éditorial

L'édito de Thierry Guerrier

Thierry Guerrier Sud Radio Éditorialiste
Politique

La bataille des municipales est en marche

La bataille des municipales est lancée que ce soit à Paris ou dans les autres grandes villes de France. Hidalgo dans la capitale, Collomb à Lyon et Godin sur la canebière, ont ouvert les hostilités depuis quelques jours. Chacun à leur façon.

Commençons à Marseille où de manière inattendue, Jean-Claude Gaudin pousse une femme à lui succéder. Alors qu’il approche les 80 ans, tout le monde presse le patriarche de désigner son dauphin mais Gaudin déteste qu’on lui force la main. Et puis enfin, il se laisse toujours une marge de manœuvre, il prend son temps. Renaud Muselier en son temps, s’y était cassé les dents, d’ailleurs l’histoire avait inspiré de loin, la série Netflix "Marseille". Bref, la droite marseillaise est désespérée. Et puis là tout d’un coup en quelques jours tout s’est accélérée, Gaudin a démissionné de la présidence de la métropole Aix-Marseille-Provence, puis il a désigné une femme, Martine Vassal, élue jeudi dernier à la tête de cette collectivité. Tout le monde se demande maintenant, si cette LR qui est assez droite, efficace, avenante dit-on, va devenir la nouvelle maire de Marseille en 2020.

À Lyon, l’opposition lyonnaise en est persuadée : Gérard Collomb va se planter. Il s’est affaibli en annonçant sa démission du gouvernement et à 73 ans, cette quatrième campagne sera celle de trop. Et puis surtout, il n’aurait cette fois plus les Verts avec lui, s’étant droitisé place Beauvau. Collomb, lui, un peu à la Gaudin, il s’en moque. Il aime Lyon et les lyonnais et ils le lui rendent bien. Collomb est donc persuadé qu’ils vont le réélire.

Et puis il y a Paris où la bataille s’annonce la plus rude. C’est un véritable trou noir, un maelstrom. La maire d’abord, Anne Hidalgo publie mercredi dernier un livre et se répand en interview pour y faire la promo et jurer sur ses grands dieux que les fiascos successifs de Vélib et d’Autolib, et que les incidents quotidiens dans les transports commun, et bien, elle n’y est pour rien ! Elle a également été lâchée par son adjoint Bruno Julliard qui la critique vertement, qui redoute la nouvelle bataille, et qui va aller pantoufler dans le privé, dans l’industrie du luxe. Lequel Bruno Julliard règle ses comptes avec Marcel Campion, ce dernier menaçant de se présenter à la mairie de Paris et balançant des propos homophobes sur Julliard. Bref, tout ceci est très médiocre, et indigne de la capitale.

Hidalgo pourtant y croit encore et elle n’a pas tort. Sa force, c’est qu’elle n’a pas d’adversaires reconnus et légitimes pour l’instant. Et si Emmanuel Macron rêve de faire élire l’un de ses prétendants à la tête de la mairie de Paris, la lutte au sein même de la République En Marche entre Benjamin Griveaux, Hugues Renson, Mounir Mahjoubi, pour ne citer qu’eux, vont rendre la tâche plus ardue. Résultat, si les élections avaient lieu aujourd’hui, c’est fort probable que ce soit Anne Hidalgo qui l’emporte.

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