sans ordonnance".

 

Communication trouble et apathisme aigu

Martine Wonner se sent-elle seule à bord du navire ? "Les sénateurs ont pris la même décision que moi hier. Il y a depuis le début une forme de confusion que tous les Français ont pu constater sur les masques, les tests, etc. Je souhaite ardemment que la santé des Français soit protégée. Ce qu'on nous propose sur le plan épidémiologique, c'est de tester un maximum et de confiner les positifs." Mais pas que.

Il convient aussi de leur proposer un traitement ! Depuis le début, on dit aux Français "restez chez vous" avec du Doliprane, du paracétamol. Est-ce que cela garantit leur sécurité ? Non, puisqu'on a déjà plus de 30 000 morts.

"On a des chiffres qui sont présentés tous les soirs par le Docteur Salomon, qu'il faut compléter très largement par les chiffres donnés par les professionnels libéraux de terrain sur les décès à domicile. Malheureusement, nous arrivons quasiment en tête parmi les pays européens sur la létalité (proportion de décès liés à une maladie, ndlr), ce n'est pas acceptable. Le collectif auquel j'appartiens - "Laissons les Médecins prescrire" - a démontré qu'il y a un traitement précoce à donner pour les malades du Covid-19. Et qu'il faut faire une série d'examens complémentaires dans les premières 24 heures mais il ne faut pas attendre que l'état de santé de ces personnes se dégrade"

 

Le traitement du professeur Raoult, le moindre mal ?

L'association de l'hydroxychloroquine et de l'azitrhomycine n'est pas une garantie, mais certains médecins prescrivent des antibiotiques et l'état clinique de leurs malades est directement améliorée. On ne peut pas rester les bras croisés et c'est cela que je dénonce !

On a confondu le temps de la recherche et le traitement immédiat des personnes. La médecine avance à petits pas et nous devons soigner un maximum de personnes. À partir du moment où nous avons ce traitement, nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre un an avant d'être sûr qu'il soit efficace. Non, c'est aujourd'hui qu'il faut l'utiliser.

Il y a quelques députés - 6 très exactement - qui se sont abstenus mais je peux vous dire qu'il y a des milliers de médecins en France qui ne comprennent absolument pas pourquoi ce gouvernement agit de cette façon. Ce traitement coûte trois fois rien, allons-y ! Arrêtons d'entretenir la peur, nous pouvons déconfiner en toute sécurité, traiter et relancer l'économie.

 

Pourrait-elle se voir exclue de la majorité pour sa libre pensée ?

La principale intéressée a le ton serein au micro de Patrick Roger. Quoiqu'il advienne, elle privilégiera toujours le temps de l'échange et de l'indépendance d'esprit.

"Je suis invitée demain, j'ai accepté avec beaucoup de plaisir la discussion avec Gilles Le Gendre (président du groupe LREM à l'Assemblée, ndlr). Je m'expliquerai en l'espèce sur ce vote et je verrai bien la décision que le groupe et moi-même réservons à cet échange." Affaire à suivre. En attendant, les hôpitaux ne désempliront probablement pas à la levée du confinement.