Marc Fesneau : "on a le sentiment que les Turcs n'ont pas pris la mesure des conséquences de tout ça"

Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 14 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Marc Fesneau, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 14 octobre à 7h40.

Marc Fesneau : "on a le sentiment que les Turcs n'ont pas pris la mesure des conséquences de tout ça"

Un Conseil de défense restreint a eu lieu à l'Élysée dimanche soir, 13 octobre, au sujet de l'offensive turque en Syrie. Emmanuel Macron est très préoccupé. "C'est une zone qui était déjà conflictuelle, explique Marc Fesneau au micro de Patrick Roger. L’incursion turque en territoire syrien a des conséquences sur les Kurdes, qui ont beaucoup œuvré contre Daesh. On a été content de les trouver pour lutter contre Daesh, sans compter qu'ils détiennent une partie des terroristes de Daesh de toutes nationalités, y compris françaises, depuis un certain temps. Tout cela produit un risque de déstabilisation supplémentaire, avec des risques de flux migratoires immenses, une conflictualité entre Turquie et Syrie qui va se réactiver, et quid des personnes détenus par les Kurdes ?

L'ensemble de la communauté internationale a dénoncé cette incursion, dont on ne voit pas le fond. On a le sentiment que les Turcs n'ont pas pris la mesure des conséquences de tout ça. Tout ça démarre aussi d'une déclaration du président Trump, annonçant qu'il allait retirer ses troupes, et qu'il se délestait de la question kurde avec des arguments... étonnants. Les relations internationales, c'est sérieux, ça ne peut pas se régler à coups de tweets. Il est important que chacun prenne ses responsabilités. La pression internationale peut œuvrer et faire en sorte que les Turcs reviennent à la raison".

 

Vote du budget : "à la fois la volonté d'être rigoureux dans la gestion budgétaire, mais pas ultra-rigoureux pour éviter des situations de tension"

À partir du lundi 14 octobre, les députés commencent à examiner à l'Assemblée nationale la première partie du projet de loi de finances 2020. C'est en quelque sorte aussi normalement une réponse aux Gilets Jaunes ; le déficit public va-t-il filer ? "[Le déficit public] ne va pas filer. Il va se retrouver - ce qui n'est pas en soi une satisfaction - à 2,2%, ce qui n'était pas arrivé depuis un certain nombre d'années. Simplement, la tendance d'accélération de la diminution du déficit sera un peu stabilisée, car il y avait besoin de répondre à l'urgence exprimée par les Gilets Jaunes, notamment en terme de pouvoir d'achat.

Il y a une urgence aussi en terme climatique qui nécessite de dégager des moyens. C'est à la fois une forme de volonté d'être rigoureux dans la gestion budgétaire, mais pas ultra-rigoureux pour éviter des situations de tension. C'est un exercice difficile, avec une croissance qui n'est pas extrêmement forte".

 

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