Jean-Luc Moudenc : "Il ne faut pas faire croire à l'électeur que tout est joué"

Jean-Luc Moudenc, maire sortant de Toulouse, candidat LR/ LREM/DVD à sa réélection, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mercredi 26 février sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Jean-Luc Moudenc interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le mercredi 26 février à 7h40.

La propagation de l'épidémie du coronavirus inquiète les autorités. Le Premier ministre a adressé une lettre à tous les maires, dont Jean-Luc Moudenc qui explique que "c'est l'État qui pilote la stratégie sanitaire et l'agence régionale de santé en région". Mais l'édile tient à rassurer, "tous les processus sont au point pour faire face au coronavirus. Les dispositifs sont clairs et en vigueur". Les malades seront confinés dans les hôpitaux et éventuellement dans les cliniques "dans des chambres spéciales". Le maire "est en première ligne", assure-t-il.

 

Jean-Luc Moudenc grand favori

Maire sortant et candidat à sa propre succession, Jean-Luc Moudenc part grand favori des prochaines élections municipales. Un dernier sondage le donne gagnant dans tous les cas de figure. Un piège dans lequel il ne faut pas tomber selon lui. "Je suis extrêmement circonspect vis à vis des sondages. Il ne faut pas faire croire à l'électeur que tout est joué", réagit-il en appelant à la mobilisation "dès le premier tour pour créer une ambiance et gagner au deuxième tour".

En face, la gauche est divisée autour de trois pôles. "S'ils sont divisés, c'est parce qu'ils ne sont pas d'accord sur des sujets de fond. S'ils fusionnaient au second tour, il faudra regarder au détriment de quel projet cela se referait", prévient Jean-Luc Moudenc, qui place l'écologie au cœur de sa campagne. "Je suis pour une écologie concrète avec des solutions, pas des interdictions. À gauche ils me tapent dessus mais sont en désaccord", ajoute-t-il.

 

La sécurité, élément majeur de la prochaine mandature

Porté par le candidat du Rassemblement national Quentin Lamotte, entre autre, le maire sortant défend son bilan en matière de lutte contre l'insécurité. "L'extrême droite exploite le malheur des gens sans proposer de solution ! Je n'ai pas attendu que le RN parle d'insécurité pour m'en occuper", affirme-t-il. "Nous avons doublé le nombre de policiers municipaux, la vidéo surveillance etc...", se défend Jean-Luc Moudenc, qui pointe des solutions avancées par Quentin Lamotte "qui en réalité ne relèvent pas des pouvoirs du maire, mais de l'État".

Dans les pas d'Emmanuel Macron, Jean-Luc Moudenc s'est récemment engagé contre le séparatisme. "Il faut être ferme face au séparatisme. Avec une forte volonté de l'Etat, on peut faire reculer l'islamisme radical", martèle-t-il. "On mène des actions de prévention, de communication. Nous avons fait avec des associations, des opérations coups de poing où on a installé des femmes sur la place publique", rappelle-t-il.

 

Toulouse, ville dynamique

Avec 150.000 emplois créés en l'espace de vingt ans, Toulouse détient le record des créations d'emploi parmi les agglomérations françaises ! Une statistique qui réjouit le maire de la ville, confronté à devoir densifier sa commune. "Nous avons un fort dynamisme économique et démographique", se félicite-t-il. Et pour illustrer cette croissance, Toulouse devrait se doter d'une troisième ligne de métro dans les années à venir. "Le projet est viable et financé", assure l'édile. "Mes opposants qui critiquaient ce projet font mine aujourd'hui de l'accepter. Aucun d'entre eux n'a proposé de financement", pointe-t-il.

Si certains voudraient voir un cœur de ville sans véhicule, Jean-Luc Moudenc se positionne "contre l'interdiction absolue des voitures". "C'est une mesure brutale et autoritaire", estime-t-il. "Il faut évidemment donner la priorité aux piétons, mais pas d'interdiction brutale !", insiste le maire sortant qui préfère "avancer progressivement" et rendre "plus efficaces et sécurisés les espaces pour les vélos". "Nous espérons multiplier par 3 le nombres de cyclistes à Toulouse", se fixe-t-il pour objectif. Jean-Luc Moudenc n'est pas un partisan des mesures autoritaires, et notamment sur l'écologie. "Il faut inciter les professionnels pour faire reculer les terrasses chauffées, mais surtout pas de brutalité et d'écologie 'archipel, qui punit, interdit et prépare la ville triste", explique-t-il.

Malgré l'alliance avec le parti présidentiel LREM, Agir, l'UDI et d'autres mouvements du centre-droit, Jean-Luc Moudenc affirme être resté "fidèle" à sa famille politique, Les Républicains. "Mais les enjeux des municipales sont locaux, c'est ça la vérité de l'élection", se défend-il. "Ce serait tromper les Toulousains que de tirer des leçons nationales de ce scrutin", estime le maire sortant.

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