Henri Guaino : "Je ne crois pas que la «Task Force» change beaucoup de chose"

Henri Guaino était ce mardi l'invité politique de l'émission Territoires d'infos, la matinale de Public Sénat et Sud Radio.

Henri Guaino était ce mardi l'invité politique de l'émission Territoires d'infos, la matinale de Public Sénat et Sud Radio, présentée par Cyril Viguier avec la presse quotidienne régionale. 

Le député des Yvelines a d'abord été interrogé sur le nouvel attentat perpétré dans la ville de Londres, ainsi que sur les mesures anti-terroristes prônées par Emmanuel Macron.

"En France, on n’a pas atteint le degré de communautarisme anglais mais on y va à grands pas"

L'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a dans un premier temps rappelé que les "attentats (n'étaient) hélas pas le privilège de Londres". Il a ensuite évoqué le lien possible entre le mode de vie de la société britannique et la menace terroriste qui y plane. Selon lui, "le multiculturalisme, ou le communautarisme, jouent un rôle important dans ces nouvelles formes d'attentats". "La dérive des sociétés occidentales vers l'entre-soi communautaire offre un terreau favorable à ce type de terrorisme", a-t-il poursuivi.

Sans établir de parallèle entre le modèle britannique et le nôtre, Henri Guaino affirme tout de même que le risque communautaire existe réellement en France et bien qu'on "n'a pas atteint le degrés de communautarisme anglais, on y va à grands pas", selon lui. Il en a d'ailleurs profité pour envoyer une petite pique au nouveau président de la République, coupable à ses yeux de faire le jeu du communautarisme car "un président qui parle de communautés, c'est déjà un président qui vante le communautarisme".

Quant à la question de savoir si la "Task Force", décidée par Emmanuel Macron et directement rattachée à l'Élysée pour lutter contre le terrorisme, était une bonne idée, notre invité s'est par ailleurs montré dubitatif, affirmant qu'il ne croyait "pas que ça change beaucoup de chose". Et l'intéressé d'ajouter qu'il fallait "toujours faire attention, en matière de renseignement, à ne pas réunir tous les services en un seul", rappelant qu'"aucun grand pays" n'agissait de la sorte.

"Les ordonnances, c'est la mauvaise méthode"

Alors que la ministre du Travail Muriel Pénicaud doit prochainement remettre la feuille de route relative à la réforme du code du travail aux syndicats, Henri Guaino est notamment revenu sur la volonté d'Emmanuel Macron de recourir aux ordonnances afin de réformer rapidement. Selon le député, "les ordonnances sont la mauvaise méthode" car "on ne traite pas ce genre de questions" avec ce procédé destiné à la base "à résoudre des problèmes techniques et non pas politiques". Réformer de la sorte relève d'une "gestion autoritaire et passablement irresponsable", selon lui.

Concernant la mesure phare octroyant certaines prérogatives aux entreprises au détriment des accords de branche, Henri Guaino a rappelé que ces derniers constituaient "un des fondements du dialogue social".