Manuel Bompard : "Frédérique Vidal ferait mieux de partir"

Manuel Bompard, député européen France Insoumise et co-tête de liste (avec Myriam Martin) pour les Régionales en Occitanie était l’invité du “petit déjeuner politique” de Benjamin Glaise le 18 février 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Manuel Bompard interviewé par Benjamin glaise sur Sud Radio le 18 février 2021 à 7h40.

La situation épidémique en France est stable, alors que les prévisions s’annonçaient catastrophiques. "Les chiffres sont stables, effectivement, mais ils sont quand même importants", souligne Manuel Bompard. "On ne peut pas dire, malheureusement, qu’on s’est débarrassé aujourd’hui du virus", ajoute-t-il. Malgré la situation stable, les restaurants et les lieux culturels restent fermés : "Moi je suis favorable depuis plusieurs mois maintenant à ce qu’on essaie de trouver des alternatives au confinement", propose le député européen.

Aller vers "une société du roulement"

"Je pense qu’il faut commencer à modifier, en fait, nos habitudes de vie pour apprendre le réflexe de vivre, en quelque sorte, avec le virus", estime le porte-parole de la France insoumise. Le candidat souhaiterait aller vers "une société du roulement", avec des autorisations données de manière régulière à certains, notamment dans les tâches du quotidien comme l’école ou le travail.

Il juge que le gouvernement a "du poids" et devrait discuter avec les représentants des entreprises "mettre en place des protocoles sanitaires" comme le fait de dire qu’une "partie des salariés vont travailler davantage le matin, une autre partie davantage l’après-midi". Manuel Bompard estime que l’exécutif pourrait également "renforcer les protocoles sanitaires dans les écoles" ou "organiser la réquisition de locaux".

L’objectif serait de "mettre en place des habitudes de vie qui permettent de vivre de manière quasiment normale avec le virus", précise-t-il. Cette mise en place permettrait alors de "rouvrir les lieux de convivialité" ou encore "les lieux culturels". "C’est quand même difficilement compréhensible qu’on puisse aller aujourd’hui dans le métro mais qu’on ne puisse pas aller au cinéma ou au théâtre", ajoute l'eurodéputé.

 

"On rattrape un petit peu notre retard, c’est positif"

Plus de 3 millions de personnes en France ont reçu la première injection du vaccin contre la Covid-19. "On a eu un démarrage extrêmement difficile", estime le candidat, pour qui, il y a eu "un manque et une incapacité à anticiper les problèmes logistiques". "On a le sentiment qu’on a un gouvernement qui se met à réagir uniquement quand il est au pied du mur", déplore-t-il. "Il semble qu’on rattrape un petit peu notre retard, c’est positif", concède le co-tête de liste LFI pour les Régionales en Occitanie.

 

La question reste toutefois de savoir "si on va avoir suffisamment de doses pour pouvoir répondre à la demande" alors qu’il y a eu des retards au niveau européen. "Au niveau européen, on a laissé tout le pouvoir aux labos pharmaceutiques qui nous imposent des conditions", regrette le député européen. Alors que les contrats semblent difficiles d’accès, Manuel Bompard estime que comme "ils ont été passés en notre nom, ce serait quand même légitime qu’on puisse savoir ce qu’il y a dedans".

 

Et il souligne également la question de "l’accès universel au vaccin", condition sine qua non de la résolution définitive de la crise sanitaire, car autrement "le virus circule". "Le sujet qu’on porte, au niveau européen, c’est le fait de lever les brevets sur les vaccins, pour faire en sorte que n’importe quelle entreprise pharmaceutique puisse produire des vaccins", explique le porte-parole de la France insoumise.

"Je suis opposé à cette histoire de passeport vaccinal"

L’existence des variants, pour Manuel Bompard, signifie "qu’on ne peut pas s’en sortir par une stratégie qui soit uniquement une stratégie vaccinale". Il souligne donc que si les vaccins sont nécessaires, "il faut aussi modifier nos habitudes de vie pour vivre avec le virus" et "un effort de recherche sur les traitements".

Le conseil économique, social et environnemental (Cese) a lancé une consultation sur le passeport vaccinal, même si le gouvernement n’y semble pas favorable. "Je suis opposé à cette histoire de passeport vaccinal", déclare Manuel Bompard, notamment car il faudrait que "tout le monde puisse être vacciné, et ce n’est pas le cas aujourd’hui". Pour lui, "la question est de créer les conditions de l’adhésion au vaccin".

Une ministre "désavouée"

Frédérique Vidal, ministre de l’Éducation supérieure, a créé la polémique en déclarant que l’islamo-gauchisme gangrène les universités françaises, allant même jusqu’à demander une étude de la part du CNRS. Les critiques contre ses déclarations sont arrivées de tous les bords politiques, et même du CNRS lui-même. Pour Manuel Bompard, la ministre est "désavouée par l’ensemble des présidents d’université" et "par le CNRS". "Je trouve que cette polémique, honnêtement, est pitoyable", confie-t-il. Pour le député européen, "il y avait d’autres sujets que de monter une polémique".

"Je crois que Mme Vidal elle s’est désavouée et ridiculisée dans cette histoire. Honnêtement, elle a perdu toute légitimité", réagit le candidat aux prochaines élections régionales. "Je crois qu’elle ferait mieux, effectivement, de s’en aller", estime-t-il.

 

"On ferait mieux de s'attaquer aux vrais problèmes auxquels sont confrontés l'université", invite Manuel Bompard qui pointe l'accès aux universités pour étudier, "parce qu'il y a des décrochages scolaires" et sur la détresse des étudiants, qui pour certains, ont du mal à se nourrir.

"Les conditions d'une campagne rendues très difficiles"

Si le Parlement a entériné la date des prochaines élections départementales et régionales les 13 et 20 juin prochains, l'échéance n'est pas encore certaine. "Le conseil scientifique doit remettre un rapport d'ici le 1er avril pour dire si on est capable de tenir ces élections", rappelle Manuel Bompard. S'il faut pouvoir tenir une élection le jour J, il faut également "être capable de faire une campagne électorale". "Si on n'est pas capable d'avoir des alternatives au confinement, ça rend très difficiles les conditions d'une campagne et ça pose une difficulté démocratique", avertit le candidat.

Il sera à la tête de la liste France insoumise, avec Myriam Martin et devra composer avec une gauche divisée dans la région Occitanie. Une liste Parti socialiste, menée par la présidente sortante Carole Delga, une liste communiste et une candidature écologiste. "Nous souhaitons faire une liste qui rassemble, la main est toujours tendue, la porte toujours ouverte", invite le porte-parole de la France insoumise qui souhaite "proposer des réponses aux difficultés que rencontrent les habitants de cette région". Une région touchée de plein fouet par la crise économique, notamment dans le secteur de l'aéronautique.

 

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