Gilles Le Gendre : "Je pense que la grève est terminée, les Français ont compris que la réforme aurait lieu"

Gilles Le Gendre, député de Paris et président du groupe LREM à l'Assemblée nationale était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le vendredi 24 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Gilles Le Gendre interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le vendredi 24 janvier à 7h40.

Alors que le mouvement contre la réforme des retraites vit sa septième semaine, le trafic ferroviaire et dans les transports en commun revient petit à petit à la normale. Une bonne nouvelle pour le gouvernement qui a pu maintenir sa réforme au plus fort de la tempête. Pour la majorité, le plus dur est maintenant derrière eux. "Je ne crois pas à une remobilisation des opposants à la réforme des retraites. Maintenant nous sommes au travail, la Commission va commencer ses travaux, la conférence de financement aussi. Il faut se mettre au travail", estime Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

 

"Nous allons mener à bien cette réforme"

La majorité s'attendait-elle a une si forte mobilisation ? Oui. "Nous n'avons jamais pensé que cette réforme de justice et de solidarité pourrait passer facilement", assure-t-il. Mais résignés ou convaincus, le président de groupe remarque que "les français ont compris qu'elle aurait lieu et commencent à comprendre l'utilité de cette réforme". En tout cas, selon le député de Paris, "aucune des personnes qui a fait grève ou qui s'est mobilisée et qui a repris le travail, ne peut se sentir humiliée et dire qu'elle n'a rien obtenu. Certes, les syndicats qui demandaient le retrait de cette réforme ne l'ont pas obtenu et heureusement car ce texte est un progrès considérable pour la justice sociale dans notre pays. En revanche, il y a un tas d'aménagements, de transitions, de dispositions propres aux différents régimes qui ne reviennent pas sur les régimes spéciaux mais qui facilitent les transitions", dresse-t-il comme bilan de ce mois et demi de mobilisation. "Maintenant, priorité au travail, nous allons mener à bien cette réforme", enchaîne-t-il.

Sur les actions coups de poing menées par les grévistes ces derniers jours, notamment les coupures d'électricité dans différentes zones autour de la capitale, Gilles Le Gendre estime "qu'il y a une ligne jaune qui ne doit pas être franchie". Si d'après lui, "personne ne peut contester le droit de grève, les voies de fait qui perturbent et empêchent de travailler sont inadmissibles !". Le président du groupe parlementaire en appelle au sens de la responsabilité de chacun : "Je pense que la grève est terminée. Ce n'est de l'intérêt de personne de créer le trouble et le chaos dans le pays". Pour l'élu, "les syndicats sont trop ambigus vis à vis de ces actions, ils doivent condamner cela ! Ces actes ne doivent pas devenir la règle d'un fonctionnement démocratique et social dans notre pays !".

"Le point ne baissera en aucun cas"

Alors que le projet de loi doit être présenté dans son intégralité en Conseil des ministres, le texte sera discuté dans l'hémicycle à partir du 17 février. "Il y a aura beaucoup d'amendements qui viendront de notre majorité. Nous nous concentrerons sur le sens de cette réforme", explique Gilles Le Gendre. "Le groupe LREM a énormément pesé pour que le compromis de la conférence de financement ait lieu. Le groupe souhaite que cette Conférence de financement aboutisse à un consensus, et assure un régime à flot du régime actuel", se félicite-t-il. D'après le président du groupe de la majorité présidentielle, aucune dissidence ne devrait intervenir au sein de son camps au Parlement "Cette réforme réunit de façon unanime le groupe que je préside. C'est une réforme macroniste dans son essence. Tout le groupe LREM la soutient", assure-t-il.

Selon Gilles Le Gendre, tout ne sera pas dans la loi. "Il y a des choses qui résulteront d'un accord ou qui seront prises par ordonnance pour organiser les transitions professionnelles", explique-t-il. Mais il assure que "le point ne baissera en aucun cas". "Cette réforme met la solidarité intergénérationnelle et entre les Français au cœur de sa logique", insiste le député de Paris. Et à ceux qui disent que cette réforme aura un coût exorbitant, il répond que "c'est le système actuel qui coûte près de 10 milliards d'euros à l'impôt. À l'avenir, quand les régimes spéciaux seront terminés, nous aurons économisé cette somme", annonce-t-il. "Si cela coûte un peu d'argent pour la bonne cause, cela n'aura aucune importance, ce sera pour la justice sociale", promet l'élu.

Pour une alliance Villani-Griveaux à Paris

La guerre continue de faire rage dans la capitale. Une guerre fratricide entre deux cadres de La République en marche qui divise la famille politique. "Cédric Villani n'a pas rendu service à notre famille politique. Mais nous devons avoir un seul objectif : le rassemblement de Benjamin Griveaux et de Cédric Villani. Si possible avant le premier tour ce serait formidable", espère-t-il. Et pour cela, Gilles Le Gendre compte sur "les responsables de la majorité pour créer les conditions du rassemblement". Seul un rassemblement entre les deux candidats pourrait "exclure l'exclusion de Cédric Villani", assure l'élu parisien qui souhaite voir "Benjamin Griveaux élu maire de Paris". "Il ne pourra être élu que grâce à un vaste rassemblement. Je veux être un artisan de ce rassemblement", se fixe le porte-parole de la majorité présidentielle.

Dans les autres villes, la bataille fait rage pour les candidats ayant reçu le soutien ou l'investiture LREM. Mais deux communes retiennent l'intention depuis que deux ministres ont annoncé leur candidature sans pour autant quitter leur poste au gouvernement. "C'est la responsabilité des ministres et du chef du gouvernement. Je n'aime pas trop quand on se mêle de mes affaires, je veille à en faire de même quand il s'agit du gouvernement", répond Gilles Le Gendre. "J'ai énormément d'amitié pour Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne, on peut faire confiance aux ministres candidats, ils sont au travail !", assure-t-il.

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