Jean-Frédéric Poisson "avec les amoureux de la France" de Dupont-Aignan

Le président du Parti chrétien-démocrate rallie la liste du leader de Debout la France. Invité du "petit déjeuner politique", Jean-Frédéric Poisson explique ce qui le distingue du Parti populaire européen et de LR, qui viennent d'exclure la droite hongroise au pouvoir de Viktor Orbán; ou du Rassemblement national, avec lequel il pointe des divergences de fond. Il évoque aussi le Brexit et l'implication des militaires dans les prochaines manifestations de gilets jaunes.

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"Nous participerons à la liste des amoureux de la France avec Nicolas Dupont-Aignan". Jean-Frédéric Poisson explique travailler à ça depuis un an et demi: "le rassemblement des personnes qui ont un regard critique sur l'Union européenne, avec une autre vision de ce que doit être la construction européenne."

Une liste créditée de 4,5% dans notre dernier sondage Ifop Fiducial? Il se veut confiant: "C'est comme dans les étapes de montagne en cyclisme. C'est le début le plus difficile". Sera t-il en position éligible, en troisième ou cinquième place? "Quelque-chose comme ça", même si c'est en cours de négociation.

Un rassemblement autour de cinq points majeurs, explique le président du Parti chrétien-démocrate:

- Redonner davantage de place à souveraineté nationale dans les décisions européennes.

- Mieux articuler co-développement avec l'Afrique notamment, et le contrôle des flux migratoires

- Rétablir la famille comme sujet central des politiques publiques

- Refus d'une société multiculturelle

- Se ré-approprier sa stratégie industrielle sans laquelle il n'y a pas de société

Ni RN, ni LR

"Il y a des tas de choses avec lesquelles je ne suis pas d'accord avec Marine Le Pen: le rôle de l'Etat, les retraites, les questions familiales, le co-développement...
Les élus LR iront soutenir le Parti populaire européen qui va voter pour Michel Barnier à la présidence de la commission, et qui continuera à conduire la politique qui met l'Europe à genoux depuis 40 ans.Et puis je n'aime pas du tout cette manière de traiter les gens comme le fait le PPE, en excluant Orban: la droite qui se parfume la tête contre celle qui sentirait des pieds. Il ne serait pas bien vu de critiquer la politique de la commission, de critiquer Georges Soros... Orban défend les politiques que les hongrois lui ont demandé de défendre."

 

Brexit: l'UE veut-elle faire un exemple?

"Il faut respecter la décision du peuple anglais qui est souverain", souligne Jean-Frédéric Poisson, qui reproche à l'Union européenne de faire un exemple, dans les rudes négociations autour des modalités de sortie pour les Britanniques.

"L'Europe tape très fort, organise les choses de manière très violente pour dissuader tout autre peuple de sortir."

Sans prôner le Frexit, lui défend les résultats du Brexit:  

"Cela fait déjà trois ans... On avait prédit le coma pour l'Angleterre: finalement le taux de chômage le plus bas depuis 45 ans à 3,9%. Et deuxièmement les salaires ont augmenté de 3,4%."

 

 

"Le maintien de l'ordre, ce n'est pas le métier des militaires"

Le président du Parti chrétien-démocrate est aussi revenu sur la présence annoncée de militaires "sentinelle" devant des établissement publics samedi, lors de la prochaine manifestation de gilets jaunes:

"Je suis inquiet de cette décision. Je peux comprendre la pénurie d'effectifs de la police, mais l'armée n'est pas ne force de maintien de l'ordre. On est en train d'organiser une confrontation entre des militaires dont ce n'est pas le métier, et des professionnels de la casse. On dit pouvoir les empêcher de nuire autrement que comme ça."

Pour Jean-Frédéric Poisson, le ministre de l'intérieur Christophe Castaner "aurait dû partir il y a longtemps s'il avait conscience de la dignité de sa fonction".