Le service national universel accueilli avec scepticisme à l'Assemblée nationale

Olivier Faure ©THOMAS SAMSON - AFP

Pour mettre fin aux discours dissonants de ces derniers jours, Emmanuel Macron a réaffirmé vouloir instaurer un service obligatoire après la majorité. Sous quelle forme ? Pour quelle durée ? Rien ne semble encore fixé.

Bientôt le retour d'un service national obligatoire ? Un rapport parlementaire a été remis, mercredi, en commission Défense de l'Assemblée nationale sur la question. Alors que c'était l'une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron, les contours de la mesure sont toujours flous.

Sous quelle forme ? Obligatoire ou pas ? Pendant combien de temps ? Depuis dimanche, c'est la cacophonie au gouvernement et personne ne dit la même chose. Mardi, le chef de l'État a réaffirmé vouloir un service obligatoire après la majorité. Une annonce reçue avec scepticisme dans les rangs de l'Assemblée nationale.

Pour Olivier Faure, député socialiste, la solution du gouvernement qui veut un ou trois mois de service à 18 ans est la pire des solutions : "Cela interrompt à la fois les parcours professionnels ou les parcours scolaires et ne permet pas l’engagement dans une structure de manière pérenne. Ça devient donc presque une gêne pour les accueillants plus que ce n’est un apport et ça ne sert pas véritablement non plus les jeunes qui y participeront."

Damien Abad estime lui qu'il s’agit d’une mesure démagogique. Et le député LR de l’Ain s’inquiète aussi de son coût : "La France n’a pas les moyens d’un service national universel qui va coûter 20 milliards d’euros sur l’ensemble de la mandature. 20 milliards d’euros, c’est le montant de la hausse de la CSG que vont subir les Français."

Du côté communiste, André Chassaigne doute même que ce nouveau service national voit le jour : "C’est comme l’Arlésienne. On en parle toujours, on ne le voit jamais arriver et on ne le verra pas arriver."

À l'inverse, le député UDI de Seine-Saint-Denis, Jean-Christophe Lagarde, estime qu'un service de 1 à 2 mois serait plus raisonnable et défend l'intérêt de la mesure : "C’est difficile, je pense, de faire 3 à 6 mois, d’abord à cause des moyens financiers que ça mobilise, des moyens matériels. Qui va encadrer ? Certainement pas l’armée qui a déjà beaucoup d’autres choses à faire, déjà bien du mal à remplir ses missions. Sa mission, c’est notre protection, pas l’éducation des enfants. 1 à 2 mois, c’est déjà beaucoup. Ça peut être pendant des périodes de vacances scolaires, par périodes d’une semaine. Simplement aller découvrir ce qui se passe à la Croix Rouge, dans une collectivité locale quand on essaie d’encadrer des activités, ce qui se passe dans des associations culturelles, dans des groupements d’engagements environnementaux. Bref, les besoins du vivre-ensemble."

Propos recueillis par Adeline Tavet pour Sud Radio

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