Marine Le Pen : Les décisions du gouvernement sont "arbitraires"

Marine Le Pen, Présidente du Rassemblement National et députée du Pas de Calais, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 25 novembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Marine Le Pen interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 25 novembre 2020 à 7h40.

Marine Le Pen : "Les décisions qui sont prises sont des décisions que je ressens comme arbitraires"

Après l'allocution d'Emmanuel Macron, mardi 24 novembre, pour donner entre autres un calendrier des événements jusqu’en janvier 2021, Marine Le Pen regrette qu’il n’ait pas été en accord avec ses attentes : "Je suis en désaccord depuis le début sur la gestion qui est faite" de la crise sanitaire, déplorant "des erreurs grossières ont été commises".

"Les décisions qui sont prises sont des décisions que je ressens comme arbitraires", juge la présidente du Rassemblement national qui a eu ce même sentiment "hier soir". Son mouvement a même édité "un livre", intitulé "Le livre noir du Covid", sur "toutes les erreurs qui ont été commises durant la première vague". La deuxième vague qui a frappé la France depuis septembre 2020 "démontre que monsieur Déconfinement", soit Jean Castex, aujourd’hui Premier ministre, "a échoué sur toute la ligne".

 

"On a le sentiment qu’on prend des décisions que ne sont fondées sur aucune rationalité"

"Quand on autorise 30 personnes dans les lieux de culte. Pourquoi 30 ? Pourquoi on n’a pas donné un nombre de personnes en fonction des mètres carrés ?", s'interroge la candidate à l'élection présidentielle de 2022. Emmanuel Macron a en effet annoncé que les activités cultuelles pourraient recommencer dès samedi 28 novembre, sous réserve du respect de conditions sanitaires strictes.

"C’est arbitraire, on a le sentiment qu’on prend des décisions que ne sont fondées sur aucune rationalité", estime la députée du Pas-de-Calais, qui prend pour exemple la hausse de la jauge à une personne pour huit mètres carrés pour les petits commerçants, réautorisés à ouvrir dès le 28 novembre 2020. "Pour beaucoup d’entre eux c’est quasiment intenable", rapporte-t-elle. "On va avantager encore plus la grande distribution", prévient la présidente du RN. "Pourquoi ne pas rouvrir les stations de ski ?", demande la députée, alors qu’Emmanuel Macron a annoncé leur fermeture durant les vacances de Noël.

 

Bars et restaurants : "Je suis terriblement inquiète pour cette filière"

"On continue à maintenir fermés les restaurants et les bars : on va tuer cette filière", s’inquiète Marine Le Pen, qui s'estime "terriblement inquiète". Conscient du problème, Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle aide à destination des restaurateurs, "ce qui va dans le bon sens", concède la députée. "Est-ce que ce sera suffisant ? C’est une vraie question", nuance-t-elle. "Le président de la République avait dit que s’il n’y avait pas de recettes, il n’y aurait pas de charges. Or, ça n’est pas le cas", dénonce la députée du Rassemblement national. "Nous avons aujourd’hui des milliers d’entreprises qui sont en danger de faillite."

Alors qu’Emmanuel Macron a, durant son allocution, évoqué les problèmes de l’administration pour expliquer certains retards et dysfonctionnements dans les aides du gouvernement, Marine Le Pen juge que "quand on est président de la République, on sait qu’il peut y avoir des lourdeurs bureaucratiques, donc on adapte les propositions que l’on fait à ces lourdeurs", estime-t-elle. La complexité du dispositif mis en place a "aggravé, en fait, cette lourdeur bureaucratique", selon l'élue.

 

"On a l’impression que des décisions sont prises en jetant des dés"

Si Marine Le Pen était à la tête du pays, elle annonce qu’elle "rouvrirait avec le respect de règles sanitaires qui seraient faisables" et "applicables". Elle regrette l’incohérence entre "les restaurants" qui sont fermés et "les restaurants d’entreprise" qui sont ouverts tout comme "les restaurants dans les prisons" et "dans les écoles". "Pourquoi il y a des restaurants qui peuvent être ouverts et d’autres qui sont fermés ?", interroge-t-elle.

"On a l’impression que des décisions sont prises en jetant des dés ou en jouant à AmStramGram". Quant au confinement, elle renvoie à "l'analyse qui a été faite" dans "l’émission de David Pujadas sur LCI" où il a été précisé que "l’analyse des eaux usées démontre que le virus avait baissé en intensité avant même le confinement et avant même que les effets du couvre-feu se fassent sentir", rapporte la dirigeante du RN.

 

"Il faut tester les gens qui ont des symptômes"

Sur l'épineux sujet des dépistages et des tests, Marine Le Pen regrette qu’une fois de plus le président n’a pas été clair mais compte sur la prise de parole du Premier ministre, jeudi pour donner des précisions. "Par exemple, tout le monde s’interroge sur l’isolement contraignant. On ne sait pas exactement de quoi il s’agit", déplore-t-elle.

