Laurent Hénart : "Avant la vaccination obligatoire pour tous, utilisons beaucoup plus le Pass sanitaire"

Laurent Hénart, président du Mouvement Radical, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Philippe David le 8 juillet 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Laurent Hénart interviewé par Philippe David sur Sud Radio le 8 juillet 2021 à 7h40.

Laurent Hénart : "Il faut se préparer à vivre plusieurs années avec la Covid-19 et ses variants"

Le gouvernement s’inquiète de plus en plus du variant Delta. Un nouveau Conseil de défense sanitaire est annoncé pour le lundi 12 juillet. "Pour les Radicaux, qui ont plaidé très tôt pour un passeport sanitaire, il faut se préparer à vivre plusieurs années avec la Covid-19 et ses variants", déclare Laurent Hénart. "Il faut être très prudent", explique-t-il, notamment concernant le variant Delta mais aussi les autres variants dont un, identifié en Californie, "qui apparemment serait résistant à certains vaccins". "On a le choix entre : confinement, moins de libertés, et vaccination pour tous."

"Les radicaux ont pris position pour la vaccination obligatoire des soignants", explique le président du Mouvement Radical qui juge toutefois qu’il faudra "aller plus loin", par exemple pour "les agents publics qui accueillent du public". "Il faut dès cet été mettre en place une campagne de rentrée" afin de répéter les vaccinations "tous les ans, avec des vaccins adaptés" pour lutter contre les variants.

 

"Il faudrait permettre à des commerçants de demander le Pass sanitaire"

Pour certains, il faudrait rendre la vaccination obligatoire pour toute la population, chose à laquelle le gouvernement est opposé. "Avant cette étape-là, il y a une étape qui consiste à utiliser beaucoup plus le Pass sanitaire", plaide Laurent Hénart. Ainsi, les vaccinés et les immunisés pourraient "vivre normalement". "On a envie de cette vie qui nous réunit."

Pour l’ancien ministre, il faudrait "baisser les jauges" ou encore "permettre à des commerçants de demander le Pass sanitaire". "Une plus grande utilisation du Pass, c’est déjà une belle incitation à se faire vacciner."

Les opposants au Pass sanitaire déclarent qu’il consiste en une restriction de libertés. Un fait que ne nie pas Laurent Hénart, "oui, mais le confinement c’est une restriction encore pire aux libertés". Une restriction qui, de plus, est "aveugle" puisqu’elle touche toute la population, y compris les vaccinés et les immunisés. "Dans une période d’épidémie qui dure plusieurs années, ce n’est pas normal de se satisfaire de ce type de mesures aveugles et injustes."

 

"La liberté a comme corollaire la responsabilité"

Les discothèques rouvrent le 9 juillet malgré la crainte de la quatrième vague pandémique. "Si on peut avoir un été le plus normal possible, il faut le faire quand même", juge le président du Mouvement Radical. "On a eu une année quasiment entièrement confinée à partir d’octobre", rappelle-t-il. Et donc, "il faut aussi que le pays puisse respirer". "Pourquoi ne pas imaginer que l’accès aux discothèques se fasse par le Pass sanitaire ?" ; une mesure qui est déjà en vigueur en France.

Certains refusent le Pass sanitaire et, pour cela, ne se rendent pas dans les festivals, ce qui réduit le public pour ces événements et pose des problèmes aux organisateurs. "Mais au moins certains ont pu y aller", remarque Laurent Hénart. "À un moment donné la liberté ça a comme corollaire la responsabilité. Et que ceux qui sont responsables et s’intègrent dans des campagnes de vaccination aient des libertés plus grandes que ceux qui ne le font pas, ça ne me choque pas", confie-t-il.

 

"Le Rassemblement national est toujours aux portes du pouvoir"

Le week-end du 10 juillet, le Mouvement radical tient ses "journées" pour préparer la Présidentielle 2022. "Il y a la Présidentielle, il y a le débat autour de la Présidentielle, il y a les législatives", souligne Laurent Hénart. Pour autant, il n’annonce pas encore s’il y aura, ou non, un candidat du Mouvement Radical à la Présidentielle 2022, pour qui "beaucoup de gens baissent un peu les bras, parce qu’aux régionales on a finalement un très faible score du Rassemblement national". Pour lui, c’est "une espèce de lâche relâchement" car le RN a fait bien moins qu’attendu.

"Le Rassemblement National est toujours aux portes du pouvoir", analyse le président du Mouvement Radical, pour qui les mauvais scores des extrêmes sont causés par une non-mobilisation de leur électorat : "ce sont des scrutins dont ils ne voyaient pas l’intérêt". "Mais, aux Présidentielles, moi je pense qu’ils seront là", prévient-il. De fait, il faudra "choisir le bon candidat  et les bonnes idées pour faire barrage aux extrêmes". "Si les gens votent pour l’extrême droite ou l’extrême gauche, c’est parce qu’ils ont l’impression que les élus ne peuvent rien faire dans leur vie courante", estime Laurent Hénart.

 

Emmanuel Macron est "légitime"

Dans la recherche du meilleur candidat pour faire barrage aux extrêmes, le président du Mouvement radical estime qu'Emmanuel Macron est "légitime", du fait d'être le président sortant. "Sur la gestion de crise, il a montré qu'il savait gérer", estime Laurent Hénart pour qui le problème est "qu'il soit aux commandes". Il rappelle que le Mouvement radical regroupe "des militants du Centre", et a déjà soutenu La République en Marche lors des dernières européennes.

"La primaire à droite s'annonce extrêmement compliquée", indique l'élu qui rappelle le mauvais souvenir de 2016. "J'ai peur que le choix des Français soit très simple et très clair en 2022", confie-t-il, avec un choix "pour ou contre le système".

 

"On sait faire du vote par correspondance"

Pour plus de participation, les radicaux militent depuis les dernières municipales pour le "vote à distance". "S'il faut du temps pour imaginer un vote numérique sécurisé, on sait faire du vote par correspondance", rappelle Laurent Hénart qui en appelle également à la proportionnelle. "Le bulletin de vote n'est pas perdu, tout le monde y est représenté", argumente-t-il.

"Aucun parti ne trouve grâce aux yeux des Français", remarque le président des Radicaux qui appelle à regarder ça "avec modestie". Il désignera "des hommes et des femmes nouveaux aux législatives" pour "faire en sorte que ce soit un Parlement capable d'agir".

 

"Il est toujours bon de faire ce qu'on a dit"

Si Bruno Le Maire pousse pour une accélération de la réforme des retraites, Laurent Hénart estime qu'il est "toujours bon de faire ce qu'on a dit". Il rappelle l'obligation d'annoncer le plan pluriannuelle des finances publiques pour cinq ans. "Elle se termine en 2022, c'est bien de présenter une nouvelle loi et de dire les objectifs que l'on se fixe pour les retraites", pointe-t-il.

Pour les Radicaux, "il ne faut pas tout mélanger" ils appellent à prendre des mesures "pour équilibrer les comptes", comme repousser l'âge de départ. De l'autre côté, la retraite universelle par points, devra revenir "séparément". "Si on veut que 2022 intéresse les gens, il faut mettre des vrais sujets sur la table", invite l'élu.

 

 

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