Jean-Christophe Lagarde : "Nous pourrions installer un référendum par an"

Jean-Christophe Lagarde était l’invité politique de Patrick Roger le 10 mai sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Thumbnail

Jean-Christophe Lagarde, tête de liste UDI pour les Européennes, président de l'UDI et député de Seine-Saint-Denis, a évoqué au micro de Patrick Roger les prochaines élections, son point de vue sur la communication du Président et les mesures qu'il souhaite appliquer au niveau national comme européen.

La double faute d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron personnalise les élections européennes et annonce qu’il va mettre "toute son énergie" pour battre la route du Rassemblement national. Est-ce vraiment le rôle du chef de l’État ? "C’est une double faute de la part d’Emmanuel Macron, estime Jean-Christophe Lagarde. Il doit être le Président de tous les Français et pas un directeur de campagne, même si évidemment il est intéressé par l’élection. Depuis deux ans, il nous explique que l’Europe est quelque chose d’important pour lui, et là, il nous explique que c'est Marine Le Pen qui est importante pour lui, pas l’Europe. Son entourage dit qu’il veut être en tête pour la deuxième partie de son quinquennat. Ce n’est pas pour l’Europe, c’est pour la politique intérieure".

"On ne voit pas le projet européen chez les partisans du Président, estime le leader de l'UDI. Hier, ils publient un document, quinze jours avant l’élection, où ils parlent de créer une banque de l’environnement. Or, la banque de l'environnement existe déjà, cela s’appelle la BEI, Banque Européenne d’Investissement. C’est une élection européenne, à la proportionnelle, où chaque voix comptera." Ces élections européennes sont-elles un troisième tour de la présidentielle ? "J'en ai marre que l'on monopolise le débat politique français sur ces deux personnages, Macron et Le Pen. Leur petit combat ne porte même pas sur des idées. À un moment, il faut que l'on parle de l’enjeu européen".

Un référendum chaque année en octobre

Pour Jean-Christophe Lagarde, "il faut arrêter de prendre les Français pour des imbéciles ! L’Europe est en panne de démocratie, d’efficacité et d’objectifs, et elle a besoin d'un plan de relance. Elle n’a pas de projet fédérateur, quand vous faîtes en sorte que tout le monde y trouve son compte. L’Europe, ce n’est pas "il y a un chef et les autres suivent". Pourquoi voulez-vous que les autres chefs d’État soient impressionnés par la parole de la France ?" L'hommage de Nathalie Loiseau à Simone Veil, est-ce de la récupération ? "J'ai beaucoup d'affection pour Antoine Veil. Mais je n’aime pas ce genre de choses. La création de l'UDI a été discutée avec Jean-Louis Borloo dans les salon de Simone Veil, place Vauban, en présence d’Antoine Veil. En 1989, j'étais un jeune militant derrière Simone Veil. En 1989, Nathalie Loiseau, elle, était sur une autre liste à cette époque..."

Le président et tête de liste de l'UDI approuve, par ailleurs, l'idée du référendum d'initiative partagée contre la privatisation d'Aéroports de Paris, même s'il préfèrerait le référendum d'initiative citoyenne (RIC). "C'est une bonne chose, je signerai le RIP sur ADP. C'est une erreur cette privatisation, comme celle de la Française des Jeux". Par ailleurs, le député de Seine-Saint-Denis préfère le RIC au RIP : "nous pourrions installer un référendum par an, au mois d’octobre, en France : cela serait une respiration démocratique ! Il faut donner aux citoyens la possibilité d’intervenir dans le débat politique. Un RIC avec un million de signatures et une adoption à un quart de la liste électorale, ce n'est pas compliqué !"

 

Cliquez ici pour écouter  "L’invité politique”  avec Patrick Roger

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !