Marion Maréchal : "si on peut accorder quelque chose à Emmanuel Macron, c'est son génie tactique"

Pour Marion Maréchal, la Constitution doit retrouver sa primauté d'un point de vue légal, le vrai problème de notre Constitution est là. La révision constitutionnelle sur le climat est, en revanche, une "révision gadget", affirme l'ancienne députée RN du Vaucluse, fondatrice de l'Issep, l'école de sciences politiques à Lyon. Elle est désormais à la tête d'un centre de réflexion : "Centre d'analyse et de prospective (CAP)" mis en place pour "alimenter le débat" à l'approche de la présidentielle 2022.

Marion Maréchal, invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Marion Maréchal était l’invitée d’André Bercoff le 15 décembre 2020 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

"Une révision un peu gadget de la Constitution"

Selon Marion Maréchal, le référendum sur la révision constitutionnelle pour y inclure l’impératif de la sauvegarde du climat n’est qu’une manœuvre tactique qui occulte les vrais problèmes. "De prime abord, j’y vois une forme de tactique. Si on peut accorder quelque chose à Emmanuel Macron, c’est son génie tactique. En l’occurrence, c’est la tactique de la différenciation de la stratégie, une stratégie qui repose sur le court terme. En choisissant une révision un peu gadget de la Constitution sur un sujet consensuel, je pense qu’il essaie de se garantir une victoire qui permettrait de le mettre en dynamique. Et comme il n’y a pas de quorum, il peut gagner même sur une abstention massive.

C’est une manière un peu perverse de détourner le débat. Vous savez que quand vous organisez un référendum, il y a des temps de parole qui sont encadrés, il faut organiser le camp du 'oui' et le camp du 'non' dans les médias. C’est aussi une manière de ne pas avoir à parler des sujets qui fâchent et qui sont très douloureux sur le plan économique."

"Le Conseil constitutionnel a un pouvoir complètement délirant sur la décision politique"

Marion Maréchal aurait aimé que dans ce qu’on appelle la hiérarchie des normes, en droit français, la Constitution ait la primauté. Le pouvoir des juges, quant à lui, devrait être diminué. "Aujourd’hui, le Conseil constitutionnel a un pouvoir complètement délirant sur la décision politique. Aujourd’hui, le Parlement n’a pas les moyens de supprimer le regroupement familial. Le regroupement familial a été sanctuarisé par une jurisprudence du Conseil constitutionnel. C’est un exemple parmi des centaines. Un autre exemple : le Conseil constitutionnel a interdit la rétention de sûreté pour les personnes condamnées pour terrorisme, à l’issue de leur peine.

Avec la loi contre les séparatismes, on va pouvoir opposer aux polygames leur état de polygamie pour leur refuser l’octroi d’un titre de séjour. Cela existe déjà dans la loi française, mais ce n’est pas dans tous les cas. Là, ce sera dans tous les cas. Mais il faut savoir que la Cour européenne des droits de l’homme avait opposé une jurisprudence pour dire que l’état de polygamie n’était pas un prétexte valable pour refuser un titre de séjour."

 

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