Le regard libre d'Élisabeth Lévy - "Ce jugement insensé me donne sacrément envie de voter Sarko"

Ce lundi, Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison dont un ferme dans l'affaire dit "des écoutes". 

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Ce lundi, Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison dont un ferme dans l'affaire dit "des écoutes". 

"C'est une décision scandaleuse, inquiétante. C'est un basculement dans le gouvernement des juges. Sarkozy a été condamné pour corruption et trafic d’influence. Or, il n'y a nulle trace de cette influence et encore moins de son trafic. Ni corrupteur, ni corrompu. Aucun passe-droit accordé ou demandé.

C'est un acharnement judiciaire. En février 2014, à la recherche de preuves du fameux et fumeux financement libyen, le juge Tournaire fait écouter Sarko puis la ligne Bismuth sur laquelle il parle avec son avocat. Seul élément du dossier: il y a une discussion où Nicolas Sarkozy semble envisager d’intervenir en faveur du juge Azibert. Sauf que l’intervention n’a jamais eu lieu. S’il l’avait dit au restaurant : pas d’affaire. 

Mais en matière frauduleuse, l’intention suffit ! 

Il n'y a aucune preuve de l’intention mais un "faisceau d’indices graves, précis et concordants". Le doute ne profite plus à l’accusé ? Supposons que Nicolas Sarkozy ait poussé la candidature d’Azibert et que celui-ci l’ait rencardé sur la procédure Bettancourt. Un an ferme ? 

C'est un charmant festival de vierges effarouchées. Recommander quelqu’un en échange de services, de vote ou de loyauté, c’est ce que font les politiques toute la journée. Cela s’appelle le pouvoir. Ça va faire du monde à embastiller.

Le jugement signifie-t-il que la Justice est politisée ? 

C’est pire. Les juges médiapartisés et ivres de leur pouvoir veulent mettre les politiques en coupe réglée. Contre Sarko, ils mènent à la fois une vendetta personnelle et une croisade morale. Au passage : six ans d’enquête pour savoir qui a informé Sarko et Herzog qu’ils étaient écoutés. Mais il n'y a pas une minute pour savoir qui balance à Mediapart

Ils sont très susceptibles. Ils ne pardonnent pas au Président son mépris pour la corporation. Ils croient avoir la mission de purifier la démocratie. Ils justifient la peine ferme par "La gravité des infractions commises ayant lourdement porté atteinte à la confiance publique". De quoi je me mêle ! Ils nourrissent le ressentiment. C'est du populisme judiciaire.

Est-ce la fin de la carrière de Nicolas Sarkozy ? 

C’est ce que voudrait le tribunal. Et c'est ce que pensent la plupart des commentateurs. Il n’avait peut-être pas l’intention de se présenter. Il semble aimer son rôle d’imam caché de la droite. Dommage. Le meilleur moyen pour les Français de donner un coup d’arrêt à ce funeste pouvoir des juges serait d’élire ceux qu’ils déclarent infréquentables. Moi, ce jugement insensé me donne sacrément envie de voter Sarko.