Julien Bayou sur les retraites : "pas de chiffrage, c'est complètement fou ! Vous mettez en tension des dizaines de millions de personnes"

Julien Bayou, secrétaire national d'Europe-Écologie Les Verts et conseiller régional d’Île-de-France était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le jeudi 9 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Julien Bayou interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le jeudi 9 janvier à 7h40.

36e jour de grève et nouvelle mobilisation dans les rues, jeudi 9 novembre. La crise ne se résout toujours pas, notamment du fait que "plus les jours avancent, moins on comprend le fond de cette réforme", souligne Julien Bayou.

 

Une réforme sans chiffrage ?

"Le fait qu’on ne sache pas de combien les retraites vont baisser est délirant", s'offusque l'écologiste qui mise sur deux hypothèses : "soit ce chiffrage a été fait et ils ne le rendent pas public, soit il n’a pas été fait et dans ce cas, où est-ce que vous embarquez le pays et des dizaines de millions de personnes sans donner la peine de faire un chiffrage ?", s'interroge-t-il. Julien Bayou estime que la mise en place d'une conférence de financement signifie qu'il n'y a pas de chiffrage. "C'est complètement fou", estime-t-il. "Vous mettez en tension des dizaines de millions de personnes (profession libérale, smicards...) qui ne peuvent pas savoir s'ils pourront payer les études de leurs enfants, faire un investissement ou racheter une boîte", a-t-il continué.

Avec cette réforme "injuste", selon lui, "on enfonce la tête sous l’eau des personnes qui commencent avec des conditions précaires et enchaînent les contrats difficiles, là où les enfants bien nés, ceux qui font les écoles de commerce, commencent la vie avec un contrat plus sécurisé et un meilleur salaire". "On accentue les inégalités, là où tout l’enjeu de cette réforme de sécurité imaginé par le Conseil national de la résistance, c’était la justice sociale, la redistribution", note le secrétaire national d'Europe-Écologie Les Verts.

"Il faut interdire le plaquage ventral"

À quelques heures de la manifestation qui pourrait regrouper 60.000 à 80.000 personnes, la préfecture de Paris a appelé les manifestants à "aider aux interpellations en signalant les éventuels casseurs". "Ce ne sont pas aux manifestants d'arrêter qui que ce soit. C'est une dérive extrêmement grave de la part du préfet", a réagit Julien Bayou. Dans une note, le préfet évoque également "des partis contestataires", dont Europe-Écologie Les Verts. "Il est hors de question qu'un préfet commente l'activité d'un parti politique", s'est offusqué une nouvelle fois le secrétaire national du parti.

Alors que les policiers sont de nouveaux sous les feux des projecteurs après l'arrestation musclée qui a coûté la vie de Cédric Chouviat, un livreur parisien, Julien Bayou fait part de son indignation : "Personne ne devrait mourir dans un contrôle de police". Il déplore "la désinvolture du ministre de l'Intérieur qui pousse notre société à s'habituer" à ce genre de faits divers, après les cas d'Adama Traoré et de Steeve. "Il faut interdire le placage ventral", lance l'écologiste qui estime "qu'il n'y a pas lieu de recourir à des techniques de violence quand il s'agit d'un contrôle de police".

Pas d'alliance avec Cédric Villani

À deux mois des élections municipales, David Belliard, le candidat EELV à Paris "propose un grand arc écologiste", annonce Julien Bayou qui révèle que l'une des conditions à l'encontre de Cédric Villani était "de clarifier sa position sur la réforme des retraites ou sur tous les reculs du gouvernement en matière d’écologie". La réponse ne s'est pas faite attendre, le mathématicien a fait part de son soutien au gouvernement. Conséquence : "la porte s’est refermée, les conditions ne sont pas réunies", regrette-t-il. Dans la capitale un autre enjeu tient à cœur Julien Bayou : "le recul de la place de la voiture". Et pour cela, il estime que "des bureaux doivent être mis dans le 93 où il y a beaucoup d'habitants, plutôt que d'obliger les habitants à se rendre à Paris". Il note que "Paris concentre 1% de l'Île-de-France, avec des pôles d'activités très éloignés des logements. Le résultat de 45 ans d'aménagement de territoire défaillant", dénonce-t-il.

À quelques dizaines de milliers de kilomètres de la capitale française, les incendies ravagent toujours l'Australie. On dénombre désormais 25 décès, un milliard d'animaux morts et 80.000 km² de terre brûlée. "C'est un effondrement de l'écosystème", s'indigne Julien Bayou. "On peut parler de situation humanitaire avec des Australiens réfugiés dans leur propre pays. Ce sont les personnes les plus vulnérables qui vont être les premiers à souffrir, et non pas les plus riches ou ceux qui ont privatisé l’eau qui manque aujourd’hui", dénonce l'écologiste qui juge en partie responsable le gouvernement australien et "une idéologie délirante qui est en train de saborder le pays-continent".

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