Gilets Jaunes : après six mois, stop ou encore ?

La première mobilisation des Gilets Jaunes, c’était… Il y a six mois ! Mais ont-ils encore des raisons de se mobiliser ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 17 mai. Avec pour invités :
- Jean-Jacques Latil, Gilet Jaune de Marseille ;
- Damien Liccia, coauteur du livre Dans la tête des Gilets Jaunes (VA Éditions) ;
- Marcel Bénézet, président de la branche des cafés bars et brasseries du GNI-SYNHORCAT (Groupement National des Indépendants de l'Hôtellerie & de la Restauration) ;
- Safia Matahry, assistante de direction et Gilet Jaune des Yvelines.
Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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À une semaine des élections européennes et alors que la mobilisation faiblit, on demande à nos auditeurs : les Gilets Jaunes, stop ou encore ? Ont-ils encore des raisons de se mobiliser ?

Déjà 17 milliards obtenus de l'État 

""Il faut savoir terminer une grève dès que l’on a obtenu des victoires sur les principales revendications" disait le patron du parti communiste Maurice Thorez en 1936, rappelle Véronique Jacquier. Or, même si les Gilets Jaunes qui se mobilisent encore, ne sont toujours pas satisfaits, ils ont obtenu en six mois plus que les syndicats en dix ans !" Au total, le gouvernement aura lâché pas moins de 17 milliards d’euros, sans d'ailleurs que l’on sache exactement où on va trouver l’argent pour financer les dernières mesures : réindexation des petites retraites, baisse d’impôt de 5 milliards d'euros pour les classes moyennes, marche arrière sur la réduction du nombre de fonctionnaires et sur la fermeture des hôpitaux et des écoles, 20% de proportionnelle. Sans oublier les citoyens tirés au sort pour réfléchir à la transition écologique, "et même la suppression de l’ENA, que les Gilets Jaunes ne réclamaient pas".

S’ajoute à cela les mesures de décembre : la hausse de la prime d’activité, la prime Macron donnée par les employeurs et la défiscalisation des heures supplémentaires. "Il y a des Français qui vont avoir cette année une augmentation de leur pouvoir d’achat de 850 euros en moyenne, ce n’est pas rien, estime Véronique Jacquier. D’autres auront toujours leur frigo vide au 20 du mois. La question du reste à vivre reste entièrement posée mais le gouvernement ne fera pas plus ; il ne le peut pas budgétairement. Nous vivons à crédit avec une dette de 33.000 euros sur la tête de chacun de nos enfants".

Toujours pas de vrai RIC

Dans un tel contexte, quelle est la motivation des Gilets Jaunes qui vont participer à l’acte 27 ? Ils veulent faire perdurer l’esprit du 17 novembre : réinvestir les ronds-points et les cabanes, manifester mais avec des cortèges à thème, du style "Pas de glyphosate dans les champs" ou "contre la hausse du carburant", avec les femmes en tête. "Bref, ils cherchent à se réinventer, décrypte Véronique Jacquier, et cela énerve au plus haut point l’une des figures du mouvement Eric Drouet. Il n’aime pas cet éparpillement. Il veut réfléchir à la suite".

Mais quelle suite ? Trois listes Gilets Jaunes sont en lice pour les européennes : elles sont toutes créditées de moins de 2%, et elles n’intéressent pas la plupart des Gilets Jaunes. Au bout de six mois, on compte par ailleurs 73.000 personnes au chômage partiel, des centres-villes sinistrés tous les samedis. "Maintenant, c’est stop. Les Gilets Jaunes ont eu le mérite de secouer le gouvernement, de libérer la parole de la France périphérique. Mais à trop durer, ils abîment ce qui a fait la vérité de ce mouvement".
 
"On a encore une mobilisation prévue samedi, bien sûr que l’on continue, explique Jean-Jacques Latil, Gilet Jaune de Marseille. Votre analyse est bonne : le mouvement a fait bouger pas mal de lignes. Le peuple a voulu se réveiller. On ne peut pas faire ce que l’on veut. Quand Monsieur Macron arrive et gouverne par ordonnance, ce n'est pas ça, la démocratie. Mais on n’a pas encore obtenu de vrai RIC, en fait. Il faut qu’aujourd’hui, l’élite arrête de croire qu’elle a la bonne direction à chaque fois. Le peuple peut prendre de bonnes décisions".
 
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