Le parti de Marine Le Pen est-il désormais le seul opposant à LREM ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio, le 28 mai 2019. Avec pour invités :
- Jean-Raymond Hugonet, sénateur LR de l’Essonne et auteur du livre Le tournant (Édition des Bords de Seine) ;
- Jean-Lin Lacapelle, délégué national du Rassemblement National (et vice-président du groupe RN au Conseil régional d’Île-de-France) ;
- Nicolas Démoulin, député de l’Hérault, vice-président du groupe LREM à l’Assemblée nationale ;
- Karima Delli, eurodéputée (réélue) EELV ;
- Alain Houpert, sénateur LR de Côte-d’Or ;
 “Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

"Deux équipes s’affrontent, les autres sont hors jeu, estime Véronique Jacquier. On constate que Marine Le Pen est la seule opposante à Emmanuel Macron". En effet, son parti gagne du terrain, il s’enracine : le Rassemblement National est arrivé en tête dans deux départements sur trois. La liste Bardella s’est installée en tête dans 65 départements quand la liste Loiseau n’arrive première que dans 32.

Le grand gagnant des colères

"C’est le grand gagnant des colères additionnées depuis le mouvement des Gilets Jaunes, juge Véronique Jacquier. 38% d’entre eux auraient voté en faveur du Rassemblement National". Aucun rival ne semble être présent sur la route de Marine Le Pen en vue de 2022. "Côté Républicains, il y a bien Bruno Retailleau et Xavier Bertrand en embuscade, mais il y a trop de comptes à régler. Certains vont être tentés de jouer le match de la prochaine présidentielle du côté du RN."

"Je ne pense pas qu’il y ait de gagnants dans ce scrutin, estime pour sa part Jean-Raymond Hugonet, sénateur LR de l’Essonne. Faire du Rassemblement National le seul opposant à Emmanuel Macron, c’est aller un peu vite en besogne. Le Rassemblement National arrive en tête, d’une courte tête. Dans le climat actuel, on pourrait se dire que le président Macron a conservé sa base. Notre pays a vraiment besoin d’autre chose que ce qui est proposé aujourd’hui. Savoir ce qu’est la Nation et d’où l’on vient. On a laissé la Nation aux apprentis sorciers, c’est devenu un gros mot. Est-ce que l’on a envie de vivre ensemble aujourd’hui, je n’en suis pas certain".

Un vote de rejet mais aussi d'adhésion

Pour autant, est-ce que le Rassemblement National n’apparaît pas, avant tout, comme un parti de rejet ? "Pour durer dans l’opposition, le RN va devoir en effet élargir sa bas électorale, aller chercher des voix chez les abstentionnistes et chez les élus LR", estime Véronique Jacquier. Cela se fera car ce n’est pas seulement un vote de rejet, mais d’adhésion. C’est le seul parti à avoir été clair pour critiquer l’Europe, il ne prône ni plus ni moins que le programme du RPR dans les années 90 : fermeture des frontières, suspension de l’immigration, incompatibilité de l’islam avec nos lois, même le fait de réserver les prestations sociales aux nationaux".

"Il faut retenir qu’on arrive à la fin d’un cycle démocratique, estime par ailleurs Véronique Jacquier. Selon deux études, européenne et française, les électeurs les plus jeunes sont de plus en plus nombreux à aspirer à un pouvoir autoritaire pour défendre leurs intérêts". Les Gilets Jaunes au début du mouvement en appelaient d’ailleurs au Général Pierre de Villiers. Reste la question du fameux plafond de verre pour Marine Le Pen. Quand on voit les scores des nationalistes en Italie (34%) ou en Hongrie (52%), ce plafond de verre veut-il encore dire quelque chose ? "Rendez-vous dans trois ans pour le savoir…"
 

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