"Je pense très honnêtement qu’il faut tester les gens qui ont des symptômes et les cas contacts de ces gens qui ont des symptômes", explique Marine Le Pen. "Je ne suis pas sûre que le dépistage massif tel que l’envisage Laurent Wauquiez ait une réelle efficacité", alors que le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes prévoit un dépistage à grande échelle sur son territoire.

Toutefois, la présidente du RN souligne qu’il "aurait fallu pendant le premier confinement tester tous les gens qui travaillaient". Ceux-là, à qui "il faut rendre hommage", il aurait fallu les "tester massivement" ce qui aurait permis "à la fin du confinement" de "sortir en n’ayant plus de virus".

"Je ne fais pas de procès d'intention"

"Arrêtons de prendre des décisions que nous ne pouvons pas mettre en œuvre", interpelle Marine Le Pen qui se demande si l'on va "envoyer des policiers chez des gens positifs pour voir s'ils sont bien chez eux". La présidente du parti assure "ne pas faire de procès d'intention" et rappelle avoir déjà fait "des propositions tout au long de cette crise sanitaire, dont certaines ont été reprises par le gouvernement mais bien trop tardivement", prenant exemple de ses positions sur la fermeture des frontières, le port du masques ou la politique de tests. "Il n'y a pas de bon sens dans la gestion de cette crise sanitaire", dénonce la députée du Pas-de-Calais.

Le président de la République a affirmé dans son allocution que le vaccin ne sera pas obligatoire. Une obligation à laquelle Marine Le Pen "était totalement opposée". "Les Français sont des adultes, des citoyens libres", estime-t-elle, en espérant qu'une solution soit trouvée d'ici le printemps. "Chacun a le droit de ne pas se faire vacciner s'il considère que les éléments qu'il a en sa possession ne sont pas suffisants pour pouvoir se faire vacciner", argumente la présidente du RN.

 

"Il n'y a pas de restriction de libertés dans l'article 24"

Les débats sur la loi, intitulée de sécurité globale, sont vifs à l'Assemblée nationale. "Ce n'est pas du tout une loi sur la sécurité globale, c'est une mini-loi sur l'interconnexion du travail entre la police municipale et nationale", estime Marine Le Pen pour qui, au vu "du niveau d'insécurité dans ce pays méritait une grande loi, avec des mesures fortes".

Ce qui crispe le plus les débats, c'est l'article 24, dans le collimateur de la gauche et de l'extrême gauche "qui font énormément de barrouf". "En réalité c'est un article symbolique, inapplicable qui visait à exprimer un soutien à l'égard des forces de l'ordre", explique la parlementaire qui souligne qu'il n'y a "pas de restriction de libertés dans cet article". La députée précise qu'il "n'interdit pas de filmer, de capter des images", mais interdit la diffusion de ces images dans le but de porter atteinte aux forces de l'ordre. "Cet article ne mérite ni un excès d'opprobre, ni un excès d'honneur", juge Marine Le Pen.

 

"Une grosse provocation de l'extrême gauche"

Après l'évacuation musclée de la place de la République, squattée par des militants associatifs et des migrants, lundi 23 novembre, la présidente du Rassemblement national évoque "une grosse provocation de l'extrême gauche", dans une manifestation illégale "de milliers de personnes, à touche-touche en train de s'égosiller", pointe-t-elle. "La police est l'administration la plus contrôlée de toutes", précise Marine Le Pen qui conçoit tout de même que "s'il y a des gestes condamnables, ou que l'on présume condamnable, l'IGPN soit saisit".

À la suite des événements de lundi soir, deux actes font l'objet d'une enquête judiciaire et administrative, "dont un croche-pied", note la députée qui s'indigne de la réaction du ministre de l'Intérieur. "Gérald Darmanin s'est précipité dans un tweet où on avait le sentiment qu'il lâchait collectivement les forces de l'ordre, alors qu'ils font un travail remarquable pour l'immense majorité d'entre eux dans des conditions extrêmement difficiles", témoigne-t-elle.

 

"J'accepte la critique"

Après le ralliement de deux cadres de Debout La France, Marine Le Pen interpelle sur le contexte des prochaines élections présidentielles. "Nous sommes dans une situation où la France est à la croisée des chemins", estime-t-elle. "J'appelle tous ceux qui ont compris cet enjeu fondamental à rejoindre ma candidature pour la présidentielle", invite la présidente du Rassemblement national qui assure ne vouloir "aucun mal à Nicolas Dupont-Aignan, ni à Debout La France".

"Je souhaiterais qu'il nous rejoigne pour constituer une très grande dynamique pour pouvoir faire face à la politique mondialiste de Macron", recommande-t-elle, souhaitant rassembler "tout le monde". Malgré les nombreuses critiques dans sa famille politique, Marine Le Pen assure "accepter les critiques" mais regrette que personne "ne nous disent qui est en mesure de gagner". "Je suis en mesure d'être au second tour, et donc en mesure de gagner", rappelle la candidate qui appelle à "venir participer à cette grande aventure qui va être le redressement de notre pays".

 

 

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