Le regard libre d'Elisabeth Lévy - "Défendre les caricatures aujourd'hui, c'est honorer nos morts"

Les caricatures ne sont pas un fétiche mais un symbole. Comme l’a dit le Président de la République, les accepter ce n’est pas les approuver. De plus, des gens ont été tués pour ces petits dessins. Les défendre aujourd’hui, c’est honorer nos morts.

Des représentants de l’Eglise dénoncent les caricatures religieuses.

Après l’assassinat de Samuel Paty, comme après le 7 janvier 2015, toute la France défendait les caricatures, symbole de la liberté d’expression. Aujourd’hui, ébauche d’une sainte alliance vis à vis des caricatures, JF Bayart dans le Monde parle carrément d’islamophobie d’Etat et de républicano-maccarthysme. Sans aller aussi loin, plusieurs dignitaires chrétiens se prononcent, comme le premier ministre canadien Justin Trudeau, contre le droit de blasphémer. Archevêque de Toulouse Mgr LeGall : "On ne se moque pas  impunément des religions, vous voyez le résultat que ça donne". Mgr André Marceau, évêque de Nice. "Il y a des identités qu'on ne peut pas bafouer à la  légère". Président du CFCM : il y a d’autres moyens d’expliquer la liberté d’expression aux enfants. Rejoint une partie de l’opinion qui "en a ras le bol des caricatures."

On peut le comprendre.

Certes. Premier argument. Il ne faut pas blesser les croyants. Eh bien non. Etre français : assumer une histoire dont le blasphème fait partie. Seul pays qui ait évacué radicalement la référence religieuse de l’espace public. Les catholiques ont supporté moqueries/ critiques/ insultes. Les musulmans doivent aussi endurer la souffrance de la liberté. De plus les caricatures ne se moquent pas des religions mais de leurs dérives. On moque les intégristes qui tuent ou qui pourrissent la vie des autres au nom de
dieu.

Mais on peut penser qu’on paye un prix trop élevé

C’est le thème de l’huile sur le feu. L’histoire de la fille violée qui l’avait bien cherché avec sa minijupe. Si on commence à céder, ça ne s’arrêtera pas. Article d’une prof dans Le Monde. « Madame, vous n’avez pas le droit de dire qu’on peut moquer du prophète.  Vous n’avez pas le droit de nous emmener dans Le Marais parce que c’est plein d’homosexuels. Ce ne sont pas des petits dessins qui causent la violence mais le fait que des minorités veulent imposer leurs croyances/Moeurs à tous.

Tout de même paradoxal d’imposer les caricatures partout au nom de la liberté. 

Pas de fétichisme. Caricatures ne sont pas un fétiche mais un symbole. Comme l’a dit le Président de la République, les accepter ce n’est pas les approuver. De plus, des gens ont été tués pour ces petits dessins. Les défendre aujourd’hui, c’est honorer nos morts.