L'édito politique de Thierry Guerrier - "Les Régionales en PACA ? Macron se régale de voir les barons LR se déchirer"

Dans son édito politique politique ce matin, Thierry Guerrier revient sur l’accord "Muselier/En Marche" en PACA pour les régionales. Un accord qui provoque le "grand bazar" à droite.

Dans son édito politique politique ce matin, Thierry Guerrier revient sur l’accord "Muselier/En Marche" en PACA pour les régionales. Un accord qui provoque le "grand bazar" à droite.

C'est le grand bazar - tout le monde l’a compris - provoqué par la stratégie politique d’Emmanuel Macron qui réussit, une fois de plus, à diviser la droite, voire même de la faire imploser à un an de la présidentielle.

Et pour le Président de la République, ce qui se joue en ce moment en Provence-Alpes-Côte-d’Azur n’est qu’une étape de plus dans sa tentative de conquête d’un second mandat à l’Élysée. Très habilement, le chef de l’état, en PACA, a fait d’une grande faiblesse, un atout !

Quelle faiblesse exactement… et quel atout ?

Emmanuel Macron et ses marcheurs ont réussi à faire croire que c’étaient eux qui venaient au secours du président sortant de la région PACA, le républicain Renaud Muselier, menacé par l’offensive du néo-RN Thierry Mariani, et ce en retirant leur liste menée par la secrétaire d’état aux handicapés Sophie Cluzel, et en proposant de la fusionner avec les LR.

La République En Marche apparaît donc dans cette affaire comme la force politique qui veut éviter que la région ne tombe dans l’escarcelle de Marine Le Pen alors qu’en vérité, cette opération lui permet de masquer son incapacité à s’implanter localement… comme aux municipales. Les sondages accordent, au mieux, à la liste En Marche en PACA à peine 9% d’intentions de vote.

Et l’atout est là, Macron fait coup triple : Il fait oublier le piètre enracinement local de son parti. Sous prétexte de faire barrage au Rassemblement National, il rallie de nouveaux élus LR de PACA à lui. Muselier, après Estrosi et Hubert Falco le maire de Toulon. Et enfin, il provoque de telles tensions au sein des LR que le parti est proche de la rupture. Entre ceux qui acceptent de travailler avec le président et ceux qui s’y refusent.

Mais dans les urnes ça va donner quoi ?

C’est toute la question. Les électeurs d’En Marche iront-ils automatiquement voter pour une liste dominée par un LR, Renaud Muselier, même s’il a perdu son étiquette ? Rien n’est moins sûr. En politique, c’est la dynamique d’une campagne qui crée l’adhésion, pas les additions sur le papier des états-majors des appareils.

D’autant que, du coup, Thierry Mariani et tous les ténors du RN ont beau jeu de claironner partout depuis hier que "droite LR et macronistes, c’est la même chose !".

Mais je crois qu’au fond, le Président s’en moque un peu. Il se régale surtout de voir les barons LR se déchirer. Il pense que c’est de bon augure pour lui pour 2022.

Et vous pensez que c’est le cas, tout ce bazar est bon pour Emmanuel Macron ?

Oui, si Renaud Muselier finalement conserve la région. En revanche, si PACA tombe en juin dans les mains de Thierry Mariani et du RN, les calculs du Président de la République ressembleront à des marchepieds pour Marine Le Pen.