La colère des maires face à la politique d'Emmanuel Macron

François Baroin au congrès des maires de France (©JACQUES DEMARTHON - AFP)
Édouard Philippe lors du congrès de l'Association des maires de France en 2017 ©JACQUES DEMARTHON - AFP

Malgré la gronde des maires, Emmanuel Macron ne se rendra au Congrès des maires de France, laissant son Premier ministre, Édouard Philippe, affronter seul leur colère. Rencontre avec le maire de Gennevilliers en banlieue parisienne.

Patrice Leclerc est le maire de Gennevilliers, en banlieue parisienne. À la question s’il compte se représenter en 2020, il répond : "Oui, parce que je ne suis pas du genre à abandonner et parce que j’avais dit que je ferais deux mandats. Je ferai deux mandats, je n’en ferai pas plus, parce que c’est vrai que c’est difficile et que c’est compliqué."

En quatre ans de mandat, Patrice Leclerc a vu ses dotations baisser drastiquement. Notamment en ce qui concerne la DGF, la principale dotation de l’État aux communes : "À Gennevilliers, la DGF, on a zéro maintenant. Ils ne peuvent plus nous en prendre ! Ça a été -10 millions. C’est la moitié d’une école que je dois construire par exemple. J’ai été obligé de supprimer 150 emplois, ou ETP, parce que je ne fais pas de licenciement. C’est important, dans une ville comme la notre, sur la qualité du service public, sur notre capacité à répondre, parce que dans le même temps, je dois créer des places en crèche."

Cet élu a donc manifesté, il y a dix jours, avec d’autres maires de banlieue parisienne, pour exprimer sa colère. Selon lui, Emmanuel Macron méprise tout autant les communes que le mouvement des Gilets Jaunes : "Le président Macron semble ne pas connaître la vie des gens. Il en est extrêmement éloigné. Cette méconnaissance l’amène à faire des bourdes régulièrement, avec des petites phrases insultantes pour le peuple et la population, pour ceux qui travaillent. Mais au-delà du côté insultant, il n’y a pas de mesures prises pour que les gens soient entendus."

Emmanuel Macron ayant refusé de se rendre au Congrès des maires de France, c’est le Premier ministre, Édouard Philippe, qui devra faire face, jeudi, à la colère des maires locaux.

Un reportage de Benjamin Glaise pour Sud Radio

Les rubriques Sudradio