éditorial

L'édito de Véronique Jacquier

Véronique Jacquier
Politique

Gilets Jaunes : les casseurs doivent-ils payer ?

Edouard Philippe a validé le principe du casseur-payeur lundi soir sur TF1. Est-ce une évidence de faire payer les casseurs ?

Ce n’est pas nouveau ! La loi le permet déjà. Soit le casseur est pris la main dans le sac et celui-ci est condamné à rembourser lorsqu'il comparait en justice, soit la manifestation est organisée par un syndicat, les casseurs ne sont pas interpellés, l’organisation syndicale est alors responsable.

Dans le cas des gilets jaunes il n’y a pas d’interlocuteur officiel bien que pour la première fois à Paris samedi une manifestation ait été déclarée. Mais bon en attendant de connaitre d’éventuels gilets jaunes responsables, les casseurs doivent payer. Est-ce que les paroles d’Edouard Philippe changent quelque chose dans la façon de les appréhender ? Pas du tout ! L’identification des casseurs est très difficile. Pour les dégradations commises sur l’Arc de Triomphe le 1er décembre, une vingtaine de personnes ont été interpellées. Les autres n’ont pas encore été identifiées dans les enquêtes confiées à la brigade criminelle. C’est un travail de fourmi. Il faut analyser des centaines d’heures de vidéos. De plus la majorité des casseurs portaient des masques et des gants. Donc pas de visage et pas de traces ADN pour faciliter le travail de la police et de la justice.

 

 

C’est impossible de faire payer les casseurs dans les manifestations, sauf si les gilets jaunes décident de déclarer toutes les manifestations et d’avoir un véritable service d’ordre afin de coopérer avec la police pour neutraliser les personnalités violentes. Dans les conflits sociaux il y a des précédents où des casseurs ont été lourdement condamnés. 6 anciens bonnets rouges ont du verser plus de 200 000 euros à l’état pour l’incendie d’un portique écotaxe dans la Manche en 2013.  Sur le principe du casseur-payeur, rappelons quand même qu'Edouard Philippe n’a pas la même sévérité avec les auteurs de dégradations commises lors d’échauffourées en banlieue ou avec les étudiants responsables de 5 millions d’euros de dégradations lors du blocage des universités en juin dernier. Pourtant les étudiants casseurs étaient identifiables parce qu'ils sont issus de syndicats très politisés.

Moralité : bien sur que les casseurs doivent payer mais il est fort probable que les paroles d’Edouard Philippe restent des incantations. Heureusement le contribuable est toujours là pour payer l’addition.

 

 

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