Jordan Bardella : "Emmanuel Macron voit la France comme un hall de gare où tout le monde peut entrer"

"Faillite totale de l'État dans ses missions régaliennes", gestion inquiétante des djihadistes en prison, "mise en scène grotesque" du Président à Jérusalem "en plein conflit social". Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National et tête de liste aux Européennes, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le jeudi 23 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Jordan Bardella interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le jeudi 23 janvier à 7h40.

Le Sénat a donné son aval, mercredi 22 janvier, pour la légalisation de la PMA pour toutes, bien que le remboursement de cet acte ne soit pas autorisé de manière systématique. Cette réforme sociétale "ouvrira mécaniquement la porte à la GPA", craint Jordan Bardella qui estime que "juridiquement,  c'est une discrimination de fait envers les couples d'hommes". Le Rassemblement national avait "émis des réserves sur la PMA pour toutes", afin de garantir "le droit de l'enfant à connaître son père et sa mère". "Vous ouvrez de fait la possibilité d'avoir des enfants sur catalogue comme c'est le cas dans certains pays", avertit le jeune parlementaire européen.

 

Marine Le Pen au pouvoir "retirera cette réforme"

Sur le plan social, Jordan Bardella juge les coupures d'électricité orchestrées par des grévistes comme "des méthodes sauvages et indignes qui ne pénalisent pas le gouvernement mais les Français qui subissent une double peine". Le député européen rappelle la position du Rassemblement national : "le retrait de la réforme". "Si Marine Le Pen est élue présidente de la République en 2022, elle retirera cette réforme à points et fixera un âge de départ à 60 ans et 40 annuités pleines", annonce Jordan Bardella.

Une réforme qui "va coûter entre 50 et 80 milliards", estime-t-il. "Emmanuel Macron poursuit la faillite de notre pays", dénonce l'élu qui affirme que le RN "s'alliera avec tous les gens qui combattent ce texte", sans pour autant "s'allier particulièrement avec la France insoumise", prévient-il. Une situation chaotique sur le plan social en France. "Macron disait 'ce sera moi ou le chaos' en 2017 : nous avons eu sa politique, et le chaos", déplore Jordan Bardella qui souligne "l'amateurisme du gouvernement"

Quatre fois plus de demandes d'asile en dix ans

"La brutalité sociale, et la brutalité avec laquelle le gouvernement a géré ces manifestations qui durent depuis 14 mois ne doit pas faire oublier une faillite totale de l'État dans ses missions régaliennes", lance le député du Rassemblement national qui pointe "une explosion de l'insécurité et des chiffres de l'immigration". Il rappelle que "le nombre de demandes d'asile dans notre pays a quadruplé depuis 10 ans", selon la Direction générale des étrangers en France (DGEF). "Castaner a totalement failli dans ses missions. Macron voit notre pays comme un hall de gare", dénonce le parlementaire.

"On aimerait voir le même déploiement de force mis en oeuvre par l'État dans le cadre des manifestations des gilets jaunes, dans la lutte contre l'insécurité au quotidien", déplore-t-il. "Pendant que dans Paris on sort le canon à eau, de l'autre côté du périphérique, c'est l'impunité totale pour les voyous qui font régner leur loi", observe Jordan Bardella.

Une "islamosphère" contrôlée par des islamistes

Alors que le nombre des actes antisémites a augmenté de 78% en 2019, le porte-parole du Rassemblement national estime que "l'on ne lutte pas assez contre l'antisémitisme". Une montée de ce phénomène "liée à la montée de l'islamisme", juge-t-il, déplorant que rien ne soit fait contrairement à certains pays arabes ayant déjà été victimes d'attentats : "fermetures des mosquées radicales, expulsions des fichés S étrangers...", énumère-t-il. Jordan Bardella s'appuie sur une note de la DGSI, révélée cette semaine qui alerte sur 150 quartiers "complètement salafisés en France". Et rien ne semble être fait d'après l'élu qui constate que "les prisons sont devenus l'ENA du djihad". Du moins quand les djihadistes y restent, puisque l'eurodéputé alerte sur "la quarantaine de djihadistes qui doivent sortir de prison cette année". "Rien n'est fait contre ça alors que le gouvernement est au courant", déplore-t-il.

Alors qu'elle a posté une vidéo d'elle sur Instagram en train de critiquer l'islam, la jeune Mila, âgée de 16 ans, a depuis reçu plusieurs dizaines de messages de menaces. Au micro de Patrick Roger, Jordan Bardella lui adresse son soutien. "Sa critique est virulente mais c'est sa position. Je m'inquiète de voir monter sur les réseaux une 'islamosphère' contrôlée par des islamistes qui peuvent menacer de mort en toute impunité", souligne-t-il, avant de rappeler qu'en France, "on a le droit de critiquer les religions, on est dans le pays de la satire". Il pointe du doigt également Marlène Schiappa et les associations LGBT que l'"on n'a pas entendu s'exprimer sur l'affaire Mila".

Macron à Jérusalem : "une mise en scène grotesque"

En voyage en Israël pour commémorer le 75e anniversaire de la fermeture du camp d'Auschwitz, Emmanuel Macron s'est emporté contre les soldats israéliens à l'entrée de l'église Sainte-Anne, territoire français à Jérusalem. "C'était une mise en scène grotesque", juge Jordan Bardella qui souligne "un accent anglais très francisé alors qu'il ne manque pas une occasion de montrer qu'il est parfaitement bilingue". D'après lui, "il s'agite pour faire parler de lui à l'heure où il est attendu sur les questions économiques, sociales et migratoires en France". Le député européen note au passage que "la France a été rappelée à l'ordre par Eurostat pour avoir probablement sous-estimé les chiffres de l'immigration". "On ne fait rien mais en plus on nous ment", réagit Jordan Bardella.

Alors que Ségolène Royal a annoncé ses intentions de se présenter en 2022 et que Marine Le Pen a déjà déclaré sa candidature pour la présidentielle, Jordan Bardella assure "ne pas avoir peur" de l'ancienne ministre socialiste. "L'ancien monde tente de sortir la tête de l'eau", estime-t-il en rappelant qu'elle "porte en elle l'héritage du Parti socialiste". "Mais c'est bien pour la démocratie", a-t-il nuancé par la suite.

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