Louis Aliot sur la grève contre la réforme des retraites : "les Français en ont soupé"

Le député RN des Pyrénées Orientales et candidat à la mairie de Perpignan, Louis Aliot était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mercredi 8 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Louis Aliot interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le mercredi 8 janvier à 7h40.

Louis Aliot : "il faut raisonner en terme d'annuités, pas d'âge"

"Plus personne ne comprend de quoi on parle, âge d'équilibre, âge pivot..." déplore Louis Aliot au micro de Patrick Roger. Le député du Rassemblement national souligne que "nombreux sont ceux qui travaillent au-delà de 65 ans pour pouvoir toucher une retraite décente". Ce n'est donc pas sur l'âge que le parti de Marine Le Pen veut se baser, mais sur les annuités. "Si vous commencez votre carrière professionnelle à 25 ans et que vous cotisez 40 ans, vous partirez à la retraite à 65 ans. Il faut raisonner en terme d'annuités, pas d'âge" affirme Louis Aliot, qui craint que "certains arriveront à la retraite à 64 ans et ne bénéficieront pas de la totalité de leur retraite et auront des retraites au rabais".

Pour Louis Aliot, "Emmanuel Macron aurait dû plus travailler le sujet, consulter les Français qui sont partagés". Il déplore "une réforme compliquée et mal ficelée" et juge que "les citoyens n'ont plus confiance dans la proposition qui leur est faite". Le député des Pyrénées-Orientales concède "qu'il faut moins de régimes spéciaux", mais assure que l'on "ne peut faire l'économie pour certaines professions de régimes adaptés au type de travail, notamment pour les militaires".

Pour Louis Aliot, la CGT est en partie responsable

Si le Rassemblement national a soutenu la première journée d'action du 5 décembre "car il fallait marquer le coup", Louis Aliot estime que "les Français en ont soupé" de la grève et dénonce une "radicalisation de la CGT" en bloquant des raffineries. "Je ne pense pas que ce soit une bonne politique" avance le député. "C'est la rentrée, les gens sont dans de grandes difficultés, beaucoup de gens ne peuvent pas se déplacer pour aller au travail" regrette-t-il. Il rappelle que "si Macron est à cette place-là avec autant de députés, c'est parce que monsieur Martinez a appelé à voter pour lui", faisant allusion à l'appel de la CGT pour faire barrage à Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle 2017.

Désormais, "c'est une affaire syndicale et gouvernementale" estime Louis Aliot, qui rappelle "qu'il y a beaucoup d'autres sujets qui préoccupent les Français, comme la sécurité". "Tout s'est focalisé sur la retraite mais il faudrait aussi penser à tout le reste" ajoute-t-il. Le candidat à la mairie de Perpignan appelle à "retirer ce projet de loi et remettre tout le monde autour de la table pour imaginer un nouveau scénario et refaire un système de retraite digne de ce nom". "D'ici là, il faut passer à autre chose" conclut Louis Aliot.

"La sécurité est un thème majeur"

Candidat à Perpignan pour tenter de détrôner Jean-Marc Pujol, un sondage de l'institut Ifop pour Sud Radio et la Semaine du Roussillon place Louis Aliot en tête au premier tour, avec 26% des voix, et une probabilité de victoire finale en cas de quadrangulaire. "Ce que je regarde, c'est que le maire sortant est en dessous des 20%, ce qui n'est pas commun et que le candidat d'En Marche arrive péniblement à 14%" réagit l'actuel conseiller municipal. Certains accusent Louis Aliot de vouloir cacher son appartenance au Rassemblement national, notamment en omettant le logo du parti sur ses affiches. "Je pense qu'on me connaît suffisamment pour ne pas douter de mon appartenance. Mais ma liste sera plurielle, elle aura des personnalités qui n'appartiennent pas au RN, mais qui veulent défendre mon projet pour Perpignan et les Perpignanais" se justifie-t-il.

Dans la capitale du Roussillon, Louis Aliot entend porter la lutte contre l'insécurité. "C'est un thème majeur, mais l'emploi en est un autre, la qualité de vie aussi" reconnaît-il. "Perpignan n'a pas trouvé les moyens d'éradiquer un certain nombre de malfaisances qui sont dans tous les quartiers, le maire n'a pas agit comme il aurait dû faire" déplore le candidat. Il prend notamment l'exemple de "dealers à visage découvert qui œuvrent au vu et su de tout le monde, sans qu'il y ait la moindre arrestation". Un sentiment de géométrie par rapport aux 21 Gilets Jaunes de Narbonne, condamnés à de la prison pour avoir incendié le péage l'année dernière. "J'ai l'impression que la justice s'exprime beaucoup plus facilement quand ce sont des Gilets Jaunes qui débordent mais qu'il y a un certain laxisme dans un certain nombre d'endroits en France où des voyous se promènent armés jusqu'aux dents" dénonce le député.

Sur l'arrestation musclée qui a coûté la vie à un livreur, Cédric Chouviat, Louis Aliot rappelle que "dans la police ce sont des hommes et que par conséquent elle n'échappe pas à des bavures". Il espère que "l'enquête fera la lumière là-dessus". "Je défend systématiquement la police parce que c'est la garante de l'ordre républicain en France, mais il peut arriver dans certains circonstances que certains policiers ne respectent pas tout à fait le règlement" reconnaît Louis Aliot.

"Il faut de la fermeté"

À quelques heures de la très attendue conférence de presse de Carlos Ghosn, depuis Beyrouth où il est réfugié depuis une semaine, Louis Aliot demande à ce que "la France soit attentive à la manière dont le procès va se dérouler ou pas". Le député "attend de savoir ce qu'il va dire". "Il a peut-être des révélations très importantes à nous donner, notamment par rapport aux relations entre la France et le Japon, entre Renault et Nissan" ajoute-t-il. "Je n'ai pas à soutenir Carlos Ghosn, ce n'est pas un ami, c'est un capitaine d'une grande industrie française dont on peut s'en enorgueillir, maintenant, il faut regarder ça avec prudence" conclut le député des Pyrénées-Orientales.

Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé un plan pour lutter contre le communautarisme au printemps prochain, Louis Aliot "n'attend rien du tout quand je vois les difficultés à prononcer le mot 'islamisme radical'". Pour le porte-parole du Rassemblement national, "ces gens qui considèrent que leur religion est supérieure à la loi doivent bien comprendre que soit ils doivent quitter le territoire car leur religion n'est pas adaptée à la République française, soit la République doit prendre des mesures pour interdire un certain nombre de comportements et de choses" affirme-t-il. Pour lui, "il faut de la fermeté et bien faire comprendre que nous sommes dans un pays où la loi s'applique"

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