Guillaume Garot sur le Covid : "Ce que dit le gouvernement aujourd’hui n’est pas rassurant"

Guillaume Garot, député PS de Mayenne, tête de liste aux élections régionales dans les Pays de la Loire et ancien ministre, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mardi 16 février sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Guillaume Garot interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 16 février 2021 à 7h40.

Le projet de loi sur les Principes Républicains, aussi appelée Loi contre le séparatisme, doit être voté à l’Assemblée nationale, mardi 16 février. Interrogé sur le vote du Parti socialiste, Guillaume Garot annonce qu’il n’y a "pas de consigne". "Nous prendrons position pour un vote cet après-midi", confie-t-il, après une discussion entre les divers députés du parti. "Au final, on a un texte qui ne traite qu’une partie du problème", déplore l'ancien ministre. "C’est plus un texte de posture, une loi de posture", ajoute le député malgré des "éléments intéressants".

 

Un texte "largement incomplet et à côté des objectifs"

Pour le parlementaire, le texte manque de traiter de nombreux points. "Aujourd’hui, est-ce que la République est incarnée quand on manque de traiter l’éducation ? Quand on oublie de traiter le logement ? Quand on oublie de traiter les discriminations ?", interroge l’élu. "Où est, aujourd’hui, la politique de la ville dans ce pays ? Il n’y en a plus", regrette-t-il. Pour lui, il faudrait que la loi soit plus ancrée dans la vie réelle "et que la promesse d’émancipation, elle soit vivante. Et on ne trouve rien de cela dans le texte qui nous est proposé". "C’est un texte qui ne remplit pas l’objectif" qu’il s’était donné, juge Guillaume Garot.

L’ancien ministre ne nie pas "qu’il faille traiter les aspects régaliens, d’ordre public" tout en mettant en doute l’efficacité de ce texte dans son ensemble. "Est-ce qu’aujourd’hui le texte qui nous sera présenté sera suffisant pour aller aux racines, aujourd’hui, du séparatisme, aux racines de ce terreau qui nourrit l’islamisme radical ?". Ce n’est pas l’avis du député PS qui juge le texte "largement incomplet et largement à côté des objectifs". De fait, bien que le Parti socialiste n’ait pas encore décidé, "nous sommes plutôt sur une abstention", concernant le vote. "C’est une abstention de responsabilité, finalement".

"Comment voulez-vous que les Français soient rassurés ?"

Les variants de la Covid-19 inquiètent toujours, notamment en Moselle où la souche dite sud-africaine se répand, avec près de 800 cas dans le département. Ce dernier demande un reconfinement local, ce que le gouvernement ne semble pas enclin à accorder. "Je trouve surtout qu’il y a du flou, et ce que dit le gouvernement aujourd’hui n’est pas rassurant", estime Guillaume Garot.

Le député déplore l’allègement des mesures de sécurité sanitaire dans l’Éducation nationale depuis le 16 février. Alors que jusqu’au 15 février, un élève positif au variant anglais entraînait la fermeture d’une classe, "aujourd’hui, il faut trois élèves atteints du variant anglais pour qu’on se décide à faire quelque chose et qu’on déclare l’enseignant lui-même cas contact". "Comment voulez-vous que les Français soient rassurés là-dessus ?".

S’il concède que "c’est pas facile de traiter une crise comme celle-ci", le député PS ne manque pas de rappeler les couacs sur la vaccination. "Est-ce qu’on a tout fait, aujourd’hui, pour produire en masse ce vaccin ? Beaucoup de gens se posent la question", alors que les doses manquent, ce qui retarde la distribution.

 

"On gaspille beaucoup trop"

Guillaume Garot a toujours fait de la lutte contre le gaspillage alimentaire son cheval de bataille. Il demande que le gaspillage alimentaire soit la grande cause nationale de 2021. "On gaspille beaucoup trop, ce sont des millions de tonnes chaque année qui partent à la poubelle", dénonce l'ancien ministre. "Au plan mondial, c’est un tiers de la production mondiale" qui est jetée, insiste-t-il. Et ce alors qu’on a des "files d’attente qui s’allongent à la soupe populaire ou devant les associations de solidarité" depuis le début de la crise sanitaire.

"Aujourd’hui, il n’est pas acceptable de jeter autant alors qu’il y a autant de gens qui n’arrivent pas à se nourrir correctement tous les jours", estime le parlementaire de la Mayenne. L’ancien ministre tient toutefois à souligner qu’il faut "aussi mettre les moyens sur l’éducation à l’alimentation, sur l’éducation contre le gaspillage alimentaire". Un travail qui devrait se faire à l’école, pour Guillaume Garot.

 

 

